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24 juin 2014 2 24 /06 /juin /2014 14:47

Je relis mes derniers mots. C'est vrai qu'àce moment là, la vie m'avait fait réagir. Il était temps de Vivre. D'être Heureuse.

Peu après, j'ai trouvé un appart, et j'ai déménagé. J'y suis bien.

Pourquoi j'ai déménagé...si vite? Peut être qu'en fait, c'est là que ça a commencé à merder.

Il faut savoir que l'on ma bourrée de médocs, notamment de Risperdal puis de Xéplion (Pour vaincre les psychoses + troubles importants de l'humeur.)...et que j'ai commencé à enfler. Vraiment enfler je veux dire, pas la petite prise de poids qu'on s'invente. 12 kilos. Si on regarde mon poids, même le plus haut, je sais que j'étais pas "grosse". HAHAHA, sur le site de l'IMC ils mettaient poids NORMAL. Ouais, genre. Masi aussi, sur el site de l'IMC, que je fasse 53 ou 72, j'ai un poids dit normal, alors que faut pas se leurrer, on se sent pas la même à presque 20 kilos de différence.  Je suis pas montée jusque ce "plafond" de la normalité, n'empêche que mon poids, ou plutôt, le poids de mon corps, était devenu INSUPPORTABLE.

J'ai rien dit. A personne. J'ai fermé ma trappe, parce que j'ai eu tellement peur que l'on se dise "ça y est elle prend 3 kilos et du coup elle va tout arrêter! lamentable, si elle veut pas se soigner, qu'elle le dise". J'ai eu tellement peur d'entendre ça.

J'ai pris sur moi. Avec la frustration de ne pas, pourtant, manger "plus" que d'habitude. Juste cette foutue rétention d'eau, un bordel hormonal pas possible, bref, mon corps en a profité allégrement. Une petite année est passée, comme ça. A ne pas me supporter, à me cacher, à ne plus voir mes amis...Mais le reste, ça allait plus ou moins, c'est vrai. Disons que comme quoi que je fasse, je ne pouvais pas maigrir...j'ai arrêté d'être une obsedée de la bouffe. Et j'avoue, m'en affranchir ça a été très bénéfique. Simplement, on ne règle pas les TCA juste en prenant (ou en perdant) du poids. Parce que l'on ne se résume pas au poids. Et ce chiffre ne mesure rien d'autre que la masse du corps. En aucun cas, avoir un poids normal pendant un an a réglé les problèmes de confiance en soi, mon estime, ou la vision que j'ai de mon corps...

J'ai commencé, en Janvier, à me rebeller contre la psychiatrie. Contre l'hôpital, les médocs, les soignants....j'en pouvais plus. J'en pouvais plus que tout soit décortiqué, analysé, digéré...J'ai tout stoppé. Mon traitement. J'ai même arrêté les scarifs, l'héro, les achats compulsifs, l'alcool, les coucheries....je voulais une vie saine.

Le problème....c'est que bon, là, j'ai repris mon suivi et tout et ça se passe super bien, je continue sur ma lancée de l'abstinence concernant la came, l'alcool , la défonce aux cachetons...

Mais en arrêtant mon traitement, j'ai aussi - semble-t-il- pratiquement retrouvé mon poids "normal". Mon poids "de forme" plutôt.  En fait...j'ai perdu 13 kilos. Et une chose en entraînant une autre...l'obsession d'un mode de vie sain, et la perte de poids...ça fait que je veux toujours aller vers "le plus sain" (euh, plutôt dans la manière dont je le vois hein, parce que pas sûr qu'en pratique ce soit vraiment "sain"), et je me mets à virer des classes entières d'aliments.

A me scruter dans le miroir, en me désespérant de ne voir AUCUNE DIFFERENCE, alors que pour une fois, les preuves sont là; le chiffre sur lécran de la balance, mes jeans que je peux remettre...

Faut dire, j'avais tout conservé. Je les ai passés des centaines de fois, pour vérifier, comme ça, où j'en étais. Jusqu'au jour où j'ai pu glisser AUSSI mes cuisses dedans. Donc, je SAIS que j'ai maigri, et je le VOIS PAS.

J'ai aussi repris le sport. Me fous de la crème amincissante sur tout le corps, et même les seins, parce que j'aime pas les seins. Tout doit disparaître?!

C'est terrible, cette sensation que l'on va tomber, et s'exploser la tête. Mais que l'on n'arrive pas à contrer la chose. Je sais pertinament ce que je suis en train de faire, je connais par coeur, tout est réglé comme du papier à musique, tout est calculé, pesé, analysé. Calories, composition, MG, lipides, glucides, saturés, insaturés...Des mots que je me passe en boucle dans la tête à chaque repas, j'ai faim, oui mais est ce que c'est si bon que ça, (et pas "bon" au sens du gout, non, "bon", au sens : ça fait grossir?), et est ce que je ferais pas mieux d'avoir VRAIMENT FAIM, oui mais si j'ai VRAIMENT FAIM, est ce que je saurai me contrôler....et bla bla bla...mais merde alors, pourquoi même en sachant parfaitement ce qui se passe, pourquoi je n'arrive pas à réagir?! Pourquoi je repasse un temps incalculable sur le net, à la recherche de témoignages, de mots qui ressemblent aux miens, de photos, de poids, de chiffres, de repas, de bouffe...

Et pourquoi tout en me disant "putain mais elle est vraiment trop conne elle, elle veut aussi le mode d'emploi pour se foutre en l'air?!", je me dis aussi "ce que j'aimerais avoir ses jambes". Je me foutrais des tartes.

Mais il y a aussi la réaction des gens.

Depuis que j'ai maigri, chaque soignant que j'ai vu m'en a fait la remarque. Je souris. Mais ne dis rien. Si je ne dis rien c'est un peu malsain; c'est que je veux que ce soit eux qui m'en parlent, car ce serait alors le signe que "ça se VOIT". Et si ça se VOIT, c'est que c'est vraiment VRAI alors...Depuis toujours, victime de dysmorphophobie concernant mon corps, les autres sont le "témoin". Ce sont eux qui me donnent "le signal". C'est sur eux que je m'appuie pour savoir à quoi je ressemble.

Mais ils ne s'arrêtent pas là. Ils s'inquiètent.

La question, c'est pourquoi, quand je prends 12 putain de kilos, et que je suis au fond du gouffre concernant mon image et mon estime de soi, PERSONNE NE REAGIT, sauf pour me conseiller "d'arrêter les sucreries et le gras" quand je me plaignais de mon "nouveau corps" (comme si en quelques semaines on pouvait guérir de l'anorexie, et puis s'engouffrer des tonnes de gras sans culpabiliser de rien. On aurait dit que personne en voulait comprendre que c'était mon PUTAIN de traitement)....

