*Anorchidea*

  • : [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • : 13/03/2006
  • : santé vie societé anorexie boulimie Vie perso / Journal intime
  • : Le pardon ne pouvant s'envisager, seule une vengeance violente, une décharge de tout ce qu'il y a de mauvais, malsain, au plus profond du subconscient, pourrait permettre de ne plus penser aux noirs souvenirs qui gangrènent ma chair me rendant chaque jours un peu plus malade. Mes pieds s'enlisent, mon esprit les suit. Je me perds. L'anorexie fait partie de ma vie depuis trop lontemps.
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Le défi-laid.

on court aprés...

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Jeudi 24 novembre 2011 4 24 /11 /Nov /2011 22:06

La vie va. J'engloutis les tonnes de boulot, et en même temps j'y trouve mon compte.  L'intensité du temps qui court, l'urgence de la création dans un délai trop court, et voler quelques minutes. Trifouiller dans les vieux carnets. Pleurer un coup, mais sourire aussi, parce que par cette lecture, j'apprends, et me vois grandie de cette histoire que je hais parfois, dont je suis fière d'autres fois. Je suis debout. Vivante, là, maintenant. Comme une furie. En pleine cavale. Certains diront que je me fuis pour m'abandonner à nouveau, peut être bien. N'empêche que là, tout de suite, j'ai bien envie de m'en foutre. Et de continuer à courir sans jamais me retourner.

Il y a une phrase qui m'a percutée, comme une évidence qui m'a arraché les larmes de la trouille, les larmes de la peur du noir, mais surtout du vide, tout à coup. La peur de devoir devenir grande, dans un monde dans lequel je me sens seule au milieu de la foule, en décalge de la vie, en décalage de la leur, dans l'abandon de mon être, je m'évade dans des sphères invisibles, ni morte ni vivante, en flottement perpetuél. Jamais là mais pas ailleurs non plus. Suspension. Craindre la chute fatale, mais l'envier aussi. Peut être parce que je n'ai pas le courage de hurler moi même, d'exploser, de devoir faire du mal pour m'alléger enfin, je fantasme la chute du corps, pretexte quelconque au dialogue qui enfin me libererait. Après tout, n'ai je pas voulu qu'il fasse usage de la parole en disparaissant de la sorte, n'ai-je pas voulu qu'il hurle à travers les lacérations diverses qui le parcourent, n'ai-je pas voulu qu'il fléchisse sous l'exercice impitoyable de la famine tout en insomniant, pour enfin, sous les élans d'un mâle en mal de sexe brutal, définitivement se briser? Aujourd'hui je crois, doucement, prendre une autre voie, celle de l'acceptation, enfin, de ces solutions que j'ai trouvées, qui sont certes lamentables et pathétiques, mais qui m'ont aussi, quelque part, sauvé la vie. Je suis vivante d'avoir eu mal, vivante d'avoir exulté dans la douleur, vivante de m'être shootée à la violence, pour ressentir, toujours ressentir, et rester en vie. Finalement, peut être que je n'ai pas vraiment eu le choix de faire autrement. J'ai choisi de survivre, dois-je m'en faire payer la perpetuité?

La mort a toujours été dans mes pas, comme une gardienne, mais si je suis encore là, c'est que même elle ne me désire pas, pas encore. Je l'ai désirée, fantasmée, sans jamais qu'elle m'étreigne, et je suis restée, là, la joue sur un carrelage froid, les yeux rivés au plafond, en attendant qu'elle se décide à me prendre. Fallait bien qu'il se passe un truc, dans cet instant anesthésié, cette parenthèse temporelle, un pied dans le vide, l'autre encore sur la terre ferme. Finalement on se relève. On finit toujours par se relever. Sans trop savoir pourquoi. Mais on se relève. Je me suis toujorus dit que j'avais eu énormément de chance. Tout au long de cette existence en pointillés, malgré tout. J'ai eu de la chance. Enormément même, quand j'y pense. Ou alors, un instinct de survie à toute épreuve, paradoxalement.

J'ai abandonné mon corps pour survivre à l'insupportable, mais c'est comme si je ne l'avais plus jamais réintégré. C'est étrange. Et, peut être aussi, un peu tordu. Mais aujourd'hui, c'est comme une évidence. 

Il y a peu, cette phrase donc, a claqué : "Pourquoi maintenant? Pourquoi vous faîtes cette fixette sur votre viol maintenant? Pourquoi vous bloquez...? Je vais vous dire moi. Vous vous prostrez dans la douleur, parce que ça, vous connaissez. Facile. Pas confortable, mais vous connaissez. En réalité vous avez une trouille bleue d'avancer. Vous crevez de peur. Vous tremblez à l'idée de vivre enfin".

J'ai chialé toutes les larmes de mon corps. Pleuré, pleuré, et encore pleuré. sa putain de boite de mouchoirs, c'est une habitude en ce moment, je vous jure. Bref. N'empêche qu'elle a raison. Je n'ai pas tout écrit sur mes questionnements concenrant mon viol. Cette nouvelle piste qui m'est tombée dessus. Parce que je ne peux pas. J'y arrive pas. C'est trop écoeurant. Et trop...on n'en parle pas, point. Pas maintenant; plus tard peut être, parce que je crois que ça en concerne plus d'une. Bref.

Oui, j'ai peur. Je pense pas avoir été malheureuse, ni dans la misère. Je veux dire...même dans le fond du trou, j'ai toujours réussi à garder l'ironie, le cynisme et l'humour qui me caractérisent. La franchise, l'auto dérision, et surtout un rejet total de la complaisance. J'ai toujours refusé le statut de viictime aussi. Et la discipline de l'anorexie, de toutes manières, ne me permettait pas telllement de flancher, de me vautrer de tout mon long dans la défaite, ni dans le lâcher prise, ce qui est à double tranchant d'ailleurs.

