*Anorchidea*

  • : [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • : 13/03/2006
  • : santé vie societé anorexie boulimie Vie perso / Journal intime
  • : Le pardon ne pouvant s'envisager, seule une vengeance violente, une décharge de tout ce qu'il y a de mauvais, malsain, au plus profond du subconscient, pourrait permettre de ne plus penser aux noirs souvenirs qui gangrènent ma chair me rendant chaque jours un peu plus malade. Mes pieds s'enlisent, mon esprit les suit. Je me perds. L'anorexie fait partie de ma vie depuis trop lontemps.
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Le défi-laid.

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on court aprés...

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Mardi 24 avril 2012 2 24 /04 /Avr /2012 22:28

...et finalement est-ce vraiment important, je n'arrive plus vraiment à écrire ici.

Je suis en (re)construction et ça marche plutôt bien à Berlaimont même si mon moral fait des pics en bas ou en haut, au choix, mais j'avoue que la méthode post-cure fait son chemin. J'abuse du sport encore et encore, jusqu'à m'en faire péter les articulations, peut être. Mais ça me permet de faire un compromis avec la bouffe, de sculpter mon corps comme je l'ai rêvé (même si ça n'arrive pas comme "ça", on ne "voit" pas son corps tout d'un coup alors qu'on a fait un délire de grosse dessus depuis des lustres; mais, j'aperçois, certes, de loin, mes cuisses se tonifier, mes fesses me faire de l'oeil, et mes petits bras prendre du galon, alors...), et surtout, quand je suis seule en salle de muscu, que l'angoisse me submerge, je peux hurler, geindre, me vautrer, personne n'entendra. Et moi j'aurai gerbé ma souffrance sans que je m'assassine les bras la poitrine ou que sais-je. 

Avec les années je suis passée maître dans la lacération des chairs, j'ai étudié le derme sous toutes ses coutures et ma peau n'en a été que la pauvre éxpérience. Et quand je regarde, encore une fois avec un oeil nouveau, plus empathique, j'ai envie de dire, merde, plus jamais...plus jamais tu t'abîmes comme ça, plus jamais. 

J'ai aussi un amoureux, avec qui je suis en totale confiance, qui peut me toucher, me caresser, m'aimer, sans que je me mette en boule de pleurs, animal agonisant de craintes, de doutes, de honte, et de peur, surtout. Peur de contaminer l'autre de ma "saleté", mais peut être peur aussi...de prendre du plaisir. N'ayons pas peur des mots. Me faire du bien, me faire plaisir, dans nimporte quel domaine, reste tellement difficile. Alors celui du sexe mon Dieu.

Je ne m'étalerai pas sur ce point là, mais j'ai quand même envie de placer, à tous(tes) celles et ceux qui ont été victime d'agressions sexuelle, on a un avenir. On a le droit. C'est possible. Laissez vous le droit.

 

Peut être que je prends ma vie à deux mains. Peut être que j'ai décidé, enfin de la cueillir. 

J'ai envie de sourire. Pour rien et pour tout. D'explorer. D'ouvrir ma cage. Par instinct de survie peut être, je n'ai jamais avalé la clé. J'ai toujours eu envie d'y croire. Peut être que c'est maintenant. Peut être que la guérison n'est pas de prendre 10 kilos qui manquent, mais d'accepter son passé, ses fêlures, et son être. Avec ses faiblesses et ses points forts. S'accepter. S'apprivoiser pour mieux se connaître. Ne plus se cacher derrière le noir de ma garde robe, l'eye liner étalé au couteau ou mes T-shirts XXl sur un corps XXS. Juste, être moi, simplement. 

 

RDV sur mon tumblr, Artistik*Stella. Parce que j'existe autrement, aussi.

 

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Par [AnO]rchiDeA
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Samedi 7 avril 2012 6 07 /04 /Avr /2012 14:01

...à toutes celles et ceux qui m'ont écrit. Je lis chaque mot avec beaucoup de plaisir et et tente de répondre le plus sincèrement possible.

Vraiment... je ne pensais pas que les frontières seraient dépassées.

J'y suis pour au moins 3 mois encore...je viens de récupérer mon ordi, qui s'était noyé dans un mug de café (je l'ai aidé, c'est vrai), et je vais donc pouvoir a nouveau écrire par ici ;)

Beaucoup de choses changent, j'évolue, pas toujours dans le bon sens , beaucoup dans le questionnement, et puis malgré tout j'y arrive.

A tous mes détracteurs, allez vous faire foutre. Vraiment.

Mon parcours est peut être atypique, peut être qu'il traîne dans les longueurs à cause d'un diagnostic qui n'a pas été posé tout de suite, et qui, malheureusement est assez  malmené et mal connu pour le moment, mais peu importe. Toutes ces années, je les ai portées, les ai supportées, et suis encore debout. Je sais ce que je vaux, je sais où je vais, et je sais ce que je fais.

Donc, à tout ceux qui pensent qu'on fait je ne sais quoi, ou qu'on se morfond par plaisir, allez vous faire foutre. 

 

C'est tout ce que j'avais à dire.

 

 

 

Par [AnO]rchiDeA
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Mercredi 21 mars 2012 3 21 /03 /Mars /2012 13:35

 * News aussi, d'un autre genre sur http://artistik-stella.tumblr.com/

 

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Par [AnO]rchiDeA - Publié dans : L'[OR]chideé Sans [l'ANo]]
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Samedi 17 mars 2012 6 17 /03 /Mars /2012 03:20

 

 

 

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Bonjour à vous tous...

Je suis toujours hospitalisée au centre Robert SChuman, à Berlaimont, et y suis très bien lottie. Activités diversifiées, infirmières agréables, une psy avec qui àa passe. En revanche, il y a aussi ce réglement intérieur contre lequel je me bats pour ne pas le défier, et me mettre les limites toutes seules, ce qui est déjà un exercice périlleux. 

Moi qui revenaient de toucher le fond avec ma pote l'héro, coco and co, il a fallu que j'arrête tout d'un coup et c'est âs facile tous les jours.

 

Ensuite, évidemment, j'y ai trouvé...un compagnon de plus, avec qui je suis bien mais...je ne sais plus faire la distinction entre l'aventure qui dure et l'amourette de passage depuis ma mésaventure avec Julien. Et puis je suis toujours aussi bloquée, et puis en décembre il y a eu un autre ex qui m'a fait énormément de mal, et j'avoue que j'aimerais parfois envoyer ce faire foutre cet autre homme comme j'aimerais aussi l'étreindre, un peu compliqué. 

 

Et surtout, on sait tous qu'il est fortement déconseillé d'avoir une relation avec un autre patient. Et puis ici, c'est pas les petites pathologies hein, c'est schizophrénie and co, même si la clinique n'accepte que les personnes stabilisées...on se trouve quand même en milieu protégé, que va-t-il en être quand on en sortira?

Lui me parait si solide, à la fois morcelé mais dur, determiné, son regard dans le mien me fait parfois peur, tant il est sur d'avoir trouvé le diamant qu'il recherchait depuis toujours /en l'occurance moi/, sauf que moi  je sais pertinament, et je m'en veux d'être aussi faaliste, que cette hospi ne sera pas la dernière.

Alors, je me laisse aller à vivre au jour le jour, je me suis remise aus sport intensément...............

 

 

.......et conrtôler ma bouffe. Au moins ça. Controler UN truc. Je vous rasssure, l'IMC reste correct 

ce qui me chagrine en même temps que cela me sauve de l'exclusion du centre, mais surtout de l'échec de l'objectif que je m'étais promis d'atteindre; sortir, oui, mais vivante.

 

 

 

Je suis sacrément génée de ne pas vous répondre à vous tous, qui venez grapiller les quelques nouvelles que je donne, alors que ça me touche tellement...je n'ai pas beaucoup de temps, sauf peut être demain. Je vous aime.

Un grand MERCI.

Par [AnO]rchiDeA - Publié dans : Don't worry life is easy
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Dimanche 11 mars 2012 7 11 /03 /Mars /2012 13:52

Faut dire que j'ai eu une sale période. 

J'ai passé mon anniversaire à l'hosto, puis noel, puis le nouvel an aussi, pour voir ce que ça faisait. de bouffer dans des barquettes pendant que les autres sont entre eux, au chaud. Quoi que, j'y ai bien trouvé mon compte, j'ai horreur de ces fêtes. Seulement, j'aurais aimé que pour mon anniversaire, ils lévent la case visites interdites. 

Ce qu'ils ne comprennent pas c'est que plus je suis frustrée plus je suis violente, plus je me bourre de coup, de griffes, roulée en boule, en manque, en manque de tout, de chaleur humaine, de blanche, de tout. Le froid dans les os et les muscles crispés j'ai mordu plus d'une fois mon oreiller pour hurler en silence, en chienne vaincue.