Alors que bordel de merde, j'avais rien changé à mon alimentation. En fait, quand on est "gros", c'est forcément synonyme d'être sans aucune volonté, et de s'empiffrer comme une grosse vache? c'est ça?

Mais alors dès que je maigris, là, ça y est mon dieu qu'est ce que j'ai pas fait...alors que sensiblement, mon image n'est pas "pire". Elle est la même. J'étais dans la même détresse. Juste que là, ça commence à se voir. Bande de cons. Je les hais.

On n'est pas obligé(e) d'être cachexique pour pouvoir se permettre d'appeler à l'aide si? Après, on s'étonne que nombre d'anorexiques soient dans le déni, parce que c'est vrai, elles ne pèsent pas encore 30 kilos. Alors donc on doit attendre d'en arriver là pour qu'on s'inquiète? Tout ça me rend dingue. Et après, on dit "plus c'est pris tôt, mieux ça se soigne". En théorie, oui. En pratique, on en est loin.  Quand j'étais hospitalisée en TCAs, y a une paire de filles qui étaient peut être à un poids supérieur au mien, n'empêche qu'à cause des comissements, je peux vous certifier que leurs analyses étaient bien plus mauvaises que les miennes. Non, le poids veut rien dire. RIEN. Arrêtons de s'en référer à lui.

 

A chaque fois qu'on me disait "d'arrêter les sucreries si je voulais perdre un peu de poids" je me disais dans la tête," tu verras connasse, tu verras. Le jour où je vais seulement commencer à maigrir, tu vas me demander d'arrêter."

Inconsciemment, c'est ce que j'ai fait. MAIS.

J'ai peur d'être allée trop loin. Au début, trop heureuse de ressentir à nouveau mon corps, sans qu'il soit maigre hein, juste, voilà, je le retrouvais...c'était bon. Je pouvais enfin revoir mes amis, sortir, tout ça. Trop occupée à savourer la victoire, j'ai pas capté le sens de ce que j'étais en train de mettre en place.

Et si j'ai déménagé, c'est que ma grand mère, après son infarctus, ne pouvait manger ni légumes verts, ni tomates; ça veut dire pas de salade, pas de concombre, pas de courgettes...en fait RIEN de ce que j'aurais du manger pour garder à peut près la ligne. J'ai pas supporté. C'était le moment pour moi de partir. Evidemment, ça n'est pas la seule raison; mais disons que ça a sensiblement acceleré les choses.  En gros, j'ai déménagé pour pouvoir maigrir peinard.

Et déjà à ce moment là j'aurais dû réagir.

Parce que lorsqu'on est passé par là, on sait très bien comment ça commence. Jamais le temps que ça prendra pour en revenir.

Published by [AnO]rchiDeA - dans Crise existentielle
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1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 16:04

Tout a commencé un peu avant ma dernière hospi, en novembre. Au moment où ma grand mère faisiant son infarctus...j'ai pris consicience que la vie...la vie, même quand on a 81 ans et qu'on a l'impression d'être très vieux et d'avoir fait son temps, on se dit qu'elle est passée si vite...si vite qu'on n'a pas eu le temps de faire tout ce qu'on voulait, et que maintenant on entend que c'est biçentôt fini, alors qu'il nous reste une tonne de trucs à faire, de gens à voir, de moments à partager...alors on s'y accroche de toutes nos forces, encore et encore, pour que ça duuuuure encore très longtemps. Quoi qu'on en dise.

Moi, depuis mes 28 ans, quand j'ai vu la force qu'elle avait en elle pour s'accrocher à son existence...je me suis dit putain, moi, faudrait peut être que je la commence cette vie. J'ai rien vu passer, j'ai déjà 28 piges, j'ai l'impression d'avoir eu mille vies, et en même temps...c'est comme si j'avais hiberné depuis des lustres! C'est trop bête. Je veux profiter de mes amis, de mes proches, de mes frères et soeurs...je veux partager avec eux d'autres moments que ceux passés dans une chambre d'hopital. Ils sont bien ces moments, mais...si on partageait autre chose?! Il est grand temps.

J'ai mis ma vie sur l'autel du sacrifice pendant trop longtemps. Au nom de quoi? Pour un connard qui m'a violée? Je vais payer longtemps ce crime pour lequel je suis innocente?

Un jour ma psy m'a dit "ok, vous vous en voulez, d'accord. Combien de temps vous avez pris pour votre crime? Quelle est la sentence? 5,10,15,20 ans? Combien? Quelle est votre peine? Parce que pour info, une peine, ça a un début et une fin. Ca commence et ça finit. Un viol, ça va chercher dans les 15 ans, disons. Bien payé hein, parce qu'aujourd'hui, je peux vous dire que même eux s'en sortent pas trop mal pour leurs crimes. Et vous, qui êtes quand même la victime aux yeux de la loi mais c'est juste un détail, vous allez payer combien de temps encore?Sérieusement, ça va durer combien de temps????"

Je l'entends aujourd'hui encore. Sa voix résonne dans ma tête. Elle était enervée ce jour là. Elle s'était mis en colère. Elle était en colère parce que ma culpabilité était tellement forte, tellement solide, que l'autodestruction a été mon mode de survie pendant des années. Ca a été mon mode de vie, ma motivation, la raison pour laquelle je me levais le matin :  me détruire. Le suicide? Trop facile. pas assez douloureux. Non, moi je voulais orchestrer ma mort. A petit  feu. Doucement. Insidieusement. Chaque jour, un peu plus mal. Je lacérais les chairs, et laissais les plaies à l'air. Les triturant à souhait, les empêchant de cicatriser tout à fait. Je les entretenais. Pour qu'elles soient toujurs plus béantes. Sans m'en rendre compte. En fait, le pire, c'est que c'était même inconscient. C'était un réflexe. Spontanément, je me faisais mal. J'étais angoissée? Je me scairifiais, ça soulageait. J'étais en colère? Pareil. J'avais faim?Je m'affamais. Jusqu'au malaise. Fatiguée? J'allais courir. Je trouvais que j'avais mal travaillé? Je m'enfilais dix boites de valium. J'avais trop mangé? Je me faisais vomir jusqu'à m'évanouir. Je me trouvais moche? Scarifiactions. Sport à outrance.

