Dimanche 11 mai 2008
J'ai réussi à aller sur Lille pour aller voir mes amis.
Cela ne parait rien mais, j'ai réussi à enchaîner un Auchan le matin (pour moi, y aller un samedi tient du suicide, dépourvue de patience face aux bouchons en plein milieu des rayons, puis toute cette masse de gens que je ne peux pas contrôler me fout en l'air), et à prendre le métro pour aller jusque Lille. Affronter la foule, me frayer un chemin parmi ces gens qui me paraissent d'une molesse incroyable. C'est insupportable.
Je ne les avais pas vu depuis bien longtemps, trop longtemps.
J'ai eu plaisir à les écouter, prendre de leurs nouvelles, connaitre leurs projets.
Les embrasser. Me sentir bien avec eux.
Je les aime. Beaucoup. Ils sont en moi tout le temps. Je parle des vrais amis, ceux qui ne vous lâchent pas, ceux sur qui l'on peut compter dans n'importe quelle situation, ceux que l'on a eu l'impression de quitter la veille alors que ça fait 3 mois qu'on ne les a pas vu. Ceux qui vous entourent et vous aiment pour ce que vous êtes. Ceux qui ne jugent pas. Je pourrais écrire des lignes et des lignes. Ils sont uniques, je les vois peu mais si je les perdais j'en serais malade, amputée d'une partie de moi même. Ce sont ceux qui ont persisté à me sortir de l'obscurité alors que je ne répondais plus au téléphone. Jamais ils n'ont abandonné.
En terrasse, le soleil frôlant nos épidermes, nous nous sommes racontés.
On s'est organisé des vacances...je pars avec eux :D
Une semaine en montagne, où l'on a déja fait une [super] premiére expérience, puis une autre en camping, dans le sud. J'ai été ravie de leur invitation...puis touchée aussi. C'est con, mais les entendre me dire "on a pensé à toi...si tu voulais nous accompagner ce serait super..." ça m'a foutu un coup. Etincelles dans les yeux. Coeur palpite. Trop vite, mais tant pis.
Maintenant, va falloir trouver des sous. Arrêter mon traitement pour pouvoir prendre le soleil,ce qui n'est pas gagné...Aller mieux pour obtenir une permission de 15 jours, ce qui n'est pas gagné non plus...quant à ma préparation psychologique à me foutre en maillot de bain sur une plage...y a du boulot...et c'est rien de le dire.
Dans ma tête je me suis déja dit ok, "ce sera abdos plus footing tous les jours". Je ne ferai pas de commentaires sur l'absurdité de ces pensées, le pire étant que je ne me suis pas tout de suite rendue compte que ces propos relevaient du pathologique. Et que ce sont les premières pensées qui m'ont traversé l'esprit, avant de me demander comment j'allais faire pour pouvoir y aller financièrement, puis pour obtenir cette permission.
Au post-cure on m'a dirigée vers le service de psychiatrie adulte à l'hopitâl St Vincent de Paul à Lille qui pourrait me prendre en charge pour les TCAs.
Mais je sature, et n'aspire qu'à ma sortie définitive. La balle est dans mon camp...mais je ne sais pas si j'aurais encore la force d'y aller et de me battre contre des démons qui ne disparaitront jamais complètement. Je ne sais pas.
Je ne sais plus, je ne supporte plus de cotoyer des gens malades, je ne supporte plus cette odeur d'hopital, le traitement, les activités thérapeutiques, les entretiens...puis le dernier RDV m'a refroidie. Je me suis remise en question; est-ce que c'est l'équipe médicale du foyer post-cure où je me trouve qui dramatise ou est-ce que le médecin que j'ai vu au centre banalise?
Est-ce que, finalement, mon IMC actuel [13.94] , n'est pas si bas que ça par rapport à ce qu'ils voient à longueur de journées? Je ne me rends pas compte, je n'ai pas d'avis objectif, je n'arrive pas à me situer. Puis quand mon entourage me dit que je suis maigre je n'y crois pas. Alors quand l'autre médecin m'a clairement dit que ce n'était pas alarmant je me suis dit qu'il avait peut être raison. Après tout c'est sa spécialité, lui, il sait.
Je commence une thérapie familiale le 28 mai.
Je suis morte de trouille.
Réunir mes parents.
Je sais que ça les emmerde, de devoir se voir, de devoir débattre à propos de sujets conflictuels. Je ne me sens pas très à l'aise vis à vis d'eux de leur imposer ça.
Il faut que je dorme.
Je n'en peux plus.
700 grammes en moins.