 

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Je suis sortie mi février je crois. Je ne sais plus trop. J'ai fait des démarches pour aller en post cure, non pas pour me sevrer, le sevrage se fait de lui même, vu le coin paumé où je me trouve à présent, mais pour arrêter la casse, les scarifs, reprendre contact avec moi et trouver des solutions. Des solutions pour arrêter de vouloir me buter toutes les trois minutes. Arrêter de construire des scénarios perfectibles de mort. Entre mon entrée ici, au post cure, et ma sortie à l'hosto, j'ai peint, j'ai peint comme une tarée, parce qu'il fallait que ça sorte, que je la gerbe cette rage, j'ai fait une boulimie de carnets, de pages noircies, d'acrylique et de magazines lacérés. Il fallait. 

Et puis je suis partie. J'ai été acceptée au centre Robert Schuman, à Berlaimont. Autant vous dire que je me trouve dans le trou du cul du monde. Peu importe. Il fallait que je m'éloigne. Mauvaises fréquentations. Prendre l'air. Me remettre au sport, ce que je fais avec dévouement.  Faire des photos, dessiner, faire des rencontres. D'autres âmes n peine, toutes décidées à remonter la pente. 

J'ai décidé que je me laisserai pas faire par un état limite de merde. Alors...P1020814.JPG

 

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et tout est bien qui finit bien hahahaha!

 

 

A tous ceux qui se sont inquietés. Merci. Je veux dire....merci d'avoir continué à penser à moi, et de ne pas avoir simplement fermé la denêtre en voyant qu'il n'y avait pas de  news. Cette hospi a été dure, pas plus que la dernière, celle de cet été, mais différentente, plus acide, plus...terrifiante. Plus dure. Pas de droit de visites. Contentions, courrier surveillé, communications téléphoniques contrôlées. Je pense que mon corps s'en souvient encore. Les marques. Témoins. J'ai pas forcément envie de développer....juste, aujourd'hui, je fais ma route dans cette nouvelle clinique et on verra pour le reste. Mes troubles de la personalité se sont amplifiés, peut être qu'eux, spécialisés dans ce type de "pathologies" sauront m'aider.

J'essaierai de reprendre régulièrement mon blog. J'ai le net ici ;)

 

Je vous embrasse tous du fond de mon coeur; sincèrement.

Et encore Merci. Merci merci merci.

 

 

Par [AnO]rchiDeA - Publié dans : Don't worry life is easy
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Jeudi 24 novembre 2011 4 24 /11 /Nov /2011 22:06

La vie va. J'engloutis les tonnes de boulot, et en même temps j'y trouve mon compte.  L'intensité du temps qui court, l'urgence de la création dans un délai trop court, et voler quelques minutes. Trifouiller dans les vieux carnets. Pleurer un coup, mais sourire aussi, parce que par cette lecture, j'apprends, et me vois grandie de cette histoire que je hais parfois, dont je suis fière d'autres fois. Je suis debout. Vivante, là, maintenant. Comme une furie. En pleine cavale. Certains diront que je me fuis pour m'abandonner à nouveau, peut être bien. N'empêche que là, tout de suite, j'ai bien envie de m'en foutre. Et de continuer à courir sans jamais me retourner.

Il y a une phrase qui m'a percutée, comme une évidence qui m'a arraché les larmes de la trouille, les larmes de la peur du noir, mais surtout du vide, tout à coup. La peur de devoir devenir grande, dans un monde dans lequel je me sens seule au milieu de la foule, en décalge de la vie, en décalage de la leur, dans l'abandon de mon être, je m'évade dans des sphères invisibles, ni morte ni vivante, en flottement perpetuél. Jamais là mais pas ailleurs non plus. Suspension. Craindre la chute fatale, mais l'envier aussi. Peut être parce que je n'ai pas le courage de hurler moi même, d'exploser, de devoir faire du mal pour m'alléger enfin, je fantasme la chute du corps, pretexte quelconque au dialogue qui enfin me libererait. Après tout, n'ai je pas voulu qu'il fasse usage de la parole en disparaissant de la sorte, n'ai-je pas voulu qu'il hurle à travers les lacérations diverses qui le parcourent, n'ai-je pas voulu qu'il fléchisse sous l'exercice impitoyable de la famine tout en insomniant, pour enfin, sous les élans d'un mâle en mal de sexe brutal, définitivement se briser? Aujourd'hui je crois, doucement, prendre une autre voie, celle de l'acceptation, enfin, de ces solutions que j'ai trouvées, qui sont certes lamentables et pathétiques, mais qui m'ont aussi, quelque part, sauvé la vie. Je suis vivante d'avoir eu mal, vivante d'avoir exulté dans la douleur, vivante de m'être shootée à la violence, pour ressentir, toujours ressentir, et rester en vie. Finalement, peut être que je n'ai pas vraiment eu le choix de faire autrement. J'ai choisi de survivre, dois-je m'en faire payer la perpetuité?

La mort a toujours été dans mes pas, comme une gardienne, mais si je suis encore là, c'est que même elle ne me désire pas, pas encore. Je l'ai désirée, fantasmée, sans jamais qu'elle m'étreigne, et je suis restée, là, la joue sur un carrelage froid, les yeux rivés au plafond, en attendant qu'elle se décide à me prendre. Fallait bien qu'il se passe un truc, dans cet instant anesthésié, cette parenthèse temporelle, un pied dans le vide, l'autre encore sur la terre ferme. Finalement on se relève. On finit toujours par se relever. Sans trop savoir pourquoi. Mais on se relève. Je me suis toujorus dit que j'avais eu énormément de chance. Tout au long de cette existence en pointillés, malgré tout. J'ai eu de la chance. Enormément même, quand j'y pense. Ou alors, un instinct de survie à toute épreuve, paradoxalement.

J'ai abandonné mon corps pour survivre à l'insupportable, mais c'est comme si je ne l'avais plus jamais réintégré. C'est étrange. Et, peut être aussi, un peu tordu. Mais aujourd'hui, c'est comme une évidence. 

Il y a peu, cette phrase donc, a claqué : "Pourquoi maintenant? Pourquoi vous faîtes cette fixette sur votre viol maintenant? Pourquoi vous bloquez...? Je vais vous dire moi. Vous vous prostrez dans la douleur, parce que ça, vous connaissez. Facile. Pas confortable, mais vous connaissez. En réalité vous avez une trouille bleue d'avancer. Vous crevez de peur. Vous tremblez à l'idée de vivre enfin".

J'ai chialé toutes les larmes de mon corps. Pleuré, pleuré, et encore pleuré. sa putain de boite de mouchoirs, c'est une habitude en ce moment, je vous jure. Bref. N'empêche qu'elle a raison. Je n'ai pas tout écrit sur mes questionnements concenrant mon viol. Cette nouvelle piste qui m'est tombée dessus. Parce que je ne peux pas. J'y arrive pas. C'est trop écoeurant. Et trop...on n'en parle pas, point. Pas maintenant; plus tard peut être, parce que je crois que ça en concerne plus d'une. Bref.

Oui, j'ai peur. Je pense pas avoir été malheureuse, ni dans la misère. Je veux dire...même dans le fond du trou, j'ai toujours réussi à garder l'ironie, le cynisme et l'humour qui me caractérisent. La franchise, l'auto dérision, et surtout un rejet total de la complaisance. J'ai toujours refusé le statut de viictime aussi. Et la discipline de l'anorexie, de toutes manières, ne me permettait pas telllement de flancher, de me vautrer de tout mon long dans la défaite, ni dans le lâcher prise, ce qui est à double tranchant d'ailleurs.

Bref, il n'empêche. Peut être que j'ai pas été hyper malheureuse, mais je me suis abimée, comme il faut. J'ai verifié par tous les moyens que le monde était pourri, mais surtout que MOI j'étais pourrie. Merdique; Moins que rien. Débile. Inintéressante. Conne. Pute. Salope. Fade. Insipide. Sans caractère. Faible. Lâche. Fourbe. Nulle. Et j'en passe. Sale, aussi, pas mal. Je l'ai bien verifié celui là. Par tous le smoyens, par toutes les solutions, je me suis donnée à fond pour démontrer que j'illustrais parfaitement ces adjectifs. Montrer aux autres qu'ils avaient tort. Et ça m'a coûté cher, de vouloir avoir raison. Super cher même. Mais je connais. Presque, ça me rassure. J'arrive en terrain connu quand je joue à la débauche dégueu. J'arrive en terrain connu quand il m'arrive de brader mon cul pour sniffer les restes. J'arrive en terrain connu aux urgences. Je connais le pouvoir des lames, celles qui sont neuves, celles qui sont usées, celles qui sont éraillées, les cannettes arrachées, le verre brisé, la céramique, j'ai exploré toutes les couches de mon épiderme, j'ai bu jusqu'à m'écrouler, j'ai gerbé jusqu'à m'évanouir, j'ai couru jusqu'à ce que mes jambes me lâchent, putain, ça c'est mon domaine. La vie, non. la vie non. Non. 

