Le pardon ne pouvant s'envisager, seule une vengeance violente, une décharge de tout ce qu'il y a de mauvais, malsain, au plus profond du subconscient, pourrait permettre de ne plus penser aux noirs souvenirs qui gangrènent ma chair me rendant chaque jours un peu plus malade. Mes pieds s'enlisent, mon esprit les suit. Je me perds. L'anorexie fait partie de ma vie depuis trop lontemps.
J'ai un drôle de corps. Mon coccyx cherche à tout prix à se détacher de moi, tentant de percer ma peau pour pointer jusqu'à n'en plus pouvoir. Le ventre concave et ce relief à l'arrière me donnent l'air d'une mante religieuse hystérique. Tant pis. Le tout recouvert d'un foulard (le liberty c'est tendance chéri) savamment noué, je joue à me laisser entraîner par les vagues. S'abandonner et se laisser dériver, s'offrant au courant violent d'une mer pourtant paisible. Je me demande pourquoi corps arbore cet air d'arbre déraciné trop tôt, noué jusqu'à l'échine, alors que l'intérieur hurle à la vie. J'ai retrouvé le sourire, et ce rire qui me broie les côtes tellement il vient de loin. De ces mêmes tripes qui quelques jours plus tôt étaient emmêlées jusqu'à la nausée. Faire une pause et balancer le sablier, juste un peu, le temps de. Laisser aller, venir, et peu importe. Se vautrer de tout son long, et rester ainsi, en laissant les rayons du soleil nous endormir (dangeureusement). Voguer...à son gré. Ne plus organiser, encore moins prévoir. Se laisser joyeusement surprendre, parce que finalement l'imprévu...c'est un peu la vie. Avec son désordre, ses conséquences, mais aussi le plaisir...Le hasard, les rencontres, les regards, le bruit, la vue, la mer, les voiliers, le champagne, la jouissance.
J'aime les vacances.