Le pardon ne pouvant s'envisager, seule une vengeance violente, une décharge de tout ce qu'il y a de mauvais, malsain, au plus profond du subconscient, pourrait permettre de ne plus penser aux noirs souvenirs qui gangrènent ma chair me rendant chaque jours un peu plus malade. Mes pieds s'enlisent, mon esprit les suit. Je me perds. L'anorexie fait partie de ma vie depuis trop lontemps.
Bon, premièrement, jsuis en vie.
Deuxièmement, je m'accorde un dernier challenge avant de m'envoler. Il sera déterminant je pense. Mais comme j'aime les défis, fallait le relever, sinon, là, ça aurait vraiment été lâche.
Je me suis fait hospitaliser la semaine dernière, peut être pour me protèger, sûrement pour peser le pour et le contre. Je veux dire, est-ce que j'en ai vraiment marre de tout, ou est-ce que c'est cette éspèce de trainée de maladie mentale qui joue avec moi. Nuance. Et puis il y a cette passade euphorique que j'ai traversée avant tout ça. Et c'était si bon que j'ai envie d'y goûter à nouveau vous comprenez? Bref.
La psychomot' dit que mes idées noires sont des pulsions de vie.(J'ai bien aimé). Puisque je les vends comme positives et emplies de liberté. C'est ça, je lui ai dit "Je serai enfin libre". En fait, elle trouve ça assez positif. Que j'ai de la ressource. Que je sache aller en cabane dès qu'il y a danger. Aussi que j'ai envie de changement, ça c'est bien. Quand elle a dit "passé extrêmement douloureux", je l'ai calmée, faut pas exagérer. Enfin je trouve.
Bon sinon, je me suis souvenue que si je ne passais pas en deuxième année mon prêt étudiant tombait à l'eau, et je devrai 5000€ à la banque. Déja que je suis à -500, jvois pas comment faire. Je ne supporterai jamais que mes parents mettent la main à la pâte. Et tout le monde dans ma classe susurre ses propres doutes quant à mon passage. Qu'est ce que ça peut bien leur foutre, je me le demande, mais ce sont des fouines. Curieuses de savoir qui rend quoi et quand. Qui ne trouvent pas ça juste qu'en étant "absente tout le temps" (pardon d'aller à l'hosto, et pardon de vouloir m'en sortir, et aussi pardon d'être anorexique) je passe. Sauf que je rends tout, peut être en retard, mais je le rends, donc je nourris quelques espoirs. Et puis le directeur qui vient me rendre visite à l'HP, ça aussi, ça joue. Je me dis que lui "sait". Comprend. Loin de moi le favoritisme, on n'en est pas là, puisque je passe des nuits blanches encore et encore pour tout rendre. Et que je ne fais pas la victime, parce que j'ai simplement horreur de ça et que de toutes manières je rejette tellement ce mot que ça me ferait gerber d'en jouer. Donc, tout ça pour dire que je doute, doute, et doute encore.
Je ne vous cache pas que ce passage sera déterminant. Suspense...
Et la psy qui joue avec moi..."vous aimez les challenge non? Pourquoi vous ne relevez pas le défi? Vous verrez bien...Je pense vraiment que ce serait dommage d'abandonner là. Accordez vous une chance...."
Adjugé! Non la vie n'est pas un jeu. Mais...La voir comme ça, des fois, c'est plus simple. "Des fois" j'ai dit, pas tout le temps. En ce cas précis, j'avais rééllement besoin d'une motivation pour arrêter mes conneries suicidaires. Bien qu'elles soient en stand by, donc toujours là, elles sont tout de même moins obsédantes. Mon obsession, là, c'est le boulot. Assez sain je trouve. ;)