Je Sors de l'hopital pour ma perm' du week end. Je voulais tenter une nuit toute seule chez moi mais cela n'étant pas une trés bonne idée [paraît...] je vais passer le week end chez mon pére.
Je suis un peu merdique en ce moment, faut le dire, moral dans les chaussettes et tête dans le CuL lol. Je sais pas pourquoi mais je commence à faire chier le monde avec les sautes d'humeur...j'en suis consciente et ne m'étonne pas des réactions que je suscite.
Parfois je fais ma tête à claquse et provoque un peu, pour voir ce que ça fait de repousser les autres dans leurs retranchements, tout ne devient que jeu et les défis sont engagés, les challenges de plus en plus haut, je me casse un peu la gueule aprés, mais c'est tellement grisant.
Je m'assomme de cachetons en attendant demain, i-pod graffé aux oreilles en pemanence, je refuse la pollution sonore de la ville, et les conversations débiles du métro, ça me rend dingue d'entendre les pintades piallier...bref on s'en contre fout
J'ai tellement envie de remonter putain j'y laisse des plumes, moi qui me pensais si indépendante, me voilà aux crochets d'une série d'addictions où le contrôle, malgrés ce que je croyais, n'existe pas.
Je me prends des claques à l'hopital, les dialogues sont rares et brefs [je n'arrive pas à faire plus ] mais tout aussi intenses. Des éléments entrent en ligne de mire, des éléments que j'avais oublié [volontairement?], ou plutôt occulté. Le regard de cette nouvelle équipe est percutant et me guide subtilement, en me suggérant l'air de rien des nouvelles problématiques...clac dans ta gueule, je regarde ou j'en suis et me dis quelle petite conne...et je me reléve encore une fois, juste pour leur montrer que je résiste, jeu dangereux dont l'issue est inconnue...Question de fierté débile -je l'accorde-
Cela fait environ 4 mois que je n'ai ni bu d'alcool ni fumé, parfois ça me manque, beaucoup. Parfois j'en ai juste envie, c'était tellement plus facile de glisser dedans plutot que de se confronter à la réalité. PLus facile de fuir, de courir avant que la verité ne nous rattrappe, courir, encore, s'essoufler, agoniser.
Hurler aux autres la douleur, tenter d'expliquer, puis le silence, bloquée dans l'incompréhension des autres...Je ne peux en vouloir qu'à moi-même, sans jouer les victimes, jsuis pas une victime, on a toujours les rênes de la vie en main, faut pas se leurrer.
J'ai repris activement les crises de boulimie et n'ose pas encore à en parler avec le personnel, tout ça est tellement humiliant, d'en être réduite à l'état animal, instinct primitif de survie...
Sursaut de lucidité où je me demande encore ce que je brasse ici, 5 ans de foutus et moi je ne fais que regarder le temps passer tout en me gavant de cachetons en espérant que cela ira mieux demain. Aprés...
Un jour.
Comme ils disent, j'ai au moins l'optimisme pour moi
[ben vaut mieux sinon on peut s'organiser un sucide collectif!]
Mais la question n'est pas là, il y a trop de choses à voir, à découvrir, à rencontrer, à gouter, sentir...
Je regarde toutes ces images de paysages divins, je lis des mots emplis de sens, écoute de la musique qui me retourne les tripes, regarde mes petites soeurs grandir, j'ai peur pour elles, mes coeurs à moi, je regarde mon frére me dépasser, avec sa voix d'homme qui cherche maladroitement à m'aider...et puis les 2 autres, hyperactifs...[ben ouais, c'est mes fréres]
Bref...je me dis que ça serait bien salaud de tout lacher d'un coup, de se laisser couler doucement, trop facile, non, moi je refuse et décide de relever le défi, aprés tout putain j'y ai le droit aussi, de me faire ma place au soleil, faire des feux avec les potes à débattre d'un monde utopique, qui devient de plus en plus psychédélique la soirée passant...^_^
Je me dis, la chance que j'ai de les avoir, la chance d'avoir de tels piliers, d'être entourée par des personnnes qui me supportent, malgrés mes travers, les hauts les bas et les crises de nerfs, malgrés quelques hibernations ou je fais la morte, ils persistent et sont là.
Depuis l'hopital je sais qu'ils sont derriére moi, je me deteste de leur mentir parfois, mais il y a certaines choses qui sont terriblement difficiles à encaisser alors si en plus faut alerter tout le peuple...
Bref, trêves de reflexions stériles, je m'en vais dans ma campagne, voir mon paternel avec un plateau télé devant une grosse connerie à la télé, ça c'est le pied.
Finalement, je me conteterai de pas grand chose, juste un peu de serenité...
