T.S.
Dans la voiture de mon beau-père, lors de mon retour au foyer, le ton est monté parcequ'il ignore quels sont mes combats au quotidien, qu'il me rabâche sans cesse que c'est lourd, que ma mére est crevée et qu'elle a autre chose à foutre et que je ne fais rien pour sortir la tête de l'eau et blablablabla.
Je crois que tout d'un coup, je me suis martelée la tête avec des trucs du genre "je ne sers à rien" "je suis un boulet" "je ne suis qu'une merde"...le tout crescendo.
Un cachet, deux cachets, trois cachets...16 cachets...
Je ne sais pas expliquer ce qui m'a pris. J'ai avalé toutes ces petites pilules qui promettent le bonheur. Après les urgences on m'a renvoyée au Centre d'accueil et de crise, bien que j'esperais sortir le soir même. Mais je me suis pris un gros stop et n'ai pu qu'appliquer les consignes.
J'ai à nouveau perdu la confiance que l'on m'avait donnée, que ce soit pour mes parents ou l'équipe médicale. J'ai mal, vraiment, je suis dégoutée, déçur par moi même, furieuse de ne pas avoir su me maitriser.
J'ai envie de m'enterrer vivante. J'ai honte, j'ai honte putain... Tout allait bien, tout le monde y a cru, même moi. Je ne veux pas être fataliste, mais je regrette profondément mes actes. J'ai les yeux comme des balles de ping pong à force de chialer comme une gamine,et j'ai reperdu les grammes que j'avais gagné. Et puis cette connasse d'infirmière qui en rajoute en me regardant droit dans les yeux "c'est normal que vous ayez un régime diabétique sans graisse et végétarien? Vous voulez quoi, 3 carottes ça vous suffira?" J'ai eu envie de l'étrangler mais ça ne se fait pas je crois. Je me suis contentée de sourire muhaha. La garce.
Je tremble, j'ai chaud, je suis gelée, d'un froid qui vous transperce le corps, qui s'agrippe aux entrailles. Je ne sais plus si je dois pleurer, rire, me faire violence, patienter, ralentir...je suis paumée. Vraiment paumée.