Le pardon ne pouvant s'envisager, seule une vengeance violente, une décharge de tout ce qu'il y a de mauvais, malsain, au plus profond du subconscient, pourrait permettre de ne plus penser aux noirs souvenirs qui gangrènent ma chair me rendant chaque jours un peu plus malade. Mes pieds s'enlisent, mon esprit les suit. Je me perds. L'anorexie fait partie de ma vie depuis trop lontemps.
Je m'en vais. J'aurais adoré rester un peu plus avec mon père. J'ai vraiment passé un bon séjour chez lui. On a fait que se croiser, lui travaille sans cesse....Mais je me suis occuppée de lui, j'ai cuisiné avec mon coeur, fait le ménage, le linge, et fait des projets pour sa déco. J'ai découvert sa vie de nouveau divorcé, mon pére comme tant d'autres qui travaille de 8h à 20h30 et qui rentre tout seul le soir comme un con, pour se faire cuire un plat tout prêt. Il a mes frères au téléphone, pour lui vriller un peu plus le coeur. Alors j'ai essayé d'être là, qu'il me sente à ses côtés.
Je me suis sentie utile et ça m'a fait un bien fou. Servir à quelque chose.
C'est con mais des fois j'ai tellement l'impression d'être inutile que ça suffit à me faire fondre en larmes.
Je retourne dans mon petit hôpital, le coeur un peu morcelé.
J'en ai marre d'être obligée d'y aller. J'habite là bas maintenant. Depuis trop longtemps. Je dis "obligée" parceque je suis consciente que si je n'étais pas prise en charge là bas cela ferait bien longtemps que...
Enfin j'imagine que j'aurais continué à disparaitre tranquillement dans mon petit appart', entre coma ethyllique et jeûn. Je m'imagine les bras lacerés, un verre de vodka à la main tout en saquant sur un joint.
Ces activités résument dailleurs fort bien ma vie d'avant.
Défoncée en permanence. Il arrive un moment où il faut choisir; soit on en crève soit on se donnne une chance.
Moi, j'ai eu la chance d'avoir été emmenée en urgence à l'hosto, grâce à ma psy. Je n'ai pas eu à choisir. Peut-être que je me serais laissée crever en silence,dans mes rêves emmêlés à la fumée.
Arrivée à son RDV,Je tremblais en permanence, j'étais bleue, mes cheveux tombaient par poignées et j'étais complétement à l'ouest. Je lui parlais et décrochais de la conversation, me perdant dans un discours illogique, je vacillais, je me souviens que lorsqu'elle m'a vue arriver, elle m'a dit qu'elle trouverait bien un bureau au rez de chaussée parcequ'elle ne voulait pas prendre le risque de me faire monter les deux étages qui mènent à son bureau.
Alors on m'a emmenée en ambulance, déposée au centre d'accueil et de crise, et là, j'ai pu me poser. J'ai été dans le brouillard longtemps...j'en ai oublié la moitié tellement j'étais faite.
J'ai eu de la chance.
Toute seule je n'aurais jamais appellé à l'aide.
Jamais osé.
Et puis question cliché, j'étais dans un déni de la réalité assez impressionnant. Il ne m'a pas beaucoup quittée.
Je m'en vais.
Mon sac est prêt.
J'ai pas envie d'y aller.
J'ai peur d'être contrainte à faire plus. J'ai du reprendre contact avec le CITD de Lille, mon rdv est fixé au 26 mars prochain. J'éspére qu'ils ne me garderont pas. A moi de faire le nécessaire me direz vous...oui.
XD !
Take care.
Merci pour vos mots.
Liza, j'ai lu encore auourd'hui. J'aimerais sincérement lire ton livre. *émue*...merci pour tes mots. Vraiment. Etrange sensation en te lisant...j'ai mal au ventre. Quelle souffrance, et si longtemps...Bravo. Bravo d'être encore là. de t'être accrochée à la vie comme tu l'as fait...Comme tu t'es acharnée à rester là, malgré tout. Malgré la douleur et les souvenirs qui t'ont détruite. Mes tripes se sont vrilées lorsque j'ai lu les éléments déclencheurs. Quelques similitudes avec les miens. Des agressions humiliantes, corps souillé pour toujours.
Quelle revanche...
je t'embrasse