L'autodestruction était la réponse à tout ce que je vivais.  Simple comme bonjour. .La culpabilité était mon mode de pensée, tout était de ma faute. Le viol, c'était de ma faute, l'anorexie, c'était de ma faute, que j'étais malade, c'était aussi de ma faute, si ma famille allait mal, c'était de ma faute, si mes prents s'étaient séparés, c'était de ma faute, ma grand mère fait un infarctus, c'est de ma faute...j'en passe.

J'étais désespérée. Ma psy aussi. Elle se mettait en colère régulièrement. Pas contre moi. Contre tous ces trucs qui me pourissaient la vie. Elle en pouvait plus de me voir si malheureuse. Toujours plus amigrie, cernée, mal habillée...je me rendais moche, parce que j'étais moche à l'intérieur. Une garce peut pas être belle. Elle est forcément moche. Moi j'étais moche. A l'intérieur, à l'éxtérieur...tout était MOCHE. MOCHE MOCHE MOCHE. Je voyais la vie en MOCHE. Je voyais bien qu'elle essayait tout pour me faire réagir. Des fois elle arrivait à me faire sourire, parce que je trouvais ça mignon de sa part le fait que si je croyais pas en ma vie, ele y croyait pour moi!

 

Aujourd'hui, je me dis qu'elle avait raison.  Qu'elle a eu raison de vouloir me secouer.

J'ai peut être mis 12 ans...ça devait être aux environ de ce mois-ci en plus, ma première consultation. Bref, j'ai peut être mis 12 ans, mais aujourd'hui, je peux affirmer que je suis enfin heureuse, avec un H.

Alors peut être qu'il y aura des rechutes. Certainement. Mais je sais, avec certitude, que le plus gros est fait. Que j'ai pratiquement gagné.

ma psy a dit  : "vous resterez vous même, quelqu'un de fragile, passioné, entier, angoissé,impulsif...mais vous apprendrez à utiliser certinas outils pour vivre avec. De plus en plus, vous saurez comment gérer les situations de crise sans vous mettre en danger. Vous aurez d'autres solutions de repli que les urgences, l'hopital psy ou les médicaments. En fait, vous pourrez avoir  une vie tout à fait normale. Mais vous resterez extra-ordinaire"

 

Pendant très longtemps, j'ai craint que si mon trouble borderline disparaissait, avec les symptômes comme l'anorexie ou la toxicomanie, ça laisserait un vide immense, et même, que mon identité en serait littéralement démolie. Hors, je me rends compte aujorudhui que c'est carrément faux. Ces symptômes n'ont pas laissé un vide immense mais justement, ils sont laissé place à la vraie vie. Et je n'ai pas perdu mon identité, je l'ai retrouvée! Car ces symptômes m'avaient rendue esclave de la dépendance (que ce soit l'anorexie, la toxicomanie, la dépendance affective, la peur de l'abandon, la peur du vide...) et mon identité n'avait pas pu se construire correnctement. D'ailleurs...je ne savais pas qui j'étais et cela a causé nombre de crises d'angoisse existentielles! Aujourd'hui encore ça me trouble...je me découvre encore. Mais je crois que même à 90 ans, on apprend encore des choses sur soi-même, et tant mieux!!!

 

Alors...je sais que j'ai encore du chemin. Que l'on ne guérit pas complètement d'un trouble de la personnalité borderline. (D'ailleurs, est-ce une maladie à proprement parler?!). Cependant, une fois nos angoisses apprivoisées, et surtout, une fois que l'on a trouvé une réponse à ces angoisses satisfaisante et structurante, il est tout à fait possible de mener une vie plaisante. De Vivre. Pour de vrai.

Je sais que je resterai angoissée, anxieuse, que j'aurai toujours des problèmes avec mon corps,  mon alimentation, que j'aurai toujours plus ou moins un fonctionnement en "tout ou rien", que je craindrai touours l'abandon ou la sensation de vide, etc etc, il y en a des tonnes à écrire. Mais ça ne me fait pas peur. Tout ça, c'est moi. Je suis comme ça. mais encore? Ca ne suffira pas à m'empêcher de vivre.

Nous venons de passer le mois de mars, mois extrêmement difficile pour moi car c'était le triste anniversaire de mon agression. Cela fait exactement 13 ans que j'ai été violée. D'habitude..;en fait, tous les ans, à cette période, j'étais soit à l'hopital, soit en crise. Cette année...rien de tout ça. Rien. Juste un sourire immense. J'avais presque oublié!!! Je n'y ai même pas pensé. Pas de cauchemar. Que dalle.

Juste la joie immense de pouvoir fêter l'anniversaire de ma maman sur la terrasse de chez nous, au soleil, avec toute la famille. Pas depuis ma chambre sordide d'hopital.

Putain mais quel bonheur!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

 

 

J'ai consicence que cet article est très long (comme d'hab).

Pourtant, je n'ai pas tyout développé, et il y a certaines choses que je désire réellement partager avec vous, aprce que j'estime que c'est super important. Je voudrais aborder la question du diagnostic, et de cette étiquette que l'on nous pose, en tant que malade. De la valeur de cette étiquette, et de cette nouvelle identité qu'il nous faut prendre en compte...et que l'on prend un certain plaisir à nous rappeler dès que l'on déroge à la règle, comme si nous ne nous résumions qu'à cela. Ca m'est arrivé dernièrement et je trouve ça scandaleux. J'aimerais pouvoir en parler ici et partager  cette expérience insupportable. J'aimerais aussi avoir vos témoignages, si vous avez déjà eu la sensation que l'on considérait vos paroles comme le fruit d'un délire.

Ce sera pour un autre article!

Je suis au travail et faudrait peut être me mettre à bosser :)

Le plaisir de venir ici était trop grand...pouvoir enfin dire que "CA VA!" (sans mentir). J'ai fait tomber le masque...échangé un faux sourire contre un vrai sourire, bien niais. Et ça me plait.

 

Je ne peux que vous souhaiter la même chose car c'est simplement délicieux.

Le plus incoryable, c'est que je sais qu'il me reste du chemin...alors si je suis heureuse maintenant, comment va être la suite?!

 

XXXXXXX

 

E.

1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 14:30

Bonjour à tou(te)s...

J'ai mis longtemps avant de revenir et je le regrette sincérement, mais j'avais besoin de prendre du recul.

Suite à ma dernière hospitalisation, j'ai eu RDV tous les jours avec léquipe qui me suit, et brusquement, ça a été de trop.

J'ai eu besoin de faire une pause, faire le point, me retrouver avec moi même.

De plus, vivant chez mes grands parents depuis quelques années et suite aux problèmes de santé important qu'ils ont eu tous les deux, je me suis posée beaucoup de questions; étais-je devenu un poids trop lourd pour eux, ou, au contraire, est-ce que j'étais plutôt devenue au fil du temps un pilier sur lequel q'appuyer?