Bref, il n'empêche. Peut être que j'ai pas été hyper malheureuse, mais je me suis abimée, comme il faut. J'ai verifié par tous les moyens que le monde était pourri, mais surtout que MOI j'étais pourrie. Merdique; Moins que rien. Débile. Inintéressante. Conne. Pute. Salope. Fade. Insipide. Sans caractère. Faible. Lâche. Fourbe. Nulle. Et j'en passe. Sale, aussi, pas mal. Je l'ai bien verifié celui là. Par tous le smoyens, par toutes les solutions, je me suis donnée à fond pour démontrer que j'illustrais parfaitement ces adjectifs. Montrer aux autres qu'ils avaient tort. Et ça m'a coûté cher, de vouloir avoir raison. Super cher même. Mais je connais. Presque, ça me rassure. J'arrive en terrain connu quand je joue à la débauche dégueu. J'arrive en terrain connu quand il m'arrive de brader mon cul pour sniffer les restes. J'arrive en terrain connu aux urgences. Je connais le pouvoir des lames, celles qui sont neuves, celles qui sont usées, celles qui sont éraillées, les cannettes arrachées, le verre brisé, la céramique, j'ai exploré toutes les couches de mon épiderme, j'ai bu jusqu'à m'écrouler, j'ai gerbé jusqu'à m'évanouir, j'ai couru jusqu'à ce que mes jambes me lâchent, putain, ça c'est mon domaine. La vie, non. la vie non. Non. 

Et l'inconnu me fout la trouille, oui. Oh, ça n'est pas propre à moi, tout le monde a un peu peur, au fond de lui, de ce qu'il ne connaît pas. Sans vouloir me l'avouer...c'est un peu ce qui se passe. J'essaye de m'accrocher à ce que je connais, à m'y cramponner comme bernadette à son sac, à rien vouloir lâcher, pourvu que la peur dégage, parce que je suis sensée ne plus avoir peur de rien. J'ai vécu le pire, de quoi pourrais-je bien avoir peur maintenant? Justement...de ne plus avoir mal. Et puis ça fait rien, y en a qui vivent avec hein? On peut j'crois. Si si. Paraît-il.

"La vie vous étonnera. Elle est douce, si vous la laissez faire. Vous avez le droit d'avoir peur. Juste, ne vous mentez pas. Ne vous mettez pas encore dans des situations à risques, juste pour vous conforter dans l'idée que vous ne pouvez pas. Vous le pouvez. Vous êtes plus forte que ça. Je le sais. Et vous le savez j'en suis sure, tout au fond."

Elle était douce et j'ai failli céder sur le coup. D'un coup, comme ça, j'ai eu envie de la suivre. De lui donner la main pour qu'elle puisse la prendre. Mais très vite, je me suis redressée, déjà le contrôle reprennait sa place. Toutefois...l'idée fait son chemin. 

Doucement. Elle est là. Et je ne sais pas pourquoi, depuis...

Je me sens forte. Va savoir pourquoi hahaha. On s'en fout. Juste, je respire.

 


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# Dans le fond la voix graveleuse de Patti Smith.

#Titre: Extrait de Compulsion, Keith Ablow.

Par [AnO]rchiDeA - Publié dans : [AnO]rcHideA's life
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Dimanche 13 novembre 2011 7 13 /11 /Nov /2011 23:19

La crise passe. 

Les RDV s'enchaînent.

Je crois, que je me relève. Et puis, ça finit toujours par aller.  Je finis toujours par dire "ça va". Et puis à recommencer à marcher, automate impertubable, avaler mes tonnes de cours à ratrapper, ruminer toutes mes questions sans réponses, essayer de voler des moments pour dessiner, écrire, tout écrire, sans cesse, et, maladivement, conserver des souvenirs de ces journées qui passent. Tikets de métro, de caisse, pages arrachées, cartes de visites, plans, en fait, nimporte quoi. Pour ne plus oublier. Ne plus jamais oublier. 

"Ils" me disent que j'oublie, parce que je ne supporte pas. Paraît il même que je devrais remercier mon inconscient, et de lui pardonner de ne pas supporter l'insupportable.  Et d'ailleurs, je n'oublie pas. Juste, je le range. Le ressors, le replonge dans l'obscurité, jusqu'à ce que je cauchemarde, et puis que je me rende compte que je ne suis toujours pas capable d'en parler, j'use de tous ces hypnotiques anxyiolitiques antipsychotiques  et autres produits chimiques qui s'occuperont à nouveau de cacher les souvenirs, et ainsi de suite.

Des pans entiers de ma vie se sont effondrés, comme ça. Pan. Vagues sensations, bruits etouffés, flashs incongrus. Jusqu'à ce que ça revienne d'un coup, sans prévenir.

Par exemple, comme mon viol. Comme mon viol qui me fait putain de chier en ce moment. Il semblerait que cet amour perdu dernièrement ait fait remonter pas mal de merdier en moi en réalité. Tellement que je m'explique presque mon pétage de plombs estival. Malgré moi j'ai voulu qu'il me soigne. Malgré moi j'aurais voulu qu'il me rende ma féminité, enfin, et pouvoir m'aimer dans ses yeux à lui. Qu'il me rende mon Moi, que je me reconstruise grâce à lui, et que dans ses caresses mon corps m'apparaisse enfin propre. Beau? Qu'il me rende aimable. 

Mais dans cette histoire je n'ai été qu'abandonnable, et tout s'est effondré. Et puis j'ai fini par admettre que l'Autre ne peut pas me soigner. Ni me rendre vivante, ni aimable, ni rien. Moi seule ait ce pouvoir. Peut être que j'ai eu envie de prendre un raccourci, cette seule idée me projettant dans un échec latent. J'y crois encore, et je reste là, à picorer tous les bons moments qui se présentent à moi, pressée de les dessiner dans mes carnets. Les garder dans ma poche et m'en souvenir quand ça merde. Seulement, me dire que moi seule possède ce pouvoir, me "guérir", me panser, me rendre belle et aimable, c'est comme me foutre une énorme baffe doublée d'un retour. 

