Mon blog a deux ans.
ça me fait bizarre...je ne saurai pas l'abandonner, et si il disparaissait j'en deviendrais malde.
Me revoilà.
Pas grand chose à raconter ce soir.
Un peu trop de discussions qui font mal.
J'en ai marre de devoir m'étendre ici.
Je dis "devoir" parceque c'est un véritable besoin, venir écrire ici. Lire vos commentaires.
ça peut paraître con. Je m'en fous.
Vous me manquez. J'ai besoin de cet échange.
Mais c'est un peu diminuée que je vous livre ce soir ces mots.
Ce soir je suis seule chez moi, premiére fois depuis des mois et des mois. Depuis que je suis hospitalisée, un an. Parcequ'on n'a jamais voulu prendre de risque, connaissant mon état et mes angoisses. Alors ce soir, c'est la premiére.
Cette semaine j'avais programmé ma mort mais je suis encore là.
Raté.
Ou réussi j'en sais rien.
Peut être que c'est une bonne chose. J'ai remis beaucoup de choses en question, ma vision de la vie a changé, tout m'apparaît si dérisoire maintenant.
Prise de conscience. Brutale, mais sûrement nécessaire.
Je ne voulais pas que mes parents soient au courant.
Mais *ils* m'ont dit qu'ils devaient le faire. Les appeller. Les convoquer.Je suis restée prostrée le reste de la semaine en attendant que ça passe.
J'ai relu la lettre d'adieu que je leur avais écrite.
Je l'ai brulée.
Mes adieux ont fini en cendres, je les ai regardé se consummer les yeux brouillés.
Je me sens nue ce soir d'étaler tout ça ici." Catégorie Journal intime". Est ce que l'on peu qualifier d'intime un blog visible par tant de bloggueurs?
J'ai beaucoup de peine à écrire, j'ai maigri et...
Ne pas se laisser aller.
Rester debout, putain reste debout, relève toi et regarde autour de toi.
Regarde les autres.
Regarde la souffrance, autour.
Autour de ton nombril.
J'attends mon rdv, le 26 mars.
Savoir si j'integre le C.I.T.D en ambulatoire ou en hospi à temps complet. J'ai vraiment pas envie d'y aller je vous jure. Même si c'est nécessaire à la guérison. Puis toujours la peur au ventre d'en croiser "d'autres". "Des vraies".
Si je ne l'integre pas, je reste dans mon unité actuelle, pour quelques mois encore. Et si je l'intégre...si jamais le médecin me trouvait une place, je me demande si je dirai oui ou non. Non, plutôt, je me demande si j'aurai le cran d'aller jusqu'au bout. Au bout du soin.
Si j'ai le cran de lâcher la maladie.
Me séparer d'elle.
J'ai peur de l'aprés. J'ai peur de retrouver "la norme". Puis de dépasser la norme et de passer de l'autre côté.
Pour l'instant mon avenir est instable, je ne sais plus si la psycho est une bonne idée, si je ne ferais pas mieux de suivre mes premiéres amours, l'art plastique. J'ai recommencé à peindre, timidement, mais ça a de la gueule...ça vient. Il faut être lucide, je n'aurai pas mon année. Alors, je fais une troisiéme premiére année de psycho ou je me lance avec mon BTS design de mode...je deteste avoir le cul entre deux chaises.
Envie de trouver un *lui* pour aimer.
Le chérir.
Peur de ne pas être à la hauteur, d'être maladroite, de ne pas savoir faire. Peur d'être emportée par l'émotion, moi qui veut contrôler à tout prix. Peur de montrer mon corps, peur d'être mise à nue, peur de ne pas être aimée. Peur de mes souvenirs de corps à corps froids et mécaniques, la vue brouillée par des larmes silencieuses.
Serai-je obligée de me torcher la gueule pour pouvoir envisager d'autres relations? C'est plus facile. Plus destructeur aussi.
pS: J'ai aimé vos réponses sur mon article concernant les pro-anas. Ce jour là j'avais la haine. Je n'ai pas fait de distinction entre les unes et les autres. Tellement plus complexe que ces quelques lignes que j'ai tapées la rage au ventre. C'est une maladie qui nous fait croire que l'on peut la dominer et l'apprivoiser. J'y ai pensé, ressassé. Me disant que si la guérison ne pouvait être compléte, on pourrait au moins cohabiter avec *elle* sans toute la violence que le combat de "la guérison à tout prix" engendre.
Prenez soin de vous.
Ravie de voir de nouveaux noms dans les commentaires.
Merci.