Avec le temps, j'ai appris à être là pour eux, et m'investir dans la vie de tous les jours pour être la plus serviable qu'il soit. Je l'ai toujours été, évidemment, lorsque je suis venue habiter chez eux jamais je ne me suis laissée vivre à me faire bichonner  et attendre que la vie se passe! Ce que je veux dire, c'est que j'ai vraiment pris conscience de leur fragilité...et que brusquement je me suis mise à les materner. J'ai emmené ma grand mère partout avec moi, à paris, dans les expos, on a fait tout Lille, les boutique, le jardinage, les marchés...jusqu'à ce qu'elle ait un problème de genou survenu l'été dernier. Pas de regrets car nous avons bien profité. Avec mon grand père, qui ne peut plus marcher comme avant, c'était plutôt des discussions, ou de l'aide pour son ordi. Et puis, savoir que j'étais là pour accompagner ma grand mère lui faisait toujorus plaisir, comme si c'était lui qui y allait. Bref, c'était l'harmonie.

Cependant...quand ma grand mère a fait son infarctus, tout a été remis en question. J'ai été partagée entre devenir...leur "bâton de vieillesse", et rester encore un bout de temps auprès d'eux pour les aider...tout en sachant que plus j'attendais, plus il me serait difficile de les "abandonner", ou alors de partir, et avoir l'impression de les quitter commme une voleuse, alors qu'ils m'ont tant apporté pendant ces 4 dernières années. C'était un choix super difficile, parce que personne ne sait vraiment, sauf moi, tout ce qu'ils m'ont donné durant 4 ans. Ils m'ont portée, vraiment. Ils m'ont accueillie chez eux "pour que je me relève". Pour me donner le cadre que je n'arrivais pas à me mettre seule. Et ça a été super important. Oui, je peux dire qu'ils m'ont apporté la sécurité nécessaire pour que je puisse sortir la tête de l'eau. Ca a pris du temps. Des années. Mais ils l'ont fait. A 80 balais. Ils se sont inquietés pour moi des nuits entières, premiers spectateurs de mes "crises", ou de mes états impossibles lorsque je gobais tous les restes de cachetons que j'avais caché. Même si je ne voulais pas qu'ils me voient dans ces moments là, je sais que, par exemple, ma grand mère a pris le tramway plus d'une fois avec moi direction le CMP parce que j'étais incapable d'y alelr seule, tellement j'étais défoncée. Ils n'en ont jamais parlé. A qui que ce soit. Ils me respectent trop pour ça. Et ne me m'ont jamasi blâmée.

Pour tout ça...toute cette energie dépensée, je leur dois tellement. Brusquement...oui, j'ai eu envie de partir, pas à cause d'eux, masi parce que j'ai 28 ans, et que j'ai soif de liberté. Pas qu'ils m'en privent, mais je voulais un chez moi. Mais pas les abandonner.

J'ai fait mes premières recherches au mois de février. Je n'ai pas trop oser le leur dire...enfin pas franchement. J'ai du leur sortir un truc du genre..."tiens, je vais regarder les apprt's pour me faire une idée, peut être qu'il y a des trucs sympa dans le coin? Juste pour voir hein..." Tous les soirs, en rentrant du boulot je me mettais sur "le bon coin". Et de fil en aiguille, comme je regardais des trucs dans le quartier, ça les a carrément intéressés. C'était marrant de voir tous ces appartements dans le coin, qu'ils me racontent l'histoire du quartier et tout. La semaine d'après j'avais une dizaine de visites organisées. ma grand mère m'a accompagnée pour al majorité. C'était marrant de visiter avec elle. On a les mêmes goûts.

En réalité, au bout de 6 visites..;je suis tombée sur un super appart'....Dans la même rue que leur maison! Il m'a fait de l'oeil. On est sorties de là super emballées. Le soir, j'envoyais mon dossier à l'agence. Le lendemain matin 7H, le proprio m'appelait pour me dire que c'était bon. J'y ai pas cru tout de suite.

Le vendredi suivant...j'avais les clés. Le lendemain je déménageais. Tout était devenu plus simple puisque c'était dans la même rue! Ainsi, je ne les abandonnais pas complètement, tout en vivant ma vie. Résultat, je continue à leur rendre visite très régulièrement, pour le plaisir, à aller manger chez eux, leur tondre la pelouse, faire le marché avec eux (depuis mon grd père ressort un peu!), les courses quelques fois...mais ils n'ont pas à composer avec mes humeurs changeantes, ou à s'inquièter de mon état parce que j'étais cernée au réveil ou je ne sais quoi. Maintenant on se voit pour les bons moments, et c'est tout. Je suis là sans peser sur eux. Finalement, notre relation a évolué, dans le bon sens et j'en suis super heureuse. De mon côté j'ai un vrai chez moi dans lequel je me sens bien, qui me ressemble et dasn lequel je peux recevoir qui je veux. Et bien sur, mes grands parents, qui viennent boire le café très souvent. Ma grand mère adore cet appartement, et c'est un plaisir.

 

Si je vous raconte ça...c'est surtout parce que ça a signé le début d"une aventure incroyable, celle de ma vie.

ma Vie devrais-je écrire. Parce que depuis...je ne survis plus. Je Vis.

Si j'ai été absente de ce blog depuis quelques temps, c'st parce que j'étais en train de prendre des forces pour la suite. J'étais en train de découvrir la Vie. En train de renouer avec le plaisir, les instants magiques, le présent. Les plaisirs simples, mais indispensables. Tout ce que je ne voyais plus depuis une dizaine d'années.

 

happiness-balloons.jpg

3 janvier 2014 5 03 /01 /janvier /2014 19:44

Merci d'avoir continué à m'envoyer des e mails,  des pensées,  des commentaires... de là où j'étais ça m'a fait beaucoup de bien. J'ai relu mes derniers écrits,  ça m'a fait mal de voir que je croyais encore à lz sortie alors que je n'ai revu le jour que début septembre...j'ai passé tout l'été là bas.

Ça à été violent. Mais il est vrai j'ai beaucoup appris. Sur moi, mon fonctionnement, mes comportements.J'y suis retournée dans d'autres conditions en novembre jusque debut decembre, je suis un peu navrée davoir laissé cet endroit à l'abandon.  J'espèree y remédier en cette nouvelle année pour y écrire ce qu'on appelle en anglais "recovery". Ma guérison.  

Je vous souhaiteà tous une joyeuse année,  avec des rêves,  des voyages,  du fric,  des projets à réaliser...

♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡

 

EDIT:

Je profite d'avoir un peu de temps pour écrire.

Ca m'a démangée bien des fois d erevenir ici, mais je reprends à peine mon souffle. Déjà l'hospitalisation de cet été me paraît loin, et en même temps si proche. J'en ai chié si vous savez. Encore merci de continuer à penser à moi. Je me suis sentie tellement seule....L'été c'est vraiment quelque chose de diddicile pour moi. Le trouble borderline étant ce qu'il est, lorsque tout le monde part en vacances et me laisse à l'abandon, ça merde sévère.

Être en HDT de surcroît a été le plus difficile, mais ils sont obligés sinon je suis capable de signer une décharge à 2H du mat' juste pour aller me faire une ligne....et me retrouver à la rue avec toutes mes affaires ur le dos. Situation que j'ai déjà connue. J'avais l'air fine tiens, dehors, mon bagage sous le bras, pas de métro (c'est pas Paris ici), pas de caisse, la honte de téléphoner à quelqu'un en pleine nuit parce que j'ai pété mon câble...bref. 

J'ai dû sortir vers debut septembre, à peu près. Je n'ai pas eu de vacances, ne suis pas partie, rien. Ils m'ont relâchée seulement quand ils étaient certains que mes grands parents étaient revenus (je vis chez eux). 

J'ai continué par la suite à faire mes démarches pour monter ma boîte de comm', j'ai pu aller un peu au touquet vers novembre et j'y ai passé un super moment. C'était au top. Vraiment. Putain, je m'en souviendrai longtemps; il faisait un gros temps de merde mais il faisait encore chaud, j'ai couru sous la pluie, la jupe au vent, les bottes dans les flaques, et le rire aux lèvres. C'était bon. Je respirai. J'avais à nouveau de l'air. 

4 Jours après, ma grand mère a fait un infarctus. J'ai alors appris à mes dépens que les personne squi me sont les plus chères au monde sont humaines et pas invincibles. Le fait qu'elle ait frôlé la mort m'a laissé entrevoir la mienne; il était convenu depuis le début que je devais mourir avant tout le monde. J'ai tellement peur de l'abandon que j'ai toujours voulu partir avant les autres pour ne pas vivre ces foutus départs.

Ma psy m'a dit : "Imaginez bien votre petite soeur vous sortir qu'elle décide de mourir avant vous, ça vous fait quoi?"

Vu comme ça, évidemment....

Cet évènement a entraîné foule de questionnements, de reflexions et de retournements de cervelle. J'ai recraqué, je suis repartie droit dans le mur et suis repartie sur le chemin de l'hosto. Petit à petit, j'ai repris confiance en la vie et on m'a laissé faire ce que je voulais la journée pour revenir le soir à l'hopitâl, histoire de me mettre en sécurité quand même et essayer de dormir un peu. Avant que ma grand mère revienne j'avais fini les papiers pour mon entreprise et j'étais pâtronne. 

Elle est revenue. Je me partage entre les courses, l'intendance, la bouffe, l'hopital et le boulot. Mais je m'éclate. J'ai l'impression de servir à quelque chose, enfin. D'avoir une place. Et le boulot me permet de me réaliser....et aussi de faire la nique à pas mal de gens. Ces mêmes gens qui n'auraient pas parier un foutu kopec sur mon compte; me voilà chef d'entreprise dans ce que j'ai toujours voulu faire, et ça marche (: 

Evidemment la plupart de mes soignants me disent qu'il me faut vivre ma vie. Que je ne peux pas me mettre sur l'autel du sacrifice. Et c'est vrai. Mais pour moi c'est toujours plus facile de fuire en avant, de m'occuper de la vie des autres plutôt que la mienne. 

Evidemment beaucoup de choses me manquent dans ma vie à moi. J'aimerais ne plus être seule. J'aimerais qu'on puisse me prendre dans des bras. J'aimerais revoir mes amis. J'aimerais un peu de chaleur. J'aimerais ne plus avoir honte de moi. Avoir un peu confiance en moi. Je viens d'avoir 28 ans. Je me suis pris la claque de ma vie lorsque je fais le bilan. Ca fait 11 ans de psychiatrie. 13 de thérapie et de TCAs.

Mais une chose est sûre...malgré tout, même si je sais que le trouble borderline laisse des séquelles indélébiles....c'est différent à présent. J'ai pris conscience de plein de choses. Je peux anticiper les crises. Les comprendre, après coup. Décrypter.

Le truc c'est qu'on a l'impression que si on connaît les causes, tout va s'arrêter, mais c'est se fourvoyer. Une fois que les comportements sont installés...il faut tout déconstruire. Et ça prend du temps. Mais ça va venir.

Ne pas se décourager. Continuer d'avancer.

  

Published by [AnO]rchiDeA
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6 août 2013 2 06 /08 /août /2013 10:22

Je suis enfin chez moi, j'ai été en permission de vendredi soir à ce matin.

J'ai bien profité des miens et suis contente d'avoir pu me détendre et surtout, voir ce que ça donnait "à l'extérieur". 

Mis à part quelques angoisses...sutout lors du coucher et au lever, où brutalement je fais le bilan de ma vie on sait pas pourquoi...j'avoue que ça s'est plutôt bien passé.

J'espère que ça pèsera dans la balance pour ma sortie prochaine...je suis réévaluée mercredi pour voir si je suis sortante. 

Ces trois semaines ont été super difficiles, mais différentes aussi de d'habitude. D'habitude déjà, j'arrive par les urgences complètement défoncée, sans affaires, en pyjama et je mets trois jours à me rendre compte que j'ai aterri en HP. 

Là, c'est moi qui suis allée au CMP dire que "ça montait" et que c'était un peu, beaucoup, à la folie, le bordel dans ma caboche. Faut dire, j'air ecommencé à consommer, et ça j'avoue que c'est pas la fierté. On m'a encore augmenté la métha (120), mais je sais que pour moi c'est le maxi et qu'on pourra pas monter plus haut, faudra donc penser à descendre bientôt...à vue de nez j'en ai pour 2-3 ans pour arriver à zéro. Enfin si je suis le protocole hein, parce que...2-3 ans sous métha, ça me parait bien long encore. Bref.

L'hospi se passe...je passe de service fermé en service semi-libre puis complètement libre pour repasser en soins fermés...j'en ai vu du service, là, putain, j'ai fait assez fort. De nouvelles cicatrices de guerre, mais...

je sais plus qui m'a posé la question "instructif?mais genre quoi instructif, comme quand t'es à l'école que c'est trop chiant mais que t'apprends qd même?"