J'ai quand même un sacré problème dans l'histoire; moi même. Moi et Moi. Moi et Elle. Elle qui n'attend qu'une petite faille, un petit coup de barre, LA petite faiblesse pour s'y engouffrer, et me prendre en otage dans sa furie.Je me se suis rendue à l'évidence, nous sommes deux. Oui je sais que le concept est complètement barré, et vous allez me sortir qu'on a tous un petit diable en nous qui nous fiat faire beaucoup de conneries, genre dans les dessins animés, y a toujours ce diable rouge fumant et ce brave petit ange bien naïf. Mais moi...moi je sais que c'est plus que ça. 

A l'hopital, quand j'étais défoncée, je me forçais à écrire, pour voir. Un jour j'écrirai peut être un passage de ce que j'ai pu lire. En gros, ça s'apparente à...une déclaration de guerre? OU peut être un meurtre prémédité. Ce sera à qui tuera l'autre la première. Verra qui vivra.

"Je" dis, en gros, que le suicide ne m'interesse pas. Que "la mort, je ne la mérite pas. La torture, lente, douloureuse, appliquée, soignée, en revanche oui. Je vais te crever jusqu'au bout. Tu t'en redras même pas compte. Tu auras mal. Et ça ne s'arrêtera jamais. On meurt de douleur tu sais? La douleur, on ne s'y habitue jamais. La douleur sera ton quotidien et j'y veillerai. Tu es trop faible. Tu es trop fragile pour gagner et tu le sais. Tu vas bien vouloir m'éliminer et je le sais, mais je me demande bien comment tu vas t'y prendre. Ou alors il faudrait que tu décides de reprendre des forces en bouffant, de reprendre de l'épaisseur en bouffant encore, de passer des nuits correctes, de ne plus faire de crises d'angoisse, de ne plus t'enfiler toutes tes boites de médocs, de ne plus te faire sauter par le premier con venu, ne plus tomber amoureuse non plus, bref, tu connais bien toute ces situations ou tu perds tous tes moyens, ces situations où ta consicence te tiraille, ou JE te tiraille...Tout ça pour te souhaiter bonne chance ma belle. Mais tu ne gagneras pas. Pas contre moi. Rappelle toi bien que c'est toi qui m'a forgée. En te censurant en permanence. Je ne suis que le produit de la haine, de la rage, de la colère que tu as du contenir en permanence pour ne pas faire mal à ceux que tu aimes. Toutes ces nuits où tu as tout gardé pour toi, alors que tu n'avais qu'une envie, c'était d'exploser. Toutes ces années ou tu l'as fermée. C'est moi ton secret. C'est moi ta création. Et aujourd'hui, c'est moi qui décide. Tu ne fais pas le poids."

 

J'ai peur. Tellement peur. De moi. 

Et, la question étant...Ai-je réellement, vraiment envie de la foutre en l'air? C'était pas comme ça avant. Je ne comprends plus. Je ne sais pas. Plus les psys me disent que j'avance, et plus j'ai la sensation de m'enfoncer. Je ne suis pas un monstre. Je ne suis pas folle. C'est juste....peut être que si j'acceptais enfin d'avoir mal, si j'acceptais enfin ma souffrance, si j'arrêtais enfin de proférer des trucs du style "t'es pas la première t'es pas la dernière passe à autre chose et bouge toi le cul", "arrête de t'inventer des problèmes et lève la tête connasse" et enfin "ton corps est brisé, c'est fait et dommage pour toi, c'est irreversible, tourne la page".  Peut être si une bonne fois pour toutes, je me donnais le droit d'avoir mal et d'être triste.......d'être faible? Si je m'accordais le droit de m'écouter, juste un peu...et de prendre soin de mes émotions, de ce que je ressens....Peut être que la plaie se résorberait. C'est drôle, comme écrit ça semble tellement simple. Tellement facile. Mais je sais comment je suis, au fond. Je suis un monstre de moralité, de conformisme, de culpabilité, de jugement implacable avec ce putain de rêve de perfection à la con et ça rend les choses un tantinet plus compliquées tout de suite. 

Mais bon. J'aime les défis, pour le coup, ça tombe bien.

Par [AnO]rchiDeA - Publié dans : Crise existentielle
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Samedi 29 octobre 2011 6 29 /10 /Oct /2011 15:39

Il m'a laissée et il faut bien que je l'accepte. Son silence n'a jamais été aussi pesant. J'y pense tous les jours. En trifouillant mes affaires, les billets de train me retombent toujours les pieds; impossible de les jeter. Les photos que je ne veux plus voir mais qui me narguent. Celleq que j'aimerais déchirer, jusqu'à les regarder brûler vives dans  la poubelle. Mais les flammes s'éteignent avec les larmes et je les remets toujours à leur place. Jusqu'au prochain matin où, pour me faire un peu plus mal, j'irai chercher ma dose de souffrance. 

Plius je nous regarde et plus les questions bataillent en moi. Qui l'a séduit? Mon histoire, ma souffrance ou moi? La maladie, ses stygmates ou moi? A-t-il esperé redonner du plaisir à la pauvre fille qui n'en avait plus? A-t-il voulu sauver la pauvre fille violée, pour se soigner lui même? Que voulait-il en moi? Voulait-il tester son savoir de médecin sur mon mal-être? Ou simplement puiser en moi ses propres réponses? Qui a-t-il aimé? La malade, ou moi? Qui étais-je à ses yeux...un cas clinique, ou Eugénie?

Des questions qui n'auront jamais de réponses. Mais maintenant, je reste avec mes incertitudes, incapable de savoir si on m'aime pour ce que je suis. Ou ce que je suis parfois, sur un fil, éprouvée par les spasmes d'une passion qui m'érafle. Qui voulait-il voir en moi, que projettait il en moi? Etais-je son amoureuse, ou la preuve qu'il était fait pour ça, soigner les êtres en mal de vie? Peut-on alors m'aimer pour moi, est-ce que si j'abandonne la souffrance, me remarquera-t-on encore? 

Avec lui je n'étais pas un monstre. Rien ne l'étonnait, ni ma méthadone, ni mes cicatrices, ni mon refus au plaisir, ni l'histoire de mon corps. Pas de monstre à l'horizon. 

