Le pardon ne pouvant s'envisager, seule une vengeance violente, une décharge de tout ce qu'il y a de mauvais, malsain, au plus profond du subconscient, pourrait permettre de ne plus penser aux noirs souvenirs qui gangrènent ma chair me rendant chaque jours un peu plus malade. Mes pieds s'enlisent, mon esprit les suit. Je me perds. L'anorexie fait partie de ma vie depuis trop lontemps.
J'écris un peu pour ne rien dire. Il est 6h08, on est lundi matin et je n'ai toujours pas dormi. Dans mon dernier post, je parlais de ce dernier défi. Bon, à ce moment là, le cynisme coulait à flot dans mes veines et j'étais assez...insupportable. Le contrecoup de m'être sauvé la vie sans doute, j'en sais rien.
Mais ce qui se passe là, c'est que je ne suis pas angoissée pour la fin d'année. Enfin si, mais je ne suis pas pétrifiée comme d'habitude...je ne dors plus, n'ai plus vraiment de vie et ne fais vraiment QUE bosser,mais j'avance, je raye de ma liste les projets au fur et à mesure, et je crois que je prends mon pied. Comme si je faisais une crise de boulimie de boulot, mais que je n'avais pas encore vomi, j'en suis toujours au stade où j'imagine ce que je pourrais bien manger après alors que je n'ai toujours pas fini d'ingurgiter ce que je mâche. Et vous savez quoi, je suis même assez satisfaite de ce que je fais. Sérieux, je trouve ça plutôt pas mal.
Je suis dans la merde jusqu'au cou et suis la plus heureuse du monde. Et puis si je l'ai pas, je voudrais pouvoir me dire que j'ai essayé, jusqu'au bout et que je n'ai jamais lâché. Pas de regrets. Si, bien sûr, mes épisodes hospitaliers mais...ils on été bénéfiques, alors les regretter, non, disons qu'ils sont mal tombés...mais je veux me battre. Ne rien lâcher. Mon avenir je le veux, je le désire plus que tout. Je VEUX mon année, je veux y accéder à ce futur possible...Cette semaine j'ai normalement une réponse pour mon alternance aussi...pourvu que ça marche.
C'est drôle, mais je me dis que la psychomot', elle a appuyé sur le bon bouton la dernière fois..."le goût du challenge". Elle est fûtée celle là. Elle me connaît par coeur. N'empêche, ça a marché.
[Ppm00 oui...la roulette russe, un peu. J'ai besoin de lancer ma bille quelques fois...et puis après, ça va. C'est un peu aléatoire j'avoue,mais c'est comme un dernier recours lorsque vraiment, vraiment les murs sont sans issue. Pour le passé douloureux, je n'arrive pas vraiment à l'admettre, étant donné que pour moi tout est un peu de ma faute, et des fois j'en arrive même à des conclusions du genre "j'ai choisi d'être anorexique je ne peux en vouloir qu'à moi même j'ai bien vu que ça allait pas mais j'ai rien fait", et même "je savais ce qui allait se passer, on peut même pas appeler ça un viol puisque j'ai rien fait pour me défendre" enfin bref.]
Ce brouillon traînait depuis un moment...
Depuis, les cernes ont grandi, les tremblements sont incessants et les pupilles dilatées, tandis que le coeur est en tachychardie constante. Mais je vais. Comme une petit vampire en manque de sang. J'ai relevé le défi comme une gagnante. Et j'espère gagner, parce que perdre m'exaspère et me rend assez dingue. Je deteste l'échec. (Ah bon? _scoop!_) Je suis excessive. Mais je veux y arriver. Réponse à la fin du mois. Et puis, ce défi m'apporte énormément. Sur moi même, mes limites, mais aussi mes capacités, ma valeur, mon comportement et beaucoup d'autres choses. Je suis honnête avec moi même aujourd'hui. Je me connais mieux. C'est comme si j'avais fait 5 pas en avant d'un coup. Je crois en moi, oui. Et n'en ai pas honte. Plus maintenant.