Cela ne parait rien mais, j'ai réussi à enchaîner un Auchan le matin (pour moi, y aller un samedi tient du suicide, dépourvue de patience face aux bouchons en plein milieu des rayons, puis toute cette masse de gens que je ne peux pas contrôler me fout en l'air), et à prendre le métro pour aller jusque Lille. Affronter la foule, me frayer un chemin parmi ces gens qui me paraissent d'une molesse incroyable. C'est insupportable.
Je ne les avais pas vu depuis bien longtemps, trop longtemps.
J'ai eu plaisir à les écouter, prendre de leurs nouvelles, connaitre leurs projets.
Les embrasser. Me sentir bien avec eux.
Je les aime. Beaucoup. Ils sont en moi tout le temps. Je parle des vrais amis, ceux qui ne vous lâchent pas, ceux sur qui l'on peut compter dans n'importe quelle situation, ceux que l'on a eu l'impression de quitter la veille alors que ça fait 3 mois qu'on ne les a pas vu. Ceux qui vous entourent et vous aiment pour ce que vous êtes. Ceux qui ne jugent pas. Je pourrais écrire des lignes et des lignes. Ils sont uniques, je les vois peu mais si je les perdais j'en serais malade, amputée d'une partie de moi même. Ce sont ceux qui ont persisté à me sortir de l'obscurité alors que je ne répondais plus au téléphone. Jamais ils n'ont abandonné.
En terrasse, le soleil frôlant nos épidermes, nous nous sommes racontés.
On s'est organisé des vacances...je pars avec eux :D
Une semaine en montagne, où l'on a déja fait une [super] premiére expérience, puis une autre en camping, dans le sud. J'ai été ravie de leur invitation...puis touchée aussi. C'est con, mais les entendre me dire "on a pensé à toi...si tu voulais nous accompagner ce serait super..." ça m'a foutu un coup. Etincelles dans les yeux. Coeur palpite. Trop vite, mais tant pis.
Maintenant, va falloir trouver des sous. Arrêter mon traitement pour pouvoir prendre le soleil,ce qui n'est pas gagné...Aller mieux pour obtenir une permission de 15 jours, ce qui n'est pas gagné non plus...quant à ma préparation psychologique à me foutre en maillot de bain sur une plage...y a du boulot...et c'est rien de le dire.
Dans ma tête je me suis déja dit ok, "ce sera abdos plus footing tous les jours". Je ne ferai pas de commentaires sur l'absurdité de ces pensées, le pire étant que je ne me suis pas tout de suite rendue compte que ces propos relevaient du pathologique. Et que ce sont les premières pensées qui m'ont traversé l'esprit, avant de me demander comment j'allais faire pour pouvoir y aller financièrement, puis pour obtenir cette permission.
Au post-cure on m'a dirigée vers le service de psychiatrie adulte à l'hopitâl St Vincent de Paul à Lille qui pourrait me prendre en charge pour les TCAs.
Mais je sature, et n'aspire qu'à ma sortie définitive. La balle est dans mon camp...mais je ne sais pas si j'aurais encore la force d'y aller et de me battre contre des démons qui ne disparaitront jamais complètement. Je ne sais pas.
Je ne sais plus, je ne supporte plus de cotoyer des gens malades, je ne supporte plus cette odeur d'hopital, le traitement, les activités thérapeutiques, les entretiens...puis le dernier RDV m'a refroidie. Je me suis remise en question; est-ce que c'est l'équipe médicale du foyer post-cure où je me trouve qui dramatise ou est-ce que le médecin que j'ai vu au centre banalise?
Est-ce que, finalement, mon IMC actuel [13.94] , n'est pas si bas que ça par rapport à ce qu'ils voient à longueur de journées? Je ne me rends pas compte, je n'ai pas d'avis objectif, je n'arrive pas à me situer. Puis quand mon entourage me dit que je suis maigre je n'y crois pas. Alors quand l'autre médecin m'a clairement dit que ce n'était pas alarmant je me suis dit qu'il avait peut être raison. Après tout c'est sa spécialité, lui, il sait.
Je commence une thérapie familiale le 28 mai.
Je suis morte de trouille.
Réunir mes parents.
Je sais que ça les emmerde, de devoir se voir, de devoir débattre à propos de sujets conflictuels. Je ne me sens pas très à l'aise vis à vis d'eux de leur imposer ça.
Il faut que je dorme.
Je n'en peux plus.
700 grammes en moins.
par [AnO]rchiDeA
publié dans :
L'[OR]chideé Sans [l'ANo]]
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