Et l'inconnu me fout la trouille, oui. Oh, ça n'est pas propre à moi, tout le monde a un peu peur, au fond de lui, de ce qu'il ne connaît pas. Sans vouloir me l'avouer...c'est un peu ce qui se passe. J'essaye de m'accrocher à ce que je connais, à m'y cramponner comme bernadette à son sac, à rien vouloir lâcher, pourvu que la peur dégage, parce que je suis sensée ne plus avoir peur de rien. J'ai vécu le pire, de quoi pourrais-je bien avoir peur maintenant? Justement...de ne plus avoir mal. Et puis ça fait rien, y en a qui vivent avec hein? On peut j'crois. Si si. Paraît-il.

"La vie vous étonnera. Elle est douce, si vous la laissez faire. Vous avez le droit d'avoir peur. Juste, ne vous mentez pas. Ne vous mettez pas encore dans des situations à risques, juste pour vous conforter dans l'idée que vous ne pouvez pas. Vous le pouvez. Vous êtes plus forte que ça. Je le sais. Et vous le savez j'en suis sure, tout au fond."

Elle était douce et j'ai failli céder sur le coup. D'un coup, comme ça, j'ai eu envie de la suivre. De lui donner la main pour qu'elle puisse la prendre. Mais très vite, je me suis redressée, déjà le contrôle reprennait sa place. Toutefois...l'idée fait son chemin. 

Doucement. Elle est là. Et je ne sais pas pourquoi, depuis...

Je me sens forte. Va savoir pourquoi hahaha. On s'en fout. Juste, je respire.

 


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# Dans le fond la voix graveleuse de Patti Smith.

#Titre: Extrait de Compulsion, Keith Ablow.

Par [AnO]rchiDeA - Publié dans : [AnO]rcHideA's life
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Dimanche 13 novembre 2011 7 13 /11 /Nov /2011 23:19

La crise passe. 

Les RDV s'enchaînent.

Je crois, que je me relève. Et puis, ça finit toujours par aller.  Je finis toujours par dire "ça va". Et puis à recommencer à marcher, automate impertubable, avaler mes tonnes de cours à ratrapper, ruminer toutes mes questions sans réponses, essayer de voler des moments pour dessiner, écrire, tout écrire, sans cesse, et, maladivement, conserver des souvenirs de ces journées qui passent. Tikets de métro, de caisse, pages arrachées, cartes de visites, plans, en fait, nimporte quoi. Pour ne plus oublier. Ne plus jamais oublier. 

"Ils" me disent que j'oublie, parce que je ne supporte pas. Paraît il même que je devrais remercier mon inconscient, et de lui pardonner de ne pas supporter l'insupportable.  Et d'ailleurs, je n'oublie pas. Juste, je le range. Le ressors, le replonge dans l'obscurité, jusqu'à ce que je cauchemarde, et puis que je me rende compte que je ne suis toujours pas capable d'en parler, j'use de tous ces hypnotiques anxyiolitiques antipsychotiques  et autres produits chimiques qui s'occuperont à nouveau de cacher les souvenirs, et ainsi de suite.

Des pans entiers de ma vie se sont effondrés, comme ça. Pan. Vagues sensations, bruits etouffés, flashs incongrus. Jusqu'à ce que ça revienne d'un coup, sans prévenir.

Par exemple, comme mon viol. Comme mon viol qui me fait putain de chier en ce moment. Il semblerait que cet amour perdu dernièrement ait fait remonter pas mal de merdier en moi en réalité. Tellement que je m'explique presque mon pétage de plombs estival. Malgré moi j'ai voulu qu'il me soigne. Malgré moi j'aurais voulu qu'il me rende ma féminité, enfin, et pouvoir m'aimer dans ses yeux à lui. Qu'il me rende mon Moi, que je me reconstruise grâce à lui, et que dans ses caresses mon corps m'apparaisse enfin propre. Beau? Qu'il me rende aimable. 

Mais dans cette histoire je n'ai été qu'abandonnable, et tout s'est effondré. Et puis j'ai fini par admettre que l'Autre ne peut pas me soigner. Ni me rendre vivante, ni aimable, ni rien. Moi seule ait ce pouvoir. Peut être que j'ai eu envie de prendre un raccourci, cette seule idée me projettant dans un échec latent. J'y crois encore, et je reste là, à picorer tous les bons moments qui se présentent à moi, pressée de les dessiner dans mes carnets. Les garder dans ma poche et m'en souvenir quand ça merde. Seulement, me dire que moi seule possède ce pouvoir, me "guérir", me panser, me rendre belle et aimable, c'est comme me foutre une énorme baffe doublée d'un retour. 

J'ai quand même un sacré problème dans l'histoire; moi même. Moi et Moi. Moi et Elle. Elle qui n'attend qu'une petite faille, un petit coup de barre, LA petite faiblesse pour s'y engouffrer, et me prendre en otage dans sa furie.Je me se suis rendue à l'évidence, nous sommes deux. Oui je sais que le concept est complètement barré, et vous allez me sortir qu'on a tous un petit diable en nous qui nous fiat faire beaucoup de conneries, genre dans les dessins animés, y a toujours ce diable rouge fumant et ce brave petit ange bien naïf. Mais moi...moi je sais que c'est plus que ça. 

A l'hopital, quand j'étais défoncée, je me forçais à écrire, pour voir. Un jour j'écrirai peut être un passage de ce que j'ai pu lire. En gros, ça s'apparente à...une déclaration de guerre? OU peut être un meurtre prémédité. Ce sera à qui tuera l'autre la première. Verra qui vivra.

"Je" dis, en gros, que le suicide ne m'interesse pas. Que "la mort, je ne la mérite pas. La torture, lente, douloureuse, appliquée, soignée, en revanche oui. Je vais te crever jusqu'au bout. Tu t'en redras même pas compte. Tu auras mal. Et ça ne s'arrêtera jamais. On meurt de douleur tu sais? La douleur, on ne s'y habitue jamais. La douleur sera ton quotidien et j'y veillerai. Tu es trop faible. Tu es trop fragile pour gagner et tu le sais. Tu vas bien vouloir m'éliminer et je le sais, mais je me demande bien comment tu vas t'y prendre. Ou alors il faudrait que tu décides de reprendre des forces en bouffant, de reprendre de l'épaisseur en bouffant encore, de passer des nuits correctes, de ne plus faire de crises d'angoisse, de ne plus t'enfiler toutes tes boites de médocs, de ne plus te faire sauter par le premier con venu, ne plus tomber amoureuse non plus, bref, tu connais bien toute ces situations ou tu perds tous tes moyens, ces situations où ta consicence te tiraille, ou JE te tiraille...Tout ça pour te souhaiter bonne chance ma belle. Mais tu ne gagneras pas. Pas contre moi. Rappelle toi bien que c'est toi qui m'a forgée. En te censurant en permanence. Je ne suis que le produit de la haine, de la rage, de la colère que tu as du contenir en permanence pour ne pas faire mal à ceux que tu aimes. Toutes ces nuits où tu as tout gardé pour toi, alors que tu n'avais qu'une envie, c'était d'exploser. Toutes ces années ou tu l'as fermée. C'est moi ton secret. C'est moi ta création. Et aujourd'hui, c'est moi qui décide. Tu ne fais pas le poids."

 

J'ai peur. Tellement peur. De moi. 

Et, la question étant...Ai-je réellement, vraiment envie de la foutre en l'air? C'était pas comme ça avant. Je ne comprends plus. Je ne sais pas. Plus les psys me disent que j'avance, et plus j'ai la sensation de m'enfoncer. Je ne suis pas un monstre. Je ne suis pas folle. C'est juste....peut être que si j'acceptais enfin d'avoir mal, si j'acceptais enfin ma souffrance, si j'arrêtais enfin de proférer des trucs du style "t'es pas la première t'es pas la dernière passe à autre chose et bouge toi le cul", "arrête de t'inventer des problèmes et lève la tête connasse" et enfin "ton corps est brisé, c'est fait et dommage pour toi, c'est irreversible, tourne la page".  Peut être si une bonne fois pour toutes, je me donnais le droit d'avoir mal et d'être triste.......d'être faible? Si je m'accordais le droit de m'écouter, juste un peu...et de prendre soin de mes émotions, de ce que je ressens....Peut être que la plaie se résorberait. C'est drôle, comme écrit ça semble tellement simple. Tellement facile. Mais je sais comment je suis, au fond. Je suis un monstre de moralité, de conformisme, de culpabilité, de jugement implacable avec ce putain de rêve de perfection à la con et ça rend les choses un tantinet plus compliquées tout de suite. 

Mais bon. J'aime les défis, pour le coup, ça tombe bien.

