Le pardon ne pouvant s'envisager, seule une vengeance violente, une décharge de tout ce qu'il y a de mauvais, malsain, au plus profond du subconscient, pourrait permettre de ne plus penser aux noirs souvenirs qui gangrènent ma chair me rendant chaque jours un peu plus malade. Mes pieds s'enlisent, mon esprit les suit. Je me perds. L'anorexie fait partie de ma vie depuis trop lontemps.
J'ai recommencé. J'ai pris mon stock de médoc..l'ai sous-pesé, compté, et avalé. D'un coup d'un seul, ma main était vide. Je me suis trainée à mon RDV, je me demande encore comment j'ai fait pour prendre le bus 1/2 heure.
J'ai en mémoire mes supplications pour ne pas que ma psychomotricienne appelle ma psychiatre. Eviter l'hopital. A tout prix. Je crois que ça a duré longtemps. J'en avais des arguments. Elle a rien lâché. Dix minutes après, tout le monde était au courant. Et j'ai perdu connaissance. Pour me retrouver branchée de partout.
Bordel, j'aurais tout fait pour éviter d'être là. J'ai voulu mentir, dire que mes parents étaient en vacances, que personne n'était là, mais mes parents étaient déjà prévenus. Putain j'ai 27 piges et on va toujours prévenir mes parents alors???
J'ai peur. Si peur. J'ia peur de demain. De ce que je vais devenir avec tout ce vide en moi. Alors que tout le monde se réjouit de ma "guérison". Tout mon monde s'écroule. Tout ce que j'ai construit autour de l'autodestruction. Peut être que c'est ça la vie? J'ai tellement peur de devenir fade. Tellement.