Ouais, un peu comme ça. Je veux dire, une hospi c'est jamais super agréable, surtout que dans mon cas je suis en HDT, c'est à dire qu'il m'est impossible de signer une décharge et que je suis enfermée dans ces murs tant que cettte putain d'HDT sera pas levée, et elle risque pas de l'être de si tôt parce que ma mère s'est barrée en vacances. 

Donc je reprends. Je disais, déjà, cette hospi a commencé différemment. J'étais pas plombée par dix mille cachetons. J'ai donc été consciente tout le temps ou presque , sauf quand j'étais en crise, parce que là, Eugénie elle pète les volts et ne répond plus de rien. Mais perdre le contrôle, ça ne m'est arrivé que 3 fois. Bon,j'ai toujours fini en service fermé. Hourra. 

Non, sérieux, quand je dis que j'ai appris...c'est sur moi, sur mon fonctionnement. On m'a contrainte à signer un contrat qui stipulait que si je me faisais le moindre mal, que si je consommais, que si je me strangulais ou que si je m'évadais, je finissais en soins intensifs. 

Ben avec toute al volonté du monde, j'ai pas réussi. C'est trop dur, je tiens pas. C'est comme une putain de drogue les scarifs. Je sais pas ça soulage, ça hurle, on s'exprime, on pisse le sang et on est vivant. J'ai pas trouvé d'autre solution. J'ai essayé d'aller voir les infirmiers, de parler, de pleurer, de hurler si nécessaire, mais rien ne remplace ce truc. Ave toute la volonté du monde j'y arrive pas. Ils ont interdit les canettes dans l'hopital, pour pas qu'on détourne le truc justement. On doit vraiment faire preuve d'inventivité quand on veut céder à la tentation. 

Et ça m'est pénible de l'admettre. Parce que...je fais pas exprès. Sérieux, je fais pas exprès. J'essaye, je le jure. Putain ce que j'essaye. 

Et puis d'autres choses aussi. Que j'ai ecnore de la route à faire; Mais que le changement s'opère déjà. Tout le monde le dit. "Le changement c'est maintenant" mouahahaha. 

Mais ça va venir. Et puis il faut que ma psychiatre référente revienne. Il faut vraiment. Déjà cet aprèm je vois ma psychologue, je suis super contente qu'elle soit revenue, c'est super. 

Priez pour moi mercredi je vous en prie. Il faut que je sorte de là. Tout va bien se passer. ça va aller. 

Après, je pars en vacances, je mets mon corps au soleil, je fais le plein de vitamines, tout ça. 

 

Prenez soin de vous les chatons.

On croise les doigts pour qu emon prochain article soit...jeudi!

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29 juillet 2013 1 29 /07 /juillet /2013 07:01

Je suis toujous hospitalisée aux unites psychiatriques de tourcoing...disons qu'apres etre passee par lintensifs puos le service jouxtant avec je me tiens pas mal au careau. Je ne crois pas avoir vecu d'hospi aussi, soyons clairs, aussi violente mais aussi instructive. Je suis passee par le servoce de crise, la psy G , le service fermé...et enfin celui ci, assez casse gueule; au moindre derapage je repars aux soins intensifs. C'est un peu la carotte vous me direz, le chantage médical...mais peut etre est il temps de me sauver enfin. 

Au fait ça y est je degonfle enfin...le risperdal plus jamais. G un nouveau medoc maintenant on attend de voir. 

 

Je vous ecris des que je peux, avec le tel.c pas facile ;)

Prenez soin de vous. Vraiment je veux dire.

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23 juillet 2013 2 23 /07 /juillet /2013 04:57

j'ai decidé de me faire hospitaliser mais ça tourne pas vraiment comme je l'avais revé. j'ai beaucoup de mal a écrire ici alors ceux quo voudraient correspondre une adresse est a votre disposition dans la colonne de gauche. ici je ne vpus cache pas ce'est tres dur mais ça va jsuis robuste, meme pas peur!! 

gros baisers a vous soyez heureux et profitez de la.librté...sentir le vent sur ses joues, le soleil, l'herbe sur ls pieds...a bientot pour de nouvelles aventures!!!

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13 juillet 2013 6 13 /07 /juillet /2013 11:50

J'ai recommencé. J'ai pris mon stock de médoc..l'ai sous-pesé, compté, et avalé. D'un coup d'un seul, ma main était vide. Je me suis trainée à mon RDV, je me demande encore comment j'ai fait pour prendre le bus 1/2 heure. 

J'ai en mémoire mes supplications pour ne pas que ma psychomotricienne appelle ma psychiatre. Eviter l'hopital. A tout prix. Je crois que ça a duré longtemps. J'en avais des arguments. Elle a rien lâché. Dix minutes après, tout le monde était au courant. Et j'ai perdu connaissance. Pour me retrouver branchée de partout. 

Bordel, j'aurais tout fait pour éviter d'être là. J'ai voulu mentir, dire que mes parents étaient en vacances, que personne n'était là, mais mes parents étaient déjà prévenus. Putain j'ai 27 piges et on va toujours prévenir mes parents alors???

J'ai peur. Si peur. J'ia peur de demain. De ce que je vais devenir avec tout ce vide en moi. Alors que tout le monde se réjouit de ma "guérison". Tout mon monde s'écroule. Tout ce que j'ai construit autour de l'autodestruction. Peut être que c'est ça la vie? J'ai tellement peur de devenir fade. Tellement.

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29 juin 2013 6 29 /06 /juin /2013 15:48

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Plusieurs d'entre vous, ici et ailleurs, m'ont envoyé des mots hyper sympas. Encourageants, doux, tendres. Sincères. Je me suis demandé quel rôle je jouais pour vous.  Pour certains je suis un soutien, pour d'autres un espoir, ou encore un "semblable". Quelqu'un qui rassure, parce qu'on se sent moins seul. Peu importe au fond...mais ça m'a rappelé tous les bons moments que j'ai pu passer sur ce blog. De son commencement...à aujourd'hui. 

J'ai voulu faire une pause, il y a quelques temps. Pour évoluer, montrer autre chose. Arrêter de compulser les mots sombres. Je voulais redonner de l'élan, écrire des couleurs.

La vérité, c'est que...j'ai vécu autre chose, j'ai grandi, un peu, peut être. Mais ça me manque beaucoup. Vraiment beaucoup. Alors...quand j'ai lu vos propres mots, me demander quand j'allais réécrire, ce que je devenais...il n'en fallait pas plus pour me convaincre de revenir. 

