Muette.
"Peut être que tu devrais écourter ta permission et y retourner".
Oui, on me l'a proposé hier, que je reste au centre pour m'y reposer.
Mais arrivée au nouvel an, qu'est ce que je vais faire, me morfondre parceque je suis à l'hopital? Parceque j'aurai pas eu le courage de m'entourer?
T'as raison Sid, bien raison.
Alors le dilemme reste entier.
Rester chez ma mère, aller voir mon pére, ou tout envoyer chier pour aller fermer les yeux là où j'ai le droit de le faire.
Là où les affects sont absents, en cet endroit qui est neutre et qui me sert de béquille.
Chez les autres, tout est si compliqué, ne pas décevoir, ne pas faire de peine, être là partout à la fois. Je me mets la pression toute seule, c'est insupportable.
J'ai eu une bonne discussion avec elle tout à l'heure.
Et ça coule sur mes joues.
Des perles de larmes bien trop salées.
Je renifle en regardant mes yeux tout noirs, je ressemble à un panda. J'ai le regard vide et le sourire morne, hé, et je me parle toute seule pour m'empêcher de m'épandre encore plus. Je deteste me donner en spectacle, locque spectrale, eurk, reflet maussade me juge séverement. Pas d'indulgence à mon égard, et surtout un grand vide.
Mon coeur est parti bien loin, où sont mes émotions? Où est la vie qui coulait il y a peu dans mes veines?
Tout s'est envolé avec mes kilos perdus [3 . ça fait mal]
Lamentations me tourmentent, je ferais mieux d'agir au lieu de me répandre ici.
Aller, j'appelle mon père.
Lui dire que je vais passer quelques jours au centre.
Il va me dire que je le vois jamais, je le sens gros comme une maison. Le divorce est une merde à dégâts, une petite bombe à retardement que l'on banalise pour se dire que c'est pas grave. Un couple sur deux. Mouhahaaa.
Genération ratée.
On se reconcentre.
Mes paupières sont lourdes...
Me barrer.
Je sais pas, la Laponie, c'est où par exemple? °__o "