Qui sera à nouveau capable de réagir de cette manière, de ne pas donner d'importance à ce qui m'étouffe en permanence? Qui pourra accepter ces comportements dont je suis l'esclave? Qui pourra survivre à mes changements d'humeur, mes angoisses, et l'envie dévorante de tout vivre à fond, sans concession? Quoi qu'en soit le prix à payer. Il en était capable. Mais lui aussi, a finalement fini par abdiquer. 

Sans explication. Du jour au lendemain. Le silence. Pesant de l'absence. Il a disparu comme il est apparu. Aussi rapidement. Il est parti sans rien laisser. Juste quelques empreintes, des images volées, des souvenirs qui s'effaceront dans quelques temps. Et alors il aura disparu à jamais. 

Moi qui ait appris à apprivoiser le vide toutes ces années, moi qui l'ai rempli de toutes les manières possibles, celui-là, celui du coeur, je n'y arrive pas. Je ne sais pas comment on remplit une absence. Je ne sais pas comment on rempli la place que l'autre laisse. 

Sans explications. Sans mots. Sans rien. Rien. Juste...les jours qui s'additionnent les uns aux autres, sans sa voix. Sans ses mots. Sans lui. 

Je ne sais toujours pas si je suis aimable. Je suis abandonnable, ça je le sais, à présent.tumblrl4x02kfgib1qb2rp0.jpg

Par [AnO]rchiDeA - Publié dans : Don't worry life is easy
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Jeudi 27 octobre 2011 4 27 /10 /Oct /2011 09:21

Alors ça y est c'est arrivé pour de bon, l'abandon et toutes ses conneries hein? ça y est, je t'ai perdu pour toujours c'est ça hein?
Au moins maintenant je sais ce que ça fait l'abandon. Peut être que c'est comme les phobies, une fois qu'on l'a touché cet abandon, qu'on sait ce que ça fait, on n'en a plus peur.
Mais moi j'en ai encore plus peur maintenant.
Parce que j'ai vu les dégâts. Je vois ce que je suis devenue. je vois mon corps et ses marques. Il est devenu le parchemin de l'abandon. lacéré de part en part, pour dessiner des liens entre des points imaginaires, des liens qui n'existent pas, plus.
RUPTURE.
Comme ce mot sonne bien, il sonne toute la violence, la haine, la rage, il sonne tout ce que j'ai ressenti là bas, il sonne comme le sang qui a giclé sur tous les murs de ma chambre, il sonne comme l'aiguille qui m'a traversé la chair pour surturer, suturer, et re-suturer les plaies que je prenais plaisir à réouvrir pour que ça marque, que ça marque au fer rouge le manque, le vide, et l'abandon. La fin. la fin que j'ai toujours eu en horreur.
LA page qui se tourne.
et le début d'une nouvelle ère que tu essayes d'habiter le mieux possible. Pour eux. Et pour moi. J'ai décidé de survivre. énième petite chance. La der des der comme on dit. Advienne que pourra. La vie est un jeu. Je suis mauvaise perdante. Je me suis dit d'essayer. Et puis si je rate, hé bien je n'aurai qu'à mourir. on verra, c'est bien ça qu'on se dit hein? On verra. Tout et rien. Des promesses. Des mirages. et puis on s'aperçoit qu'on se relève, encore une fois. On y arrive. Je me suis relevée maintenant. Un peu décousue, un peu morcelée, un peu abattue. Mais debout. Je me demande ou je vais puiser tout ça parfois. Faut croire que mon instinct de survie est parfois animal. Ou que l'anorexie m'a rendue affamée. La mort, si j'y pense, comme une porte de sortie, m'apparaît bien loin. Je suis dans une période d'invincibilité, forte, presque malsaine, d'une fille qui va tout raser sur son passage, tout écrabouiller, piétiner, pour reconstruire à sa manière. Peu m'importe le prix à payer, peu m'importe le mal que je me ferai. J'y arriverai, c'est tout.
A la vie à la mort hein?
Dire que j'ai cru, au moment où la mort m'accueillait, porter la vie en moi, petit bout de toi que tu m'avais laissé en cadeau. Heureusement mon utérus est vide et je n'aurai pas à décider. Je n'aurais pas supporté porter le fruit de l'abandon. Je n'aurais pas supporté que ce fruit ait à porter cette histoire, et reproduire inconsciemment... ce que nos parents ont fait de nous.

Je t'embrasse. Ce mail ressemble vaguement aux bouteilles qu'on jette à la mer. On ne sait pas où elle atterrira, ni si il y  aura une réponse. En désire-t-on vraiment une? Je ne sais même plus.
Mais je ne peux m'empêcher de penser à toi.
"on", m'a dit tellement de choses sur toi. Mais je ne veux rien salir. Et me bouche les oreilles. Même un truc du genre qu'un médecin ne doit pas avoir de relations avec une personne "malade".Que ça peut être grave;tout ça tout ça. Mais j'ai pas bien compris où ils voulaient en venir. Et puis je m'en fous.
T'embrasse encore. Sans savoir si tu le désires encore. mais tant pis.

 

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Par [AnO]rchiDeA - Publié dans : Vous et...moi
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Samedi 22 octobre 2011 6 22 /10 /Oct /2011 11:55

Test de grossesse en poche.

Mais les mains qui tremblent trop pour le faire en vrai.

 

 

 

 

 

*******************Edit: Test effectué. Négatif. Et un grand soulagement. Et puis, avec tout ce que j'ai pris à l'hôpital, en soi, valait peut être mieux. Je doute que la grossesse se soit passée normalement, ni même que ce bébé, issu d'une situation pas très accueillante,ait été lui même "normal". Alors oui, c'est une bonne nouvelle.

Et je ne veux, en aucun cas, jamais, me servir d'un bébé comme d'une bouée de sauvetage. Je ne veux pas faire de bébé et lui attribuer un rôle qu'il n'a pas à avoir. Je ne veux pas me dire "peut être que si je faisais un bébé, il me donnerait la force de". Non. Lui, il a rien demandé à personne. Et surtout pas de me refiler ses ptites forces qu'il doit fabriquer pour lui.