Par [AnO]rchiDeA - Publié dans : Crise existentielle
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Samedi 29 octobre 2011 6 29 /10 /Oct /2011 15:39

Il m'a laissée et il faut bien que je l'accepte. Son silence n'a jamais été aussi pesant. J'y pense tous les jours. En trifouillant mes affaires, les billets de train me retombent toujours les pieds; impossible de les jeter. Les photos que je ne veux plus voir mais qui me narguent. Celleq que j'aimerais déchirer, jusqu'à les regarder brûler vives dans  la poubelle. Mais les flammes s'éteignent avec les larmes et je les remets toujours à leur place. Jusqu'au prochain matin où, pour me faire un peu plus mal, j'irai chercher ma dose de souffrance. 

Plius je nous regarde et plus les questions bataillent en moi. Qui l'a séduit? Mon histoire, ma souffrance ou moi? La maladie, ses stygmates ou moi? A-t-il esperé redonner du plaisir à la pauvre fille qui n'en avait plus? A-t-il voulu sauver la pauvre fille violée, pour se soigner lui même? Que voulait-il en moi? Voulait-il tester son savoir de médecin sur mon mal-être? Ou simplement puiser en moi ses propres réponses? Qui a-t-il aimé? La malade, ou moi? Qui étais-je à ses yeux...un cas clinique, ou Eugénie?

Des questions qui n'auront jamais de réponses. Mais maintenant, je reste avec mes incertitudes, incapable de savoir si on m'aime pour ce que je suis. Ou ce que je suis parfois, sur un fil, éprouvée par les spasmes d'une passion qui m'érafle. Qui voulait-il voir en moi, que projettait il en moi? Etais-je son amoureuse, ou la preuve qu'il était fait pour ça, soigner les êtres en mal de vie? Peut-on alors m'aimer pour moi, est-ce que si j'abandonne la souffrance, me remarquera-t-on encore? 

Avec lui je n'étais pas un monstre. Rien ne l'étonnait, ni ma méthadone, ni mes cicatrices, ni mon refus au plaisir, ni l'histoire de mon corps. Pas de monstre à l'horizon. 

Qui sera à nouveau capable de réagir de cette manière, de ne pas donner d'importance à ce qui m'étouffe en permanence? Qui pourra accepter ces comportements dont je suis l'esclave? Qui pourra survivre à mes changements d'humeur, mes angoisses, et l'envie dévorante de tout vivre à fond, sans concession? Quoi qu'en soit le prix à payer. Il en était capable. Mais lui aussi, a finalement fini par abdiquer. 

Sans explication. Du jour au lendemain. Le silence. Pesant de l'absence. Il a disparu comme il est apparu. Aussi rapidement. Il est parti sans rien laisser. Juste quelques empreintes, des images volées, des souvenirs qui s'effaceront dans quelques temps. Et alors il aura disparu à jamais. 

Moi qui ait appris à apprivoiser le vide toutes ces années, moi qui l'ai rempli de toutes les manières possibles, celui-là, celui du coeur, je n'y arrive pas. Je ne sais pas comment on remplit une absence. Je ne sais pas comment on rempli la place que l'autre laisse. 

Sans explications. Sans mots. Sans rien. Rien. Juste...les jours qui s'additionnent les uns aux autres, sans sa voix. Sans ses mots. Sans lui. 

Je ne sais toujours pas si je suis aimable. Je suis abandonnable, ça je le sais, à présent.tumblrl4x02kfgib1qb2rp0.jpg

Par [AnO]rchiDeA - Publié dans : Don't worry life is easy
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Jeudi 27 octobre 2011 4 27 /10 /Oct /2011 09:21

Alors ça y est c'est arrivé pour de bon, l'abandon et toutes ses conneries hein? ça y est, je t'ai perdu pour toujours c'est ça hein?
Au moins maintenant je sais ce que ça fait l'abandon. Peut être que c'est comme les phobies, une fois qu'on l'a touché cet abandon, qu'on sait ce que ça fait, on n'en a plus peur.
Mais moi j'en ai encore plus peur maintenant.
Parce que j'ai vu les dégâts. Je vois ce que je suis devenue. je vois mon corps et ses marques. Il est devenu le parchemin de l'abandon. lacéré de part en part, pour dessiner des liens entre des points imaginaires, des liens qui n'existent pas, plus.
RUPTURE.
Comme ce mot sonne bien, il sonne toute la violence, la haine, la rage, il sonne tout ce que j'ai ressenti là bas, il sonne comme le sang qui a giclé sur tous les murs de ma chambre, il sonne comme l'aiguille qui m'a traversé la chair pour surturer, suturer, et re-suturer les plaies que je prenais plaisir à réouvrir pour que ça marque, que ça marque au fer rouge le manque, le vide, et l'abandon. La fin. la fin que j'ai toujours eu en horreur.
LA page qui se tourne.
et le début d'une nouvelle ère que tu essayes d'habiter le mieux possible. Pour eux. Et pour moi. J'ai décidé de survivre. énième petite chance. La der des der comme on dit. Advienne que pourra. La vie est un jeu. Je suis mauvaise perdante. Je me suis dit d'essayer. Et puis si je rate, hé bien je n'aurai qu'à mourir. on verra, c'est bien ça qu'on se dit hein? On verra. Tout et rien. Des promesses. Des mirages. et puis on s'aperçoit qu'on se relève, encore une fois. On y arrive. Je me suis relevée maintenant. Un peu décousue, un peu morcelée, un peu abattue. Mais debout. Je me demande ou je vais puiser tout ça parfois. Faut croire que mon instinct de survie est parfois animal. Ou que l'anorexie m'a rendue affamée. La mort, si j'y pense, comme une porte de sortie, m'apparaît bien loin. Je suis dans une période d'invincibilité, forte, presque malsaine, d'une fille qui va tout raser sur son passage, tout écrabouiller, piétiner, pour reconstruire à sa manière. Peu m'importe le prix à payer, peu m'importe le mal que je me ferai. J'y arriverai, c'est tout.
A la vie à la mort hein?
Dire que j'ai cru, au moment où la mort m'accueillait, porter la vie en moi, petit bout de toi que tu m'avais laissé en cadeau. Heureusement mon utérus est vide et je n'aurai pas à décider. Je n'aurais pas supporté porter le fruit de l'abandon. Je n'aurais pas supporté que ce fruit ait à porter cette histoire, et reproduire inconsciemment... ce que nos parents ont fait de nous.

Je t'embrasse. Ce mail ressemble vaguement aux bouteilles qu'on jette à la mer. On ne sait pas où elle atterrira, ni si il y  aura une réponse. En désire-t-on vraiment une? Je ne sais même plus.
Mais je ne peux m'empêcher de penser à toi.
"on", m'a dit tellement de choses sur toi. Mais je ne veux rien salir. Et me bouche les oreilles. Même un truc du genre qu'un médecin ne doit pas avoir de relations avec une personne "malade".Que ça peut être grave;tout ça tout ça. Mais j'ai pas bien compris où ils voulaient en venir. Et puis je m'en fous.
T'embrasse encore. Sans savoir si tu le désires encore. mais tant pis.

 

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Par [AnO]rchiDeA - Publié dans : Vous et...moi
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Samedi 22 octobre 2011 6 22 /10 /Oct /2011 11:55

Test de grossesse en poche.

Mais les mains qui tremblent trop pour le faire en vrai.

 

 

 

 

 

*******************Edit: Test effectué. Négatif. Et un grand soulagement. Et puis, avec tout ce que j'ai pris à l'hôpital, en soi, valait peut être mieux. Je doute que la grossesse se soit passée normalement, ni même que ce bébé, issu d'une situation pas très accueillante,ait été lui même "normal". Alors oui, c'est une bonne nouvelle.

Et je ne veux, en aucun cas, jamais, me servir d'un bébé comme d'une bouée de sauvetage. Je ne veux pas faire de bébé et lui attribuer un rôle qu'il n'a pas à avoir. Je ne veux pas me dire "peut être que si je faisais un bébé, il me donnerait la force de". Non. Lui, il a rien demandé à personne. Et surtout pas de me refiler ses ptites forces qu'il doit fabriquer pour lui.

Bref, la question ne se pose plus à présent.

Par [AnO]rchiDeA
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Jeudi 6 octobre 2011 4 06 /10 /Oct /2011 00:03

Mon dernier post. Etrange de le relire. Je ne savais plus. Oublié. Mais ça m'aide à retracer "l'avant" de la crise qui a suivi. Ce fameux jeudi 25 août, 3 jours après. Ce matin ou je suis aprtie -paraîtrait il- la moitié de ma pharmacie en poche. Mon RDV de 9H avec la psychomotricienne s'est passé. Ni plus ni moins, je ne sais plus. Mais ça allait, sûrement. A 12H30, en revanche , la psychologue me voyant arriver dans une démarche désarticulée, la chute dans les escaliers et mon élocution pâteuse l'ont finalement convaincue d'appeller les urgences psychiatriques. 

Avait-elle une autre solution? J'ai fini par lui avouer que j'étais seule chez moi. Impossible pour elle de me relâcher dans cet état, sachant que je n'allais que retrouver ma solitude et la seconde partie de ma pharmacie. 

Ce que j'écris, il faut savoir que je l'ai appris bien plus tard. Parce que mon esprit l'a tout simplement balancé dans le syphon des oubliettes. Je ne sais plus. J'essaye; mais rien en moi, rien du tout, ne me rappelle le moment où l'idée de gober ces médocs s'est installée en moi. Pourquoi je serais partie chargée comme une mule? Pourquoi, alors que tout allait bien? Oui, cette rupture me direz-vous. Oui, peut être. Se dire que même un borderline, un compagnon qui connaît l'horreur de la peur liée à l'abandon..."m'abandonne", c'est un peu comme faire tourner le CD du "si même lui me lâche, qui pourra me supporter, hein? Qui prendre le risque de m'aimer? Qui prendra le risque de me regarder?" Je suis née pour séduire, envoûter, et sucer la vie de l'autre, sangsue invetérée, comme si ma propre enceloppe ne me suffisait pas, et qu'il fallait en aimer une autre. Pour me sentir entière, enfin. J'ai une âme qui ne veut pas de mon corps. Et je me dissocie. Toujours plus fort. Je m'abandonne. Dans tous les sens du terme.

Ce fameux jeudi où, arrivée à l'hôpital, devant la violence de mon état, devant la violence et l'agressivité exacerbée dont j'ai fait preuve dès le premier entretien avec mon psychiatre réfèrent, qui au passage luttant contre tous les objets qu je lui balançais à la gueule -dont la poubelle-, a finalement opté pour une HDT. J'ai vu rouge. Une HDT aux soins intensifs, service fermé, ça signifie pyjama et pas de visites, ça signifie toquer au carreau pour une clope, du feu, et puis rien. Parce que là bas, on ne peut faire que fumer. Et puis attendre. Comme j'ai d'abord essayé de me pendre avec mon pyjama, j'en ai eu un en papier. Et puis j'ai fini par aterrir. Par me rendre compte. J'ai fni par m'écrouler. Par ouvrir les yeux et dégager les dernières brumes de ma mixture avalée. Service fermé. Moi. En service fermé. Moi. Et cet air de poupée déguinguandée trop petite pour ce pyjama. J'étais trop petite pour tout. Mes joues étaient tellement creuses, tellement pâles, le papier bleu me donnait cet air féerique des fées malades, avec les yeux trop grands parce qu'apeurés par al folie dont on se sait capable. On commence à avoir peur de soi même, parce qu'on sent la peur transpirer dans les regards posés sur nous. Combien de temps après ai-je pu m'approcher d'une infirmière sans qu'elle demande à être accompagnée? Sans que je sente son air renfrogné, craintif de la violence que je pouvais dégager. Mon corps tout entier criait à la haine. Je me mettais à rugir pour rien, de cet air bestial que j'adopte quand je sens les murs trop près de moi, quand je sens les limites qui m'opressent...des limites que je n'ai pas choisies. Des murs qui puent l'être torturé, et les coups inscrits dans les murs comme  si chacun voulait repousser les murs de sa prison. Mais ils ne cédent pas. On nous enferme. Fauves en cage. Et on nous laisse au milieu. Parfois je me laissais surprendre à les observer fixement. Les blouses blanches. Les regarder longtemps, jusqu'à ce que je ressente encore la peur en eux. Comme pour me conforter et me convaincre qu'ils avaient raison de m'enfermer. C'est que je devais vraiment être mauvaise. Je leur donnais la raison que je n'avais plus. Et puis ça a fini par me taper sur les nerfs. Vraiment. Alors....alors j'ai brisé mon bol de petit déjeuner. Et puis la suite. Si j'étais devenue si laide...alors il fallait agir. Il fallait que ça cesse. Si j'étais devenue un monstre il fallait arrêter le cirque. J'étais devenue la bête, et avais mangé la belle sans en laisser une miette. J'ai serré très fort les pointes acérées de la porcelaine. J'ai inspiré très fort. Pas pour me donner du courage. Juste, je ne sais pas . Comme un aurevoir. Et pour une fois, je choisis. Je prends le choix d'en finir. Me reste de cet épisode une poitrine défigurée. Extorquer mon coeur de mon corps, pour le regarder en face, peut être que c'était mon plan? Combien de fois j'ai eu envie de le faire battre, le refaire fonctionner, le regarder en place pour l'affronter, lui demander ce qu'il atendait pour se mettre en marche le con. De là à vouloir...faire ce que j'ai pu faire avant que les infirmières ne me mobilisent pour aller m'attacher je...Mais de ça non plus je ne me souviens pas. Il y a juste les vestiges sur la chair. La chair encore à vif. Et puis les fouilles au corps à répétition, parce qu'ils savaient que j'aurais été capable. Quand la peur abandonne un être, alors il n'a plus rien à perdre. Il peut tout. 

J'ai pu enfin recevoir de la visite. Ma maman d'abord. Qui a su me ramener, me sortir de ces lieux. Quand elle m'y a amenée de nouveau, je sais qu'elle pleurait. Mais je sais aussi qu'elle n'avait pas le choix. Parce que j'étais partie, une autre avait pris ma place. J'étais morte. Et elle, ne voulait que m'abîmer mon corps. Il n'y a qu'à l'hôpital que l'on croise des gens de mon espèce. Des gens qui ont les yeux ailleurs. Mais qui sont prêts à bondir. Ils sont prêts. Fuir, toujours fuir. Pour se foutre en l'air en paix. 

Je n'ai fait qu'alterner les services "libres". Et puis les services fermés. Ressortir. Et y retourner. Chaque crise était plus violente que la précédente. J'ai l'air d'une poupée vaudou, tous ces fils me parcourent la peau, anonçant de nouvelles balafres, de nouvelles empreintes, témoignant de Son passage. Je ne connais pas cette fille. Il paraît qu'elle a des yeux immenses. On ne voit plus que ça. Elle n'est plus que haine, et son corps a chaque mouvement se tend les muscles sont saillants, les gestes secs, tranchants, directs. PLus une once d'hésitation. Mais quand même cet air...quand même les mains qui trahissent, les battements de cils un peu trop rapides, quand même les tremblements fragiles et les doigts qui ne font que se torturer les uns les autres. Autant de signes qui ne demandaient qu'une chose à travers tous ces carnages; de l'aide. 

J'avais ces moments où me faire du mal -pas mourir, non, juste, me faire MAL-, c'était comme le graal, une quête désesperée dans ce lieu où tout est interdit, où tout est sécurisé, surveillé, décrypté. Et les blouses blanches ne faisaient que me mettre des obstacles. Punition horrible. Il fallait donc les éliminer, bordel!

Je n'ai compris que bien trop tard qu'ils étaient mes alliés. Trop tard que leur seule solution, pour me protéger, oui c'était ce pyjama et m'interdir tous les objets possibles, même les stylos étaient devenus dangereux une fois dépecés. 

Tous ces détails que j'apprends, cette méticulosité que j'ai adopté pour tricher, manipuler, simplement pour m'engouffrer dans la moindre faille...j'ai tellement peur. 

Comment m'apprivoiser? Comment ne pas être effrayée par ce que je me sais être capable de faire? Comment pouvoir espèrer que ça ne recommencera pas? 

Qui va m'aimer?  Qui?

Je ne veux plus faire peur. Je ne veux plus "la" laisser venir.

Cette crise, qui a pris fin le 26 août, fut certainement la plus violente, la plus effrayante et la plus déstabilisante que j'aie jamais connue. Pourquoi ce moment? Suis-je alors réellement le monstre hideux, au visage tiré par la folie, révulsée par la haine, que l'on ma décrit? Je ne peux pas être "ça".

J'ai tout oublié. Les lambeaux de l'existence, que j'essaie de raccomoder au fil des témoignages...comme les lambeaux de chair qu'on a essayé de suturer le plus joliment possible, ornement délicat qui accouchera de ces lignes violacées qui parcourent tout mon corps. Je me défigure. Peut être pour m'obliger à me souvenir. Peut être pour la laisser exister. Peut être aussi pour me rappeller que son seul but est de faire le plus mal possible. Pour ressentir. Avoir mal c'est la preuve que l'on vit. 

J'ai mal donc je vis. J'ai mal donc je suis. J'ai mal et ça me fait du bien. 

 

Je suis horrible.

 

La suite...il faut juste que je reprenne consistance. Que je remette la vie sur les joues délavées par le sel des larmes. Et que j'arrête la lame. 

J'ai toujours été en quête identitaire. Maintenant, je ne sais même plus si je veux savoir. Ce que je suis sous les couches vitales, ce que je suis au fond de mes vicères, mon vrai moi, le noyau central de mon système, n'est décidément pas beau à laisser sortir. J'aimerais avorter du monstre qui grandit en moi. Mais alors il laissera du vide. Et j'ai peur du vide. J'ai tellement peur qu'il faudra que je l'emplisse, que je l'emplisse jusqu'à exploser...pour me sentir vivante.

Folle. Je suis folle.

haha, "borderline". Il envoie du rêve ce mot hein? Peut être qu'il peut être marrant de l'être un peu. Paraît il qu'à mon niveau la psychose est bien plus dangereuse qu'à l'accoutumée. J'ai entendu "on ne sait pas comment vous soigner" de la part d'un infirmier. A-t-il senti que tout se dérobait en moi à cet instant précis? A-t-il perçu la violence de sa gifle sur mes joues faméliques? At-il entendu le crissement des tripes qui se tordent en tout sens? 

Ces mots ont eu l'effet d'une bombe. J'ai besoin d'aide. Non je ne suis pas forte, ni courageuse, ni batttante, ni...rien de tout ça. Je ne suis rien de ça. Je survis, c'est tout. je survis de moi. Je vis dans la censure de mes démons. Rien d'autre. Rien. Me dire qu'eux, formés à toute épreuve, sont démunis et impuissants, c'était comme me dire qu'on me mettait dehors, parce que je n'étais pas soignable. La solution n'existe pas. Et maintenant il faut laisser la place aux autres mademoiselle. 

Mais mois je n'arrive pas à remonter vous voyez? non je n'y arrive pas. Et pour une fois dans ma vie, pour une putain de fois je ne ferai pas semblant d'aller bien et de sourire comme une débile mentale.Ne pensez pas que c'est un choix; c'est juste que je n'ai plus la force de le faire. Parce que croyez moi, c'est plus confortable de mentir. De se mentir et de se faire croire que oui, ça va. Ouais, ça c'était facile. Assumer sa douleur, assumer sa tristesse, assumer sa putain de souffrance et les laisser s'épanouir en nous, bordel, c'est le calvaire.

 

Je ne sais plus si j'aime les défis. Toujours est il que me laisse encore une énième chance. Des fois que j'y arriverais. 

 

Par [AnO]rchiDeA - Publié dans : Dark babyDoll
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Lundi 22 août 2011 1 22 /08 /Août /2011 12:59

C'est horrible de se trouver déchirée entre ce qui est raisonnable, et ce dont on a envie.

Pour une fois j'ai pris une décision raisonnable.

Mais bordel, putain, comme j'ai le coeur pété...

Le vide a repris ses droits, impérial, tyrannique.

Mais je ne regrette rien. J'ai vécu une histoire mangifique, à fond, passionnée, comme je les aime. Douceet violente par sa passion. J'aime la brutalité de mes sentiments. J'ai aimé être surprise par mes émotions, surprise par le pouvoir de mon coeur.

J'ai appris tellement. Que j'étais capable d'aimer. Qu'on pouvait m'aimer. Que vivre, profiter de l'instant, c'est apprendre à lâcher prise, à Vivre, à recevoir de la Vie. Et que c'était bon. Divin même. Je me suis rendue compte que mon corps  n'est pas un livre ouvert; l'autre ne peut pas percevoir son histoire à son simple touchetr et qu'il ne dégoûte pas. Le problème ça n'est pas la perception des autres, mais bien la mienne. Aime toi toi même, les autres t'aimeront, prend tout son sens. Car la distance qui persistait entre nos corps, c'était moi qui la mettait; c'était le dégoût que MOI j'éprouvais pour moi, pas le sien. A cause de mon dégoût, je me suis punie toute seule, alors que lui désirait mon corps,et le trouvait même...beau. J'ai appris à m'accepter dans le regard de l'autre, à me trouver jolie dans son regard, j'ai appris à lâcher prise, j'ai appris à faire confiance, à me livrer sasn peur, à ôter les masques et être aimée pour ce que je suis, pas ce que j'imaginais qu'il aimerait que je sois. J'ai grandi. Cette histoire m'a énormément apportée.Je pense pouvoir affirmer que ce fut mon premier amour. Car à 15 ans...qu'est ce qu'on y connaît? Cette amourette a été importante pour moi, oui, mais elle n'aura jamais je poids de cet amour ci. J'ai eu le sentiment d'avoir trouvé ma parfaite âme soeur, mon double, mon moi masculin.

Je n'ai pas de regrets. J'en aurais certainement eu, si je ne m'étais pas donné les moyens de le vivre. Alors, la rupture a une incidence fracassante, elle a des notes de tristesse, de décéption, et d'une fatalité exaspérante. Comme toutes les ruptures. Je me demande si un jour on s'y habitue? Si un jour notre armure n'est en rien ébranlée? Est qu'un jour nous parvenons à ne plus ressentir la douleur?

Ce jour là, j'imagine que j'aurais perdu, en même temps que la perte de la sensation de douleur, toute trace d'humanité.

 

J'ai horreur de cette sensation. Celle d'avoir été amputée à vif. Cette sensation qu'il nous manque un truc. On sait pas dire quoi, mais on le sent, il manque quelque chose. On fonctionne au ralenti. Et puis il y a ce vide aussi, désespérant. J'avais même réussi à l'oubier ce con. Mais il s'engouffre dans toutes les failles. Et celle -ci est énorme, ça tombe bien.

 

Oui, c'est une décision raisonnable. Mais doit on être raisonnable en amour?

Je l'aimais, et je l'Aime encore plus fort depuis qu'il n'y a plus de nous deux. Etrange le fonctionnement d'un coeur. Je lai tellement repoussé, tellement ignoré, je ne lui ai rien accordé, jamais écouté, rien. Il y a mon corps et ma tête, mais le coeur, abonné aux absents, c'est simple il me servait à rien. QUE DALLE. KEUTCH. RIEN. Mais là, pour l'occaz'...il s'est battu comme un lion. Ressentir, aimer, éprouver, adorer, haïr, putain mais pourvu que ça dure. Mon coeur, je ne veux plus jamais le ranger à la cave.

 

 

 

Par [AnO]rchiDeA
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Vendredi 12 août 2011 5 12 /08 /Août /2011 22:24

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Pendant longtemps j'ai cru que l'amour et ses conneries n'étaient pas faits pour moi.

Je m'étais résignée à passer ma vie à essayer de le toucher du bout des doigts, sans jamais l'atteindre. Pas pour moi. L'amour c'est pur, l'amour c'est beau.  Totalement à l'opposé de moi en somme.  Le truc, c'est qu'on fait des choses sans penser à demain. On les fait parce qu'on est putain de paumé. J'ai troqué mon cul pour pouvoir me défoncer, j'ai déconné, déconnecté, oublié. Dans le fond j'y trouvais mon compte, rien ne durait, tout était éphémère. L'effet, les gens, moi. L'anorexie, la boulimie, les scarifs, les addictions pour combler le vide immense, MON vide, moi. Cyclique. Les hauts qui arrivaient après les grosses descentes de n'importe quoi, dans les quelles je me bourrais de n'importe quoi, pourvu que ça comble, pourvu que ça me remplisse. Une fois comblée, je pouvais me relever et aller au combat, invincible, euphorique, jusqu'au prochain vide.

Un matin on se lève, et on s'aperçoit que si on décide de mener une vie plus "normale", plus saine, c'est dommage parce que les séquelles, elles, ne sont pas éphémères. Elles restent et sont irréversibles. Elles sont là, comme pour ne jamais refermer la plaie béante. Pour que ça suppure en permanence. Trace invisible de la blessure à vif. Celle qu'on voudrait effacer, mais qui ne partira jamais. Cicatrice mal suturée. Petit pansement inutile. Décollé, recollé. On aimerait bien qu'elle s'efface, mais elle est là. Partout, elle nous suit. Notre ombre. L'obscurité de l'être. On a beau faire semblant, de se foutre un putain de masque sur la face, elle est là. Tapie, elle surgit à tout moment.

Ce jour où je me suis aperçue que toute ma vie je porterai les stigmates d'une vie un peu trop excessive, un peu trop masochiste, j'ai su qu'il y avait des jolies choses dans la vie, que je devrais juste, toucher du bout du doigt. Sans jamais les étreindre.

Qui voudrait d'une putain paumée? Qui voudrait d'une fille capable d'offrir ce qu'elle a de plus pur pour s'envoler quelques poignées de minutes? Quand on est capable de donner, de brader, troquer son corps, soi même, on est capable de tout non? Quelles sont les valeurs? La morale? La conscience? Même pas en rêve poupée. Même pas en rêve.

Je voulais aller bien, je voulais bien "me ranger", mais mon corps était déjà pourri, déjà cassé, alors, à quoi bon. Déjà il était vieux. Déjà j'avais le triple de mon âge. Déjà mes os se transformaient en poussière, doucement. Déjà mes dents tombaient. Et déjà la mémoire me faisait défaut. Alors...à quoi bon?

J'ai voulu y aller, je suis allée sagement à tous les rdv psys qu'on me donnait, j'ai pris gentiment tous mes cachets. Parfois pas, parfois trop, mais tous, je les ai gobés. Je faisais des exercices, notais mes repas, détaillais ce qu'on voulait que je détaille, disais ce qu'on voulait entendre. J'ai entendu les progrès, j'ai entendu la régression, j'ai vu à quoi ressemblait un hôpital psychiatrique, et à quoi ressemblait la vraie folie. Pas celle qui arrive après des expériences marquantes, celle qui te chope à la naissance, sans qu'on puisse rien y faire. Je les ai enviés ceux là. Inconscients, avec une réalité bien plus jolie que la mienne. Je les ai enviés pour tous les cachetons qu'ils avaient à prendre aussi.  Et puis ils n'avaient rien d'autre à penser que les heures qui tournaient lamentablement, au rythme des barquettes, des activités, des pilules, de la nuit, des cris parfois, des blouses blanches, les injections, les transferts. Rien d'autre à penser. Prison dorée. La maladie mentale. Ce qui est horrible avec ça, c'est que lorsqu'on entend "mental", on pense que c'est une simple question de volonté. Que si on avait voulu faire autrement, on aurait pu. Que si je voulais vraiment m'en sortir, je le ferais pas vrai?

Non. J'ai mis du temps, des années à m'enlever cette putain de culpabilité à la con. Celle qui me mangeait toute entière, toutes les nuits. Et encore, il y a de sacrés restes. Mais quand la lucidité m'ouvre les yeux, j'arrive parfois à me pardonner, un peu. Le temps d'une cigarette, je sais que j'avais pas le choix. Borderline. Noir ou blanc, trop ou rien. Et ce vide, toujours ce vide, la peur de l'abandon qui fout le bordel dans les liens affectifs. La faille narcissique horrible. Encore aujourd'hui je me demande comment il est possible de se haïr à ce point. Ne pas croire en soi de la sorte, c'est presque criminel putain.

Et puis je l'ai rencontré. J'ai rencontré mon Double. Mon miroir. Nos écrits se sont emmêlés et nos mots se sont fondus, pour m'apercevoir que peut être la vie en avait encore sous la pédale. Qu'il y avait des sensations que j'avais pas encore explorées. Plus il m'écrivait plus je voulais lui répondre, plus je le lisais plus je voulais le voir, plus je voulais le voir plus il me manquait. L'intensité m'a déstabilisée très vite. Mon souffle se faisait court à la simple vue de ses mots et je n'ai même pas su identifier ce qui m'arrivait, parce que je ne connaissais pas. L'inconnu me fait peur en règle générale. Mais là, c'était trop important pour que je ne laisse la peur s'engouffrer dans mes entrailles. Je ne pouvais pas. Il fallait que je le voie. Que j'entende sa voix. Que je finisse ses phrases. Que nos bouches s'entrechoquent et finissent par s'unir. Plus je le connais plus j'ai conscience que nous sommes de belles personnes. En apprenant à l'aimer j'apprends à m'aimer et les premières fois n'en finissent plus. Je ne fais que découvrir. Je ne fais qu'apprendre la Vie depuis quelques semaines. J'apprends à marcher, j'apprends à regarder, j'apprends à ressentir, j'apprends à manger. J'ai arrêté les crises de boulimie, et j'ai mis des couleurs dans mon assiette. Même quand il n'est pas avec moi je ne me sens pas vide. J'apprends à me servir de mon coeur aussi. A lui laisser un peu de place. Le laisser battre. Vite. J'apprends à rire de tout et de n'importe quoi, j'apprends à être moi même et à ne plus mettre le masque d'une autre. J'apprends à m'aimer dans ses yeux et finis même parfois par me trouver presque jolie.

Je ne savais même pas que je pouvais abriter tout ça dans mon coeur. Remarque, fallait bien qu'il serve à quelque chose un jour. Ça fait 25 ans qu'il pionce. Oh, j'aime. Ma famille mes amis. Mais de cette manière là jamais. Il est même à rude épreuve. Ça va jusque dans les tripes. J'apprends à sourire aussi. Pendant des heures. Juste en y pensant. Je me trouve même sacrément conne parfois, même beaucoup et je m'en fous. J'ai presque envie d'écrire sur mon front que je suis heureuse, et de parcourir le monde entier. Je suis amoureuse et rien ne peut m'atteindre. Vous voyez?

Nous sommes les seuls à connaître le lien qui nous unit. Les seuls à tout connaître l'un de l'autre. C'est comme si je le connaissais depuis toujours. Les barrières se sont écroulées dès le premier échange. Nous étions nus l'un devant l'autre. Pas de censure. Juste la liberté d'être soi même. Il est le seul borderline que je connaisse. Le seul qui m'ait aussi permis de palper le concept, et de le comprendre, de le percevoir à travers l'autre, et de me comprendre en me plongeant dans sa propre personnalité. Parfois j'ai l'impression que notre "moi" est tellement poreux, illimité, flou, que ça nous permet de nous fondre l'un dans l'autre avec une facilité déconcertante. Déconcertante et rassurante, déconcertante et tellement forte. Sécurisante. Même absent il est là, en moi. Même absent mon vide n'est plus et je reste forte de lui.

je l'Aime. En toute liberté. Je ne le possède pas, il ne me possède pas. Nous sommes libres. Des Amants aimantés, indépendants. Vivre au présent. Profiter du présent et savourer chaque instant. Encore une première fois. Vivre. Je me sens vivante. Juste, vivante. Enfin. Et non, je m'aperçois que ce que j'ai pu vivre avant n'a plus d'importance à côté.

Je me suis demandée pourquoi moi. Pourquoi il n'a pas fui devant mon corps. Pourquoi il n'a pas peur que je le salisse. Pourquoi il m'Aime quand même. Pourquoi il est resté. Pourquoi il me touche. Pourquoi moi? Mais les questions n'ont plus leur place. Plus d'importance.  Ma tête a pris trop de place toute ma vie. M'a pourrit des nuits entières avec des trucs qui foutent l'air gratos. Elle a tué mon corps et mon coeur. Alors aujourd'hui, j'ai envie qu'elle ferme sa gueule de temps en temps, histoire de respirer un peu. Savourer, se délecter, et trouver ça délicieux sans en être gênée.

Bien sûr que la question du corps prend encore beaucoup de place. Et bien sûr que j'ai énormément de mal à faire la part des choses entre avant et maintenant, niveau corporel. Que lorsqu'IL me touche j'ai tellement peur que les autres viennent nous parasiter. Qu'ils surgissent et qu'ils pourrissent tout. Je me défends comme une damnée pour les empêcher d'apparaître, mais alors je ne suis plus présente, et me terre dans une douleur effrayante. Il me touche et je tremble comme si c'était une torture. Je suis là, Il est là, me protège, et pourtant putain que j'ai confiance, et que j'ai envie de me fondre en lui, d'emmêler nos corps jusqu'à l'osmose parfaite. Mais non. Ça ne suffit pas. Et puis, j'ai peur. Je ne sais pas de quoi. Juste, j'ai peur. Que ça fasse du bien? Oui, peut être. Je ne connais pas ça. Je ne connais pas et ce que je ne connais pas me fait peur. Je ne connais que les contacts corporels douloureux. Que ceux qui se font dans l'oubli et la décadence de l'âme. C'est ma manière de m'évader. Avec lui je ne veux pas m'évader, je veux rester. Je veux vivre ces moments, je veux jouir avec lui. Mais je ne sais pas comment on fait. Je crois que je suis encore plus empotée qu'à mes 15 ans. Comme si c'était mal de se faire du bien. Aujourd'hui on admire plus quelqu'un qui a mal que quelqu'un qui va bien. C'est comme ça. Comme si fallait culpabiliser de prendre son pied. Je vais apprendre le plaisir à 25 ans. Moi la putain, hahaha, risible cette situation. La reine du pieux. Pucelle en amour. Mon Dieu.

Remarque, 25 ans...nous dirons qu'il me reste encore de la vie devant moi. Alors fonçons my lover. Il m'enseignera et je serai son élève, parait que j'apprends vite. Je sais pas si le bonheur ça s'apprend. Mais ça s'apprivoise en tout cas. Alors, enjoy.

(pix: Musée Rodin, la valse, Camille claudel)

Par [AnO]rchiDeA
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Vendredi 12 août 2011 5 12 /08 /Août /2011 13:24

[Bonheur en construction]

 

C'est trop bon si vous saviez...je suis heureuse heureuse mais heureuse à un point...

Vous raconte tout ça très vite.

(ps : suis amoureuse)

Love.

Et...Enjoy summer!

Par [AnO]rchiDeA
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Dimanche 24 juillet 2011 7 24 /07 /Juil /2011 12:36

C'est comme si je me découvrais. Comme si je comprenais la portée de ma personne de ma personnalité, l'envisageais sous un autre angle...un angle éxterieur, objectif, neutre. 

