Le pardon ne pouvant s'envisager, seule une vengeance violente, une décharge de tout ce qu'il y a de mauvais, malsain, au plus profond du subconscient, pourrait permettre de ne plus penser aux noirs souvenirs qui gangrènent ma chair me rendant chaque jours un peu plus malade. Mes pieds s'enlisent, mon esprit les suit. Je me perds. L'anorexie fait partie de ma vie depuis trop lontemps.
[J. Anouilh]
Il y a des choses qui boulversent, qui chamboulent tout, sans qu'on sache pourquoi. Qui effacent tout pour nous tendre une toile vierge. Tout recommencer.
Des paroles qui sont entendues, des mots qui caressent et des gestes qui veulent dire bien plus. Des regards.
Je ne sais pas trop expliquer pourquoi. Et n'ai pas l'envie de détailler, parce que ce sont des choses que je voudrais garder pour moi. Des choses tristes, d'autres plus légères en peu de temps. Mais en tout cas, elles comptent. Elles comptent tellement que, j'ai la drôle d'impression d'avoir tant changé depuis. Pourtant je reste la même.
Tout me paraît tellement plus simple. Toute cette joie de vivre, ces sourires spontanés, ce plaisir nouveau. Le partage, les rires.
J'ai recommencé à peindre, aussi. Prends des photos de tout et de rien. N'ai plus rien à dire à la psy.
Je vais bien, je crois. Vraiment, je veux dire. Ah, oui, et ça fait 4 mois que je ne prends plus aucun médicament, sauf la méthadone bien sûr. Contente.
*Ils* sont contents de moi aussi. C'est la première fois en 24 ans que je l'entends. Je pensais que ça me ferait plus d'effet. Mais en fait, non. Parce qu'en fait, c'est pour moi que je le fais. Et qu'ils soient contents de moi, ou non, au fond...ça n'a pas beaucoup d'importance.
Je me suis remise au sport. Vais à la piscine, MOI!!! Hahaha.
J'ai croisé ma psychiatre à un enterrement aussi. Il s'avère que je viens de découvrir qu'elle fait maintenant partie de ma famille. Eloignée, mais, génial, aux réunions elle sera présente. J'aurais voulu disparaître sous terre. Surtout au moment ou elle m'a fait la bise. Et surtout au moment où, rassurée qu'elle soit enfin partie, je l'ai retrouvée au repas qui suivait. Bref. De toutes manières, on avait fini, elle et moi. Depuis qu'elle ma jettée à l'autre débile que je deteste. D'ailleurs,est ce que ça vaut le coup de suivre une thérapie avec un psychiatre que l'on hait? Arrêter alors? Crois pas que ce soit la solution. Vais essayer de repêcher l'ancienne qui m'avait abandonnée parce que j'étais trop défoncée pour poursuivre. Ce que je lui en avais voulu aussi putain.
Plus que 2 semaines de stage. J'angoisse pas encore à l'idée de devoir reposer mes fesses cagneuses sur les bancs de l'école, mais ça viendra en temps voulu.
Comme j'ai décidé de vivre pleinement le moment présent, je n'y pense pas encore. Donc, ce soir, tout va bien. J'ai juste à penser au tatouage que je vais me faire bientôt. Pas trop mal pour un dimanche soir...