Bref, la question ne se pose plus à présent.

Par [AnO]rchiDeA
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Jeudi 6 octobre 2011 4 06 /10 /Oct /2011 00:03

Mon dernier post. Etrange de le relire. Je ne savais plus. Oublié. Mais ça m'aide à retracer "l'avant" de la crise qui a suivi. Ce fameux jeudi 25 août, 3 jours après. Ce matin ou je suis aprtie -paraîtrait il- la moitié de ma pharmacie en poche. Mon RDV de 9H avec la psychomotricienne s'est passé. Ni plus ni moins, je ne sais plus. Mais ça allait, sûrement. A 12H30, en revanche , la psychologue me voyant arriver dans une démarche désarticulée, la chute dans les escaliers et mon élocution pâteuse l'ont finalement convaincue d'appeller les urgences psychiatriques. 

Avait-elle une autre solution? J'ai fini par lui avouer que j'étais seule chez moi. Impossible pour elle de me relâcher dans cet état, sachant que je n'allais que retrouver ma solitude et la seconde partie de ma pharmacie. 

Ce que j'écris, il faut savoir que je l'ai appris bien plus tard. Parce que mon esprit l'a tout simplement balancé dans le syphon des oubliettes. Je ne sais plus. J'essaye; mais rien en moi, rien du tout, ne me rappelle le moment où l'idée de gober ces médocs s'est installée en moi. Pourquoi je serais partie chargée comme une mule? Pourquoi, alors que tout allait bien? Oui, cette rupture me direz-vous. Oui, peut être. Se dire que même un borderline, un compagnon qui connaît l'horreur de la peur liée à l'abandon..."m'abandonne", c'est un peu comme faire tourner le CD du "si même lui me lâche, qui pourra me supporter, hein? Qui prendre le risque de m'aimer? Qui prendra le risque de me regarder?" Je suis née pour séduire, envoûter, et sucer la vie de l'autre, sangsue invetérée, comme si ma propre enceloppe ne me suffisait pas, et qu'il fallait en aimer une autre. Pour me sentir entière, enfin. J'ai une âme qui ne veut pas de mon corps. Et je me dissocie. Toujours plus fort. Je m'abandonne. Dans tous les sens du terme.

Ce fameux jeudi où, arrivée à l'hôpital, devant la violence de mon état, devant la violence et l'agressivité exacerbée dont j'ai fait preuve dès le premier entretien avec mon psychiatre réfèrent, qui au passage luttant contre tous les objets qu je lui balançais à la gueule -dont la poubelle-, a finalement opté pour une HDT. J'ai vu rouge. Une HDT aux soins intensifs, service fermé, ça signifie pyjama et pas de visites, ça signifie toquer au carreau pour une clope, du feu, et puis rien. Parce que là bas, on ne peut faire que fumer. Et puis attendre. Comme j'ai d'abord essayé de me pendre avec mon pyjama, j'en ai eu un en papier. Et puis j'ai fini par aterrir. Par me rendre compte. J'ai fni par m'écrouler. Par ouvrir les yeux et dégager les dernières brumes de ma mixture avalée. Service fermé. Moi. En service fermé. Moi. Et cet air de poupée déguinguandée trop petite pour ce pyjama. J'étais trop petite pour tout. Mes joues étaient tellement creuses, tellement pâles, le papier bleu me donnait cet air féerique des fées malades, avec les yeux trop grands parce qu'apeurés par al folie dont on se sait capable. On commence à avoir peur de soi même, parce qu'on sent la peur transpirer dans les regards posés sur nous. Combien de temps après ai-je pu m'approcher d'une infirmière sans qu'elle demande à être accompagnée? Sans que je sente son air renfrogné, craintif de la violence que je pouvais dégager. Mon corps tout entier criait à la haine. Je me mettais à rugir pour rien, de cet air bestial que j'adopte quand je sens les murs trop près de moi, quand je sens les limites qui m'opressent...des limites que je n'ai pas choisies. Des murs qui puent l'être torturé, et les coups inscrits dans les murs comme  si chacun voulait repousser les murs de sa prison. Mais ils ne cédent pas. On nous enferme. Fauves en cage. Et on nous laisse au milieu. Parfois je me laissais surprendre à les observer fixement. Les blouses blanches. Les regarder longtemps, jusqu'à ce que je ressente encore la peur en eux. Comme pour me conforter et me convaincre qu'ils avaient raison de m'enfermer. C'est que je devais vraiment être mauvaise. Je leur donnais la raison que je n'avais plus. Et puis ça a fini par me taper sur les nerfs. Vraiment. Alors....alors j'ai brisé mon bol de petit déjeuner. Et puis la suite. Si j'étais devenue si laide...alors il fallait agir. Il fallait que ça cesse. Si j'étais devenue un monstre il fallait arrêter le cirque. J'étais devenue la bête, et avais mangé la belle sans en laisser une miette. J'ai serré très fort les pointes acérées de la porcelaine. J'ai inspiré très fort. Pas pour me donner du courage. Juste, je ne sais pas . Comme un aurevoir. Et pour une fois, je choisis. Je prends le choix d'en finir. Me reste de cet épisode une poitrine défigurée. Extorquer mon coeur de mon corps, pour le regarder en face, peut être que c'était mon plan? Combien de fois j'ai eu envie de le faire battre, le refaire fonctionner, le regarder en place pour l'affronter, lui demander ce qu'il atendait pour se mettre en marche le con. De là à vouloir...faire ce que j'ai pu faire avant que les infirmières ne me mobilisent pour aller m'attacher je...Mais de ça non plus je ne me souviens pas. Il y a juste les vestiges sur la chair. La chair encore à vif. Et puis les fouilles au corps à répétition, parce qu'ils savaient que j'aurais été capable. Quand la peur abandonne un être, alors il n'a plus rien à perdre. Il peut tout. 

