Je ravale ma rage, ferme mon visage.
Le silence fait place.
Mutisme persistant.
Je n'ai rien à dire. Ni même à écrire.
Tout est flou dans ma tête, les fils sont emmêlés et forment une grosse polotte pleine de noeuds. Comme dans mon ventre.
Mes larmes sont séches, aussi sèches que ce coeur sans émotion qui bat dans ma poitrine.
Un coeur froid et métallique.
Je voudrais m'envoler vers d'autres horizons, recommencer un ailleurs.
Mais, déplacer le probléme n'est pas une solution me direz vous. Je sais. mais j'ai besoin de m'évader MAINTENANT. Là, tout de suite. Je crie sur tous les toits que je veux sortir.
Hé hé, comme si j'étais prête...
Je me mens comme je mens à tous les autres. Je sais bien que sortir maintenant serait signer mon arrêt de mort.
Je le sais. Et pourtant.
Besoin de liberté, d'oxygéne, de gens aimants, rêveurs, vivants.
Pas de ces êtres désabusés qui n'attendent plus rien de la vie.
Je veux sortir, pour aller où?
J'ai l'impression d'avoir tout perdu, y compris moi. Je me suis abandonnée sur le bord d'une route sinueuse.
Je ferme les yeux et essaie d'oublier mon corps et son image, je renie mon passé, je le vomis, je tire la chasse et me promets d'arrêter. De regarder droit devant. Cesser de me retourner en permanence.
Je ne veux plus de regrets qui me prennent en otage.
Je ne veux plus de ces souvenirs qui me rayent les bras rouges sang.
Je ne veux plus faire mal à *je*. Ni à *eux*.
La situation est cruellement froide, tellement réelle. On ne peut pas s'en échapper. Elle me rattrappe toujours, me retiens tandis que je me débats avant d'abdiquer. Céder. Me dire tant pis.
Tant pis, c'est ça.
Tant pis pour tout.
Pour eux, pour moi.
"Ne baisse pas les bras".Non, promis. Mais j'ai plus de forces, est-ce que vous l'entendez ça?
Je voudrais que l'on me prenne dans des bras chauds et que l'on me susurre que tout ça n'est pas grave.
Que tout ça n'a pas d'importance. Demain sera meilleur.
Je me vautre dans mes lamentations et j'en ai honte, si vous saviez. Mais suis obligée de le faire.
Sinon ça me fait du mal. Beaucoup. Aprés on doit recoudre, mettre des bandes.
Et puis la bande blanche finit toujours par dépasser du pull et tout le monde te demande ce que t'as foutu:" Ah, et de l'autre coté aussi?!"
Et puis je refuse de manger à table avec les autres (je ne peux plus les blairer, encore moins manger avec eux), et j'ai droit aux "ben c'est pas comme ça que tu vas grossir!".
Des fois je rumine tout haut sans m'en rendre compte aprés la pesée hebdomadaire qui me fout toujours en l'air, (quelque soit le poids) et là, c'est "Ah ouais t'as raison t'es carrément obése, fais gaffe, ha ha, et tu te trouves grosse? Ben putain y a rien à bouffer sur toi, c'est que de l'os!"
Je trouve qu'il n'y a rien de pire que de se confronter à l'incompréhension des autres.
Solitude soudaine qui s'installe.
Je ne parle plus parceque je suis vide.
VIDE.
De l'air, du vent, que dalle.
Ma respiration s'accelére.
J'ai si honte.
Humiliée.
Gênée de n'être que moi même.
Je ne suis qu'humaine.
Pardon.

Sinon je passe le week end chez mon pére, on revient de 2h de marches en pleine campagne...ça fait un bien fou :]