Je me découvre ambivalente, douloureusement coupable, obsessionnelle, combattante, vulnérable. Je ne sais plus la part pathologique, je ne sais plus ce qui est emmêlé entre le trouble et mon Moi. Les noeuds sont tellements vieux, tellement élimés mais solides, si solides. Ma cilpabilité est un poids que je ne comprends même plus, cela tourne au ridicule, je ploie sous le poids de dettes imaginaires que je m'acharne à rembourser, mais le prix à payer est aussi fort que ces dettes sont irréelles...Est ce que je dois payer pour exister? Est ce que la vie se loue, et le prix du loyer soumis aux fluctuations des victoires, échecs, fautes, péchés? Est-ce que, rééllement, ma mère attend de moi que je lui rembourse au prix fort ses insomnies d'inquiètude, ses allers-retours aux urgences, les minutes fatidiques de l'attente d'u pronostic vital engagé ou non, est ce qu'elle m'en voudrait au point d'exiger de moi que je lui dédie ma vie, ou est-elle sincère lorsqu'elle ne veut que mon bonheur, est ce qu'elle le pense rééllement ou attend elle de moi qu'à travers les mots j'entende réparation? Pourquoi je m'emploie à toujours interpréter les désirs, les attentes de l'autre, jusqu'à lui insuffler  mes propres travers? 

Oui, cela tourne au ridicule, à la mascarade risible de la marionnette qui, même sans son maître, continue à jouer le rôle du pantin dénué de volonté propre. Un spectacle ridiculement pathétique. 

Les psys essayent de m'en défaire, mais je m'entête à croire que tout a un prix. Je vois bien que je suis dans le faux, je vois bien que tout cela n'a même pas de fondations, mais pourtant je continue, comme si...je ne sais pas, je ne sais plus. 

je me demande même si me sentir coupable au fond, n'occupperait pas mon esprit afin que  je puisse  justifier le fait de ne prendre aucun plaisir nulle part, par le fait que je n'y ai pas droit.

je vois bien que la psy trépigne, voudrait bien me tarter des fois pour me mettre devant la réalité, m'engueule presque quand je ne relève plus ses remarques ayant attrait à cela, se faire du bien.

On parle des massages, de ce corps qui me répugne, de mon angoisse. Et ça tourne au "On peut essayer, oui vous pouvez me demander si je ne suis pas écoeurée, je veux bien y répondre toutes les 3 minutes si vous voulez. Mais vous allez devoir prendre le relais Eugénie, VOUS. Vous allez me croire, une, deux, 3 minutes? Le temps du massage? mais après? C'est vous. Il y a un moment où il va falloir que vous vous accordiez de l'éstime. Ce ne sont pas aux autres de prendre soin de vous. C'est à vous de le faire. Ce ne sont pas aux autres de vous protéger. Mais à vous. Ce ne sont pas aux autres de vous fixer les limites. Vos limites. Mais...à vous. Oui, vous êtes condamnée à prendre soin de vous pour me restant de vos jours Eugénie. Oui, vous pouvez rire. Je n'ai jamais été plus sérieuse. Alors il va falloir y mettre un peu du vôtre maintenant. Il va falloir m'aider. Il va falloir vous investir. Et si vous voulez Vivre, alors c'est la base. Vous comprenez ce que je vous dis?"

 

Je ne sais pas pourquoi j'ai autant de mal. Ca a l'air tellement évident. Prendre un bain. Se mettre de la crème. se poser. S'accorder un peu d'intimité. Prendre du temps pour soi. Se préeserver. Se trouver pas mal dans le miroir. Ne pas avoir peur d'être appréciée. Ne pas se poser 3 mille questions sur le pourquoi des attitudes positives à son égard. Ne pas douter de la sincérité des compliments. Ne pas se censurer sous pretexte que sinon on ne plaira pas. Être soi même, sans masque. S'assumer. S'aimer (en toute humilité). Ne pas tout donner, mais partager.

Je n'y arrive pas. Même, pas du tout.

C'est comme si tout m'apparaissait clairement. je me vois tellement fragile en ce moment. Comme si je prenais conscience de mes faiblesses, sans chercher à les excuser, ni à les cacher. Elles sont là. Et elles font partie de la faille narcissique du borderline. 

 

Parlons en tiens. J'aimerais tellement qu'on en parle enfin. Parfois, le fait d'être ni complètement anorexique, ni complètement boulimique, nit totalement dépressive, ni totalement toxicomane, est déstabilisant. Être partout et nullepart est fatiguant aussi. Traverser des cycles, piocher dans les addictions car finalement ce sont toutes des addictions pour remplir un vide horriblement douloureux :  SON VIDE. C'est se transformer en animal en manque afin de remplir, remplir, et remplir encore son vide, par tous les moyens possibles. Le vide ça fait peur, ça fout le vertige, ça déstabilise, ça perturbe, c'est déroutant, ça fait gerber, ça dégoûte, le vide c'est la chute, c'est le gouffre, c'est le néant, c'est le manque de matière, de support, le vide c'est le rien, c'est le manque de limites,  de cadres, de frontières; le vide c'est l'enfer. Le vide c'est la mort. Et le vide il faut le remplir pour survivre. Nimporte quoi pourvu que ça remplisse. Pourvu qu'on puisse se sentir à nouveau vivant. Alors on se fait carrément péter la panse dans l'urgence, tellement qu'à la fin c'est douloureux, et il faut se vider. Et puis se re-remplir. Et se vider. Noir ou blanc, trop ou rien. L'épuisement, la fatigue de soi. Et des autres. Incompréhension, peur. Présence maladroite, puis absence.

On se sent comme un monstre de folie. On se sent différent, singulier, et surtout putain de seul. 

Est ce que j'ai envie de changer? Non. La réponse est non, clairement. C'est moi. Et si on m'enlève ça, le vide, sera mortel. Si on m'enlève ma différence, ma singularité, mon essence, mais c'est pire que la mort, c'est pire qu'un lavage de cerveau, c'est pire que de se censurer pour rentrer dans le moule, c'est devenir le mensonge, c'est ÊTRE UN MENSONGE VIVANT. Moi qui me bat pour l'authenticité, la trahison serait effroyable. Je ne veux pas changer. Mais apprendre à en faire une force, oui. On apprend de la différence, c'est la richesse des échanges, c'est en prendre le meilleur et insuffler à d'autres. Et si auparavant, j'étais bousillée, écrasée par les excès, et l'incompréhension des autres...aujourd'hui, je suis persuadée que je peux m'en servir. Je peux en faire un atout. J'ai aujourd'hui assez de recul, assez d'objectivité et d'expérience pour analyser et décortiquer les situations pour en retirer des objectifs. Apprendre à me connaître, m'apprivoiser...m'apprécier à ma juste valeur.

je suis une bonne personne. Je crois. Pourquoi changer? J'aime être hypersensible, j'aime être hyperémotive, j'aime être hyper à l'écoute, disponible, hyper perfectionniste, hyperactive, hyper bipolaire, hyper moi. Ce sont des qualités que je peux mettre à mon service. Apprendre à les maîtriser, et gérer le surplus,reste je pense, jouable. 

Je ne dis pas que ce sera facile. Rapide, ou aisé. Mais pour rien au monde je ne veux me métamorphoser en pantin, produit des désirs des autres. Synthèse fade de ce que j'imagine les autres voudraient que je sois. Erreur qui peut avoir des conséquences définitives, car se renier ne tient pas longtemps. Et pour le coup, c'est LE manque de respect. 

 

J'ai passé quelques jours à l'hôpital, car la solitude au quotidien me fait perdre tout sens commun. 

j'ai signé une décharge, je n'arrivais plus à rester sans rien faire, il fallait que je sorte.Ce n'est pas dans mes habitudes, mais je me suis rendue compte que ça n'était pas ce que je voulais vraiment; il fallait que je sorte. Seulement on dirait bien que je m'y prends mal pour assurer en solo. 

Et donc, la phrase "je vous laisse une semaine pour redresser la barre, une semaine. Mais après j'interviens. JE décide. Entendu? Vous avez UNE SEMAINE, après...après on verra".

Elle m'a jamais mise en HDT. Je n'ai pas peur d'y aller. Ne suis pas triste non plus...pas trop. Je m'y fais, c'est tout. Bizarrement, je crains plus la réaction de ma mère plutôt que le fait de passer ses congés estivaux en HP. Rien est fait pour le moment. Et puis, me dire que ...pendant 15 jours je n'aurais plus d'activité régulire, en l'occurrence le boulot, ça va faire un sacré vide à remplir...encore faut-il savoir le remplir calmement , posément, et intelligemment. Pas de manière déraisonné, passionné, malade, maladroite, enragée, violente, irrefléchie, impulsive. On verra.

Ça va aller vous savez!?

Par [AnO]rchiDeA
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