J'ai lu en diagonale mon dernier article; Mars. Mars...j'étais en Rehab. En fait, je réalise que cet hiver, putain, j'ai vraiment fait fort. Deux centre de désintox, passages divers aux urgences, quelques peripéties en psychiatrie...ouais, on peut pas dire que c'était très commode. 

Je ne me souviens pas de grand chose. J'ai quelques cicatrices en plus, et un nouveau traitement. (Que j'ai déjà arrêté).Je me souviens de ma dernière cure, à la Mitterie.(NOrd). C'est vraiment un centre que je recommande, et certainement le meilleur que j'ai pu faire. Bon, c'est privé et j'ai pas l'habitude de me sacrifier pour payer mes soins...mais ça en valait le coup. J'ai pas recraqué sur l'héro depuis. Pour les benzos...c'est autre chose...mais j'ai diminué quand même. J'étais arrivé à prendre 16 valiums par jour. Et contrainte de continuer, car si je baissais la dose d'un coup, je pouvais me retrouver à convulser à n'importe quel moment. Il va de soi que ça n'était pas vraiment dans mes objectifs, moi qui cauchemarde rien qu'en imaginant que mes employeurs découvriraient le pot aux roses. Alors...entre l'héro et les benzos...on m'a fortement recommandé la Rehab. Et dire no no no, j'aurais pu, mais je crois pas que j'aurais tenu très longtemps ce rythme. J'aurais sûrement fini par perdre un os, être interdit bancaire, au chômage, ou virée de chez mes grands parents...un avenir sympa en somme. J'ai donc dit oui, docilement. Il faut vous dire que j'apprends à assurer mes arrières maintenant. Accessoirement à prendre soin de moi. (Quelle nouveauté!).Et puis j'en avais marre. 

J'ai testé plein de trucs, fait à peu près le tour de tous les produits qu'on peut prendre.L'alcool, les anxyolitiques,les antidépresseurs, les anti psychotiques, les somnifères, l'héro, l'herbe, les compulsions diverses (achats, bouffe), les scarifications, l'ecsta, le speed, la codéine...j'en oublie certainement. Mais maintenant, si je fais la liste de ce qui marche en vrai, la liste est VRAIMENT moins longue. Pour ne pas dire nulle. J'en conclus que ça n'est pas en remplissant mon vide par tout ce qui me passe sous le nez que je vais changer les choses. Je dis pas, ça peut aider, sur le coup. 

Mais les cachetons, ça n'a rien de magique. Et c'est pas en en prenant 4X plus, que je vais "guérir" 4X plus vite. C'est même le contraire en fait. 

Après ma cure...je me suis donc découvert une nouvelle lubie : tout arrêter. Devenir clean de tout. 

Je dois vous faire une confidence, malgré tout. Ca, je l'ai découvert à mon insu il y a quelques semaines. J'ai tellement honte que je voulais pas en parler. Mais ça fait tellement de dégâts que je dois le dire, au cas où certain(e)s d'entre vous en prendraient.

Pour contrer mes délires névrosés, stopper la

déferlante morbide de ces derniers mois, bref, anéantir mon côté décérébré, on m'a mise sous risperdal. En injection. Comme ça, on me pique et on est certain que je l'ai pris correctement. 

 Ensuite, comme j'en supportais pas vraiment les effets secondaires (j'étais devenue aussi vive qu'une aubergine), on m'a mise sous le génial Xéplion. Même vertus, même fonction, mais en mieux question effets secondaires. SAUF. Sauf que j'ai pris une dizaine de kilos bonus, par la suite. Une envie de gerber constante, un sommeil de merde (je pensais pas que je pouvais faire pire, niveau insomnie, mais si), ma créativité envolée. Mais les kilos, ça, c'est ce qui pèse le plus lourd (sans mauvais jeu de mots) dans la balance du CONTRE. J'ai pété un câble. Quand j'ai fait avouer à ma psychiatre, j'ai eu envie de la massacrer. Plein de fois, j'ai posé la question, j'ai tendu des perches. Mais on me disait toujours que je me faisais des idées, que c'était le début, que ça se calmerait, que et que ...MAIS NON. Je me suis sentie trahie, moi qui leur faisais aveuglément confiance. Je me sens énorme. Grasse. Lourde. Je ne m'étais pas sentie comme ça depuis des siècles. J'ai un poids "normal". Je ne rentre plus dans mon 32, mais dans un bon 36. J'ai du racheter des fringues. On m'a conseillé d'aller voir une diet' face à mes lamentations, mais j'ai pris ça comme une agression; on va quand même pas m'apprendre comment maigrir, à MOI!? Autant vous dire que ça m'a légèrement influencée dans ma quête du "clean". J'ai tout arrêté. Bonne idée, mauvaise idée, j'en ai rien à carrer. C'est fait. 

Je dois faire un choix que je ne pensais jamais devoir faire. Je ne me pensais pas aussi "malade" en réalité. J'ai crié sur tous les toits que c'était de la connerie de me demander de choisir entre me haïr parce que je me sens dégueulasse, ou me sentir mal parce que je ploie sous l'angoisse, la rechute, l'hosto. C'est ça la vie? MA vie? Me sentir mal ou me sentir mal? Comment choisir?

Mais voilà la réalité. C'est qu'on m'a mis dans les mains un traitement possible, qui a fait ses preuves. (Depuis mars, j'ai pu me passer de RDV médicaux,je n'ai pas été une seule fois à l'hosto, je n'ai pas éprouvé ni le besoin de me scarifier, ni celui de m'empiffrer de cachetons), et qui a nombre d'avantages. Je suis stable. De l'autre côté...il y a tout le reste. Mes angoisses massives, la bouffe, le vide, le dégoût, tout ou rien, la drogue...mais c'est moi. Tout ça, oui, tout ça c'est moi. Et que oui, j'ai la responsabilité de ce choix. Avoir "quelques" kilos de plus, ce qui pour certain(e)s n'est que futilité, mais pas pour moi (dois-je rappeler ici mes 11 années d'anorexie?),ou, peut être, rechuter. C'est ça l'envers du décor. 

Ça fait 6 mois que je suis sous Xéplion. Et pendant ce temps là, j'ai pu me retrouver, m'apaiser. Il m'a permis d'évoluer. Je ne sais pas si c'est grâce à lui ou à moi. Peut être aux deux. Alors...j'ai envie de croire, même un petit peu...que si j'arrête aujourd'hui, peut être que je ne rechuterai pas?

Pourquoi se dire qu'obligatoirement il y aura rechute? Pourquoi être tout le temps sur le qui vive, au moindre signe, la moindre alerte? Est ce qu'en l'attendant, même inconsciemment, je ne vais pas la provoquer?