J'ai pu enfin recevoir de la visite. Ma maman d'abord. Qui a su me ramener, me sortir de ces lieux. Quand elle m'y a amenée de nouveau, je sais qu'elle pleurait. Mais je sais aussi qu'elle n'avait pas le choix. Parce que j'étais partie, une autre avait pris ma place. J'étais morte. Et elle, ne voulait que m'abîmer mon corps. Il n'y a qu'à l'hôpital que l'on croise des gens de mon espèce. Des gens qui ont les yeux ailleurs. Mais qui sont prêts à bondir. Ils sont prêts. Fuir, toujours fuir. Pour se foutre en l'air en paix. 

Je n'ai fait qu'alterner les services "libres". Et puis les services fermés. Ressortir. Et y retourner. Chaque crise était plus violente que la précédente. J'ai l'air d'une poupée vaudou, tous ces fils me parcourent la peau, anonçant de nouvelles balafres, de nouvelles empreintes, témoignant de Son passage. Je ne connais pas cette fille. Il paraît qu'elle a des yeux immenses. On ne voit plus que ça. Elle n'est plus que haine, et son corps a chaque mouvement se tend les muscles sont saillants, les gestes secs, tranchants, directs. PLus une once d'hésitation. Mais quand même cet air...quand même les mains qui trahissent, les battements de cils un peu trop rapides, quand même les tremblements fragiles et les doigts qui ne font que se torturer les uns les autres. Autant de signes qui ne demandaient qu'une chose à travers tous ces carnages; de l'aide. 

J'avais ces moments où me faire du mal -pas mourir, non, juste, me faire MAL-, c'était comme le graal, une quête désesperée dans ce lieu où tout est interdit, où tout est sécurisé, surveillé, décrypté. Et les blouses blanches ne faisaient que me mettre des obstacles. Punition horrible. Il fallait donc les éliminer, bordel!

Je n'ai compris que bien trop tard qu'ils étaient mes alliés. Trop tard que leur seule solution, pour me protéger, oui c'était ce pyjama et m'interdir tous les objets possibles, même les stylos étaient devenus dangereux une fois dépecés. 

Tous ces détails que j'apprends, cette méticulosité que j'ai adopté pour tricher, manipuler, simplement pour m'engouffrer dans la moindre faille...j'ai tellement peur. 

Comment m'apprivoiser? Comment ne pas être effrayée par ce que je me sais être capable de faire? Comment pouvoir espèrer que ça ne recommencera pas? 

Qui va m'aimer?  Qui?

Je ne veux plus faire peur. Je ne veux plus "la" laisser venir.

Cette crise, qui a pris fin le 26 août, fut certainement la plus violente, la plus effrayante et la plus déstabilisante que j'aie jamais connue. Pourquoi ce moment? Suis-je alors réellement le monstre hideux, au visage tiré par la folie, révulsée par la haine, que l'on ma décrit? Je ne peux pas être "ça".

J'ai tout oublié. Les lambeaux de l'existence, que j'essaie de raccomoder au fil des témoignages...comme les lambeaux de chair qu'on a essayé de suturer le plus joliment possible, ornement délicat qui accouchera de ces lignes violacées qui parcourent tout mon corps. Je me défigure. Peut être pour m'obliger à me souvenir. Peut être pour la laisser exister. Peut être aussi pour me rappeller que son seul but est de faire le plus mal possible. Pour ressentir. Avoir mal c'est la preuve que l'on vit. 

J'ai mal donc je vis. J'ai mal donc je suis. J'ai mal et ça me fait du bien. 

 

Je suis horrible.

 

La suite...il faut juste que je reprenne consistance. Que je remette la vie sur les joues délavées par le sel des larmes. Et que j'arrête la lame. 

J'ai toujours été en quête identitaire. Maintenant, je ne sais même plus si je veux savoir. Ce que je suis sous les couches vitales, ce que je suis au fond de mes vicères, mon vrai moi, le noyau central de mon système, n'est décidément pas beau à laisser sortir. J'aimerais avorter du monstre qui grandit en moi. Mais alors il laissera du vide. Et j'ai peur du vide. J'ai tellement peur qu'il faudra que je l'emplisse, que je l'emplisse jusqu'à exploser...pour me sentir vivante.

Folle. Je suis folle.

haha, "borderline". Il envoie du rêve ce mot hein? Peut être qu'il peut être marrant de l'être un peu. Paraît il qu'à mon niveau la psychose est bien plus dangereuse qu'à l'accoutumée. J'ai entendu "on ne sait pas comment vous soigner" de la part d'un infirmier. A-t-il senti que tout se dérobait en moi à cet instant précis? A-t-il perçu la violence de sa gifle sur mes joues faméliques? At-il entendu le crissement des tripes qui se tordent en tout sens? 

Ces mots ont eu l'effet d'une bombe. J'ai besoin d'aide. Non je ne suis pas forte, ni courageuse, ni batttante, ni...rien de tout ça. Je ne suis rien de ça. Je survis, c'est tout. je survis de moi. Je vis dans la censure de mes démons. Rien d'autre. Rien. Me dire qu'eux, formés à toute épreuve, sont démunis et impuissants, c'était comme me dire qu'on me mettait dehors, parce que je n'étais pas soignable. La solution n'existe pas. Et maintenant il faut laisser la place aux autres mademoiselle. 

Mais mois je n'arrive pas à remonter vous voyez? non je n'y arrive pas. Et pour une fois dans ma vie, pour une putain de fois je ne ferai pas semblant d'aller bien et de sourire comme une débile mentale.Ne pensez pas que c'est un choix; c'est juste que je n'ai plus la force de le faire. Parce que croyez moi, c'est plus confortable de mentir. De se mentir et de se faire croire que oui, ça va. Ouais, ça c'était facile. Assumer sa douleur, assumer sa tristesse, assumer sa putain de souffrance et les laisser s'épanouir en nous, bordel, c'est le calvaire.

 

Je ne sais plus si j'aime les défis. Toujours est il que me laisse encore une énième chance. Des fois que j'y arriverais. 

