Le pardon ne pouvant s'envisager, seule une vengeance violente, une décharge de tout ce qu'il y a de mauvais, malsain, au plus profond du subconscient, pourrait permettre de ne plus penser aux noirs souvenirs qui gangrènent ma chair me rendant chaque jours un peu plus malade. Mes pieds s'enlisent, mon esprit les suit. Je me perds. L'anorexie fait partie de ma vie depuis trop lontemps.
trop quoi dire.
Je ne sais pas trop pourquoi j'écris..par besoin surement. Je n'ai pas envie de crier, ni de gueuler, j'aimerais juste hurler. Juste.
Pas avec mes côtes, pas avec mon corps non, parceque je suis fatiguée. Vraiment fatiguée. Tant de choses à raconter ce week end. La grosse fête pour les 40 ans de ma mére, géniale. J'ai parlé avec beaucoup de monde, j'ai beaucoup, beaucoup parlé il me semble...et beaucoup bu aussi...
Et puis ça m'a rendue joyeuse de voir ma mére fêter ses 40 ans, avec tous ces gens qui sont venus pour elle [on était 130], et encore une fois elle était canon. Au final j'ai pleuré tout ce qu'il me reste de larmes je crois, sans savoir m'arreter, c'est con hein? Heureusement, trés prévoyante j'avais pris ma trousse à maquillage. Digne. Entre de coupes et 3 gets 27, j'ai tout à coup trouvé ça horrible d'entendre certaines phrases, non, comment devrais-je appeller ça...des pronostices? Oui, c'est ça, des putains de pronostics sur mon poids. Des amis -proches- de ma mére. Lorsque je me suis retournée pour leur dire à combien j'étais [oui, pourquoi laisser le doute planer aprés tout hein?], ils se sont confondus en me disant que c'était parceque j'avais l'air "en forme". C'est dommage, cet élément n'est pas particuliérement en corrélation avec mon poids, alors j'ai juste souri en disant, qu'heureusement, le blush fait beaucoup.[ Ne pas pleurer. Ne pas se faire de mal. Ne pas crier. Ne pas rugir. Ne pas s'empiffrer. Ne pas vomir. Boire?]
Aprés tout c'est humain. Ces gens là m'ont vue grandir et je suppose que ma mére, si elle joue volontiers les âmes fortes [c'est de famille alors] doit bien se laisser aller parfois à parler de moi. J'éspére en tout cas. Enfin, apparemment oui. En milieu de soirée une femme est venue me voir, puis tout doucement m'a dit que sa fille...ça fait trois mois qu'elle est en hospi. Trois ans qu'elle est malade. Et qu'est ce que je devais lui répondre? Qu'on s'en sort facilement? Que ça fait six putains d'années que je stagne sans voir franchement d'évolution, sauf peut-être entre les périodes de boulimie rarissimes et le jeûn, waw mais dis donc c'est super ça! Putain je me suis sentie seule face à elle...Elle avait l'air d'attendre je sais pas quoi d emoi, surement du soutien j'en sais rien, tout ce que je sais c'est que moi brusqiement j'étais vide. Néant. Claque. "Elle est à 41 kg, elle a perdu encore 2 kg cet été..." Et là, honteusement satisfaite lorsqu'elle me dit que j'ai l'air plus décharnée. Envie de me trucider , comment je peux avoir des pensées pareilles?!
Et toujours ce putain de besoin de trouver ma mére dans chacune de ces femmes, je sais pas pourquoi je cherche tant leur présence...c'est drôle, j'arrete pa d'y penser et ça me perturbe...pourtant avec ma mére on s'entend bien...alors pourquoi toujours rechercher ce coté maternel chez les autres? J'ai toujours crée des liens avec des femmes qui ont l'âge de ma mére, des relations ambigues dailleurs. Parrfois j'ai l'impression qu'elles remplacent parfois...enfin non, elles prennent sa place. Celle que ma mére devrait occupper. En fait c'est ça, je m'entends bien avec elle, et c'est trés fusionnel. Mais elle n'est pas maternelle. Et moi je suis hyper distante, alors comme ça, on risque pas de trop se frotter l'une à l'autre. Merde, c'est compliqué.
J'arrive pas à dormir. Je pars plus au Maroc à cause de ma prérentrée. Mon rdv chez le psy est décalé au 23 octobre. J'ai plus de clopes et jvais bientot devnir dingue. Je suis en train de bouffer des flocons d'avoine et jme dis que c'est vraiment dégueulasse, je bouffe comme les animaux. De l'herbe et des céréales, jdeviens bête/ [mais pas vache, ça c'est sûr] Je ne fais que des achats compulsifs et aprés une paire de bottes à 167euros et divers vêtements que je ne mettrai probablement jamais, je viens de m'offrir un petit I-pod tout à fait charmant, un carton de livres de psycho, le coffret de "Desperate housewives", et j'en peux plus. D'être compulsive tout court. Vivement que je rentre dans mon studio. Que ma mére me laisse partir. Elle me garde chez elle
parcequ'elle s'inquiéte et ne veut pas me l'avouer, c'est ridicule.
Comment apprivoiser la stabilité? Apparemment certains d'entre nous en sont privés...hein? Bordel, bordel, bordel, merde. Je voudrai reprendre mon traitement. Je vais pas me lamenter à vie...si? Dites moi non.
[Juste une chance de recommencer...]