Pourquoi ne pas plutôt vivre l'instant présent, et carpe diem?

De toutes manières, il m'apparaît clairement que ma décision est prise. Quitte à m'y remettre...cette fois ci en connaissances de cause. Une fois que j'aurai fondu. L'été sera pour moi, vous l'aurez compris...synonyme de la chasse aux kilos. Remarque, je vais pas être dépaysée! Moi qui croyais que ça m'arriverait jamais, je m'aperçois que rien n'est jamais acquis dans la vie. 

Dire que pour me consoler ma psychiatre m'a sorti "bah voilà, maintenant vous êtes comme la majorité des femmes : Vous êtes au régime!"

Connasse! Comme si ça allait me consoler! Me fondre dans la norme, quoi de plus cauchemardesque??? On n'est pas sur la même longueur d'ondes; je me fous des canons esthétiques. Ce que je veux, ce sont des sensations. La légereté. Sentir mon corps vivant. Et non pas cette mollesse. Je ne suis pas prête à "garder" ce poids dit normal. C'est comme si on m'avait farcie comme une dinde, à mon insu, sans que je ne puisse rien contrôler...Si j'ai jamais accepté la sonde, il y a une raison simple : Je ne suis pas prête à faire passer de la nourriture dans mon corps sans que je ne puisse rien maîtriser. Celles qui le font, je les admire. Il y a aussi celles qui n'ont pas le choix. Heureusement pour moi, il est arrivé qu'un médecin évoque cette solution, sans toutefois m'obliger à abdiquer. Mes parents m'ont toujours demandé mon avis. Cependant, si à une période la question vitale était engagée, j'ai réussi à "mettre les bouchée doubles" pour que ça ne soit plus le cas. C'était périlleux, douloureux, mais c'était la seule manière d'oublier la sonde. Depuis, si je flirte avec les limites, je ne flirte plus avec la mort. Vous me direz qu'il y a toujours une part de risque dans le domaine; un jour je n'en aurai peut être plus la "nécessité". Pour l'instant je suis réaliste et ce n'est pas le cas. C'est comme ça. Je n'en suis pas triste, ni amère. Chacun son chemin. Un jour je ne serai plus au régime. 

      Ce n'est pas qu'une question de poids. C'est bien plus que ça. Cela engage aussi la manière d'être, de se percevoir, la manière d'aborder la vie, le regard que l'on a sur soi même, et le social : je ne peux pas dire que je sois très ouverte sur les autres quand je me sens moche. 

En réalité, je crois que j'ai voulu, tout d'un coup, changer du tout au tout. Je n'en pouvais plus d'être moi, je voulais être une autre. Parce que je rejettais tout ce que ça représentait en bloc. Mon identité n'est certe pas QUE la maladie mais...j'avais du mal à en voir les autres aspects. Aujourd'hui, je suis plus dans l'acceptation; si je suis malade je vaincrai, mais à mon rythme. 

Cessez de vouloir gommer qui vous êtes. Apprivoisez vous, juste. Je me suis déclarée la guerre en voulant tout, tout de suite. J'ai grillé les étapes, et me suis tuée. Aujourd'hui je ne sais plus qui je suis, j'ai gommé tout ce qui me rendait unique. Au delà d'avoir un poids normal...j'ai l'impression horrible d'être une personne normale.

Alors, aussi bizarre que cela puisse paraître...je vais repartir en arrière. Je ne peux pas dire que je n'aurais pas essayé. Et j'aurai appris, en chemin, que même si je suis borderline, même si je suis anorexique, même si je suis une angoissée de la vie pas très équilibrée...je m'aperçois que je m'aime mieux comme ça que normale.

 

 

[Normal(e), adj Conforme à la normeHabituel. ]

 

 

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25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 11:22

Le mois de mars , c'est dur. C'est des scarifications plus profondes, des points du suture sur les plaies du coeur, de la mémoire. Pendant des années je me suis demandée pour quoi, chaque année, au mois de mars je me retrouvais aux urgences, à l'hopital, en HP. 

Mais si ma tête ne se souvient pas, ou plutôt ne veut pas se souvenir, mon corps, lui, se souvient sensation par sensation ce qui s'est passé ce mois là. Mon viol. Un jour de printemps. Un jour où les oiseaux chantaient. Un jour où je partais tranquillement, gaiement en vacances à la mer, rejoindre les miens déjà sur place. Destination le Touquet. Oh, j'y suis arrivée. C'est juste....entre le départ et l'arrivée que ça a merdé. Aucun putain de témoin, aucun autre voyageur pour stopper l'animal. Ce connard en rut. Personne. Crier? Pour quoi faire? Me débattre? Pour risquer ma vie? J'ai rien pu faire, et de toutes manières, j'ai même pas pensé à me débattre, je voulais que ça aille vite, vite, vite. Qu'il en ait fini, qu'on passe à autre chose. J'ai même pas senti ses coups de pieds dans mon bide. Le ma était ailleurs. Le mal était déjà fait, j'étais anesthésiée par la douleur. 

Le mois de mars, pour moi c'est ça.

 

Heureusement, toutefois, je suis en cure de désintox, et les infirmiers là bas sont géniaux. J'avance, j'ai plus que deux semaines à faire, mais c'est intéressant, et les 400€ que ça m'a couté valaient le coup. Vraiment. J'espère que ça va marcher, que retomberai plus dans l'auto médication, c'est l'un des sevrages les plus difficles (les benzodiazpines) , mais pour l'instant le pus gros est fat et ça va. J'ai trouvé ma place ici, j'ai rencontré des gens top, de tous milieux sociaux, de tout ages, de tout horizons,  et ça fait du bien de voir du nouveau monde aussi. C'est pas trash, c'est pas glauque, c'est pas sordide, bref, rien de ce que j'ai pu connaitre à roubaix en novembre dernier. Allélujah!!!

 

 

 

Je vous souhaite à tous une excellente semaine sur ces belles paroles et vous embrasse bien fort.

Si vous voulez suivre ma route: http://instagram.com/artistikstella

 

 

 

 

 

 

 

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*anorchidea*

  • : [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • : Le pardon ne pouvant s'envisager, seule une vengeance violente, une décharge de tout ce qu'il y a de mauvais, malsain, au plus profond du subconscient, pourrait permettre de ne plus penser aux noirs souvenirs qui gangrènent ma chair me rendant chaque jours un peu plus malade. Mes pieds s'enlisent, mon esprit les suit. Je me perds. L'anorexie fait partie de ma vie depuis trop lontemps.
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