 

Par [AnO]rchiDeA - Publié dans : Dark babyDoll
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Lundi 22 août 2011 1 22 /08 /Août /2011 12:59

C'est horrible de se trouver déchirée entre ce qui est raisonnable, et ce dont on a envie.

Pour une fois j'ai pris une décision raisonnable.

Mais bordel, putain, comme j'ai le coeur pété...

Le vide a repris ses droits, impérial, tyrannique.

Mais je ne regrette rien. J'ai vécu une histoire mangifique, à fond, passionnée, comme je les aime. Douceet violente par sa passion. J'aime la brutalité de mes sentiments. J'ai aimé être surprise par mes émotions, surprise par le pouvoir de mon coeur.

J'ai appris tellement. Que j'étais capable d'aimer. Qu'on pouvait m'aimer. Que vivre, profiter de l'instant, c'est apprendre à lâcher prise, à Vivre, à recevoir de la Vie. Et que c'était bon. Divin même. Je me suis rendue compte que mon corps  n'est pas un livre ouvert; l'autre ne peut pas percevoir son histoire à son simple touchetr et qu'il ne dégoûte pas. Le problème ça n'est pas la perception des autres, mais bien la mienne. Aime toi toi même, les autres t'aimeront, prend tout son sens. Car la distance qui persistait entre nos corps, c'était moi qui la mettait; c'était le dégoût que MOI j'éprouvais pour moi, pas le sien. A cause de mon dégoût, je me suis punie toute seule, alors que lui désirait mon corps,et le trouvait même...beau. J'ai appris à m'accepter dans le regard de l'autre, à me trouver jolie dans son regard, j'ai appris à lâcher prise, j'ai appris à faire confiance, à me livrer sasn peur, à ôter les masques et être aimée pour ce que je suis, pas ce que j'imaginais qu'il aimerait que je sois. J'ai grandi. Cette histoire m'a énormément apportée.Je pense pouvoir affirmer que ce fut mon premier amour. Car à 15 ans...qu'est ce qu'on y connaît? Cette amourette a été importante pour moi, oui, mais elle n'aura jamais je poids de cet amour ci. J'ai eu le sentiment d'avoir trouvé ma parfaite âme soeur, mon double, mon moi masculin.

Je n'ai pas de regrets. J'en aurais certainement eu, si je ne m'étais pas donné les moyens de le vivre. Alors, la rupture a une incidence fracassante, elle a des notes de tristesse, de décéption, et d'une fatalité exaspérante. Comme toutes les ruptures. Je me demande si un jour on s'y habitue? Si un jour notre armure n'est en rien ébranlée? Est qu'un jour nous parvenons à ne plus ressentir la douleur?

Ce jour là, j'imagine que j'aurais perdu, en même temps que la perte de la sensation de douleur, toute trace d'humanité.

 

J'ai horreur de cette sensation. Celle d'avoir été amputée à vif. Cette sensation qu'il nous manque un truc. On sait pas dire quoi, mais on le sent, il manque quelque chose. On fonctionne au ralenti. Et puis il y a ce vide aussi, désespérant. J'avais même réussi à l'oubier ce con. Mais il s'engouffre dans toutes les failles. Et celle -ci est énorme, ça tombe bien.

 

Oui, c'est une décision raisonnable. Mais doit on être raisonnable en amour?

Je l'aimais, et je l'Aime encore plus fort depuis qu'il n'y a plus de nous deux. Etrange le fonctionnement d'un coeur. Je lai tellement repoussé, tellement ignoré, je ne lui ai rien accordé, jamais écouté, rien. Il y a mon corps et ma tête, mais le coeur, abonné aux absents, c'est simple il me servait à rien. QUE DALLE. KEUTCH. RIEN. Mais là, pour l'occaz'...il s'est battu comme un lion. Ressentir, aimer, éprouver, adorer, haïr, putain mais pourvu que ça dure. Mon coeur, je ne veux plus jamais le ranger à la cave.

 

 

 

Par [AnO]rchiDeA
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Vendredi 12 août 2011 5 12 /08 /Août /2011 22:24

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Pendant longtemps j'ai cru que l'amour et ses conneries n'étaient pas faits pour moi.

Je m'étais résignée à passer ma vie à essayer de le toucher du bout des doigts, sans jamais l'atteindre. Pas pour moi. L'amour c'est pur, l'amour c'est beau.  Totalement à l'opposé de moi en somme.  Le truc, c'est qu'on fait des choses sans penser à demain. On les fait parce qu'on est putain de paumé. J'ai troqué mon cul pour pouvoir me défoncer, j'ai déconné, déconnecté, oublié. Dans le fond j'y trouvais mon compte, rien ne durait, tout était éphémère. L'effet, les gens, moi. L'anorexie, la boulimie, les scarifs, les addictions pour combler le vide immense, MON vide, moi. Cyclique. Les hauts qui arrivaient après les grosses descentes de n'importe quoi, dans les quelles je me bourrais de n'importe quoi, pourvu que ça comble, pourvu que ça me remplisse. Une fois comblée, je pouvais me relever et aller au combat, invincible, euphorique, jusqu'au prochain vide.

Un matin on se lève, et on s'aperçoit que si on décide de mener une vie plus "normale", plus saine, c'est dommage parce que les séquelles, elles, ne sont pas éphémères. Elles restent et sont irréversibles. Elles sont là, comme pour ne jamais refermer la plaie béante. Pour que ça suppure en permanence. Trace invisible de la blessure à vif. Celle qu'on voudrait effacer, mais qui ne partira jamais. Cicatrice mal suturée. Petit pansement inutile. Décollé, recollé. On aimerait bien qu'elle s'efface, mais elle est là. Partout, elle nous suit. Notre ombre. L'obscurité de l'être. On a beau faire semblant, de se foutre un putain de masque sur la face, elle est là. Tapie, elle surgit à tout moment.

Ce jour où je me suis aperçue que toute ma vie je porterai les stigmates d'une vie un peu trop excessive, un peu trop masochiste, j'ai su qu'il y avait des jolies choses dans la vie, que je devrais juste, toucher du bout du doigt. Sans jamais les étreindre.

Qui voudrait d'une putain paumée? Qui voudrait d'une fille capable d'offrir ce qu'elle a de plus pur pour s'envoler quelques poignées de minutes? Quand on est capable de donner, de brader, troquer son corps, soi même, on est capable de tout non? Quelles sont les valeurs? La morale? La conscience? Même pas en rêve poupée. Même pas en rêve.

Je voulais aller bien, je voulais bien "me ranger", mais mon corps était déjà pourri, déjà cassé, alors, à quoi bon. Déjà il était vieux. Déjà j'avais le triple de mon âge. Déjà mes os se transformaient en poussière, doucement. Déjà mes dents tombaient. Et déjà la mémoire me faisait défaut. Alors...à quoi bon?

J'ai voulu y aller, je suis allée sagement à tous les rdv psys qu'on me donnait, j'ai pris gentiment tous mes cachets. Parfois pas, parfois trop, mais tous, je les ai gobés. Je faisais des exercices, notais mes repas, détaillais ce qu'on voulait que je détaille, disais ce qu'on voulait entendre. J'ai entendu les progrès, j'ai entendu la régression, j'ai vu à quoi ressemblait un hôpital psychiatrique, et à quoi ressemblait la vraie folie. Pas celle qui arrive après des expériences marquantes, celle qui te chope à la naissance, sans qu'on puisse rien y faire. Je les ai enviés ceux là. Inconscients, avec une réalité bien plus jolie que la mienne. Je les ai enviés pour tous les cachetons qu'ils avaient à prendre aussi.  Et puis ils n'avaient rien d'autre à penser que les heures qui tournaient lamentablement, au rythme des barquettes, des activités, des pilules, de la nuit, des cris parfois, des blouses blanches, les injections, les transferts. Rien d'autre à penser. Prison dorée. La maladie mentale. Ce qui est horrible avec ça, c'est que lorsqu'on entend "mental", on pense que c'est une simple question de volonté. Que si on avait voulu faire autrement, on aurait pu. Que si je voulais vraiment m'en sortir, je le ferais pas vrai?

Non. J'ai mis du temps, des années à m'enlever cette putain de culpabilité à la con. Celle qui me mangeait toute entière, toutes les nuits. Et encore, il y a de sacrés restes. Mais quand la lucidité m'ouvre les yeux, j'arrive parfois à me pardonner, un peu. Le temps d'une cigarette, je sais que j'avais pas le choix. Borderline. Noir ou blanc, trop ou rien. Et ce vide, toujours ce vide, la peur de l'abandon qui fout le bordel dans les liens affectifs. La faille narcissique horrible. Encore aujourd'hui je me demande comment il est possible de se haïr à ce point. Ne pas croire en soi de la sorte, c'est presque criminel putain.

Et puis je l'ai rencontré. J'ai rencontré mon Double. Mon miroir. Nos écrits se sont emmêlés et nos mots se sont fondus, pour m'apercevoir que peut être la vie en avait encore sous la pédale. Qu'il y avait des sensations que j'avais pas encore explorées. Plus il m'écrivait plus je voulais lui répondre, plus je le lisais plus je voulais le voir, plus je voulais le voir plus il me manquait. L'intensité m'a déstabilisée très vite. Mon souffle se faisait court à la simple vue de ses mots et je n'ai même pas su identifier ce qui m'arrivait, parce que je ne connaissais pas. L'inconnu me fait peur en règle générale. Mais là, c'était trop important pour que je ne laisse la peur s'engouffrer dans mes entrailles. Je ne pouvais pas. Il fallait que je le voie. Que j'entende sa voix. Que je finisse ses phrases. Que nos bouches s'entrechoquent et finissent par s'unir. Plus je le connais plus j'ai conscience que nous sommes de belles personnes. En apprenant à l'aimer j'apprends à m'aimer et les premières fois n'en finissent plus. Je ne fais que découvrir. Je ne fais qu'apprendre la Vie depuis quelques semaines. J'apprends à marcher, j'apprends à regarder, j'apprends à ressentir, j'apprends à manger. J'ai arrêté les crises de boulimie, et j'ai mis des couleurs dans mon assiette. Même quand il n'est pas avec moi je ne me sens pas vide. J'apprends à me servir de mon coeur aussi. A lui laisser un peu de place. Le laisser battre. Vite. J'apprends à rire de tout et de n'importe quoi, j'apprends à être moi même et à ne plus mettre le masque d'une autre. J'apprends à m'aimer dans ses yeux et finis même parfois par me trouver presque jolie.

Je ne savais même pas que je pouvais abriter tout ça dans mon coeur. Remarque, fallait bien qu'il serve à quelque chose un jour. Ça fait 25 ans qu'il pionce. Oh, j'aime. Ma famille mes amis. Mais de cette manière là jamais. Il est même à rude épreuve. Ça va jusque dans les tripes. J'apprends à sourire aussi. Pendant des heures. Juste en y pensant. Je me trouve même sacrément conne parfois, même beaucoup et je m'en fous. J'ai presque envie d'écrire sur mon front que je suis heureuse, et de parcourir le monde entier. Je suis amoureuse et rien ne peut m'atteindre. Vous voyez?

Nous sommes les seuls à connaître le lien qui nous unit. Les seuls à tout connaître l'un de l'autre. C'est comme si je le connaissais depuis toujours. Les barrières se sont écroulées dès le premier échange. Nous étions nus l'un devant l'autre. Pas de censure. Juste la liberté d'être soi même. Il est le seul borderline que je connaisse. Le seul qui m'ait aussi permis de palper le concept, et de le comprendre, de le percevoir à travers l'autre, et de me comprendre en me plongeant dans sa propre personnalité. Parfois j'ai l'impression que notre "moi" est tellement poreux, illimité, flou, que ça nous permet de nous fondre l'un dans l'autre avec une facilité déconcertante. Déconcertante et rassurante, déconcertante et tellement forte. Sécurisante. Même absent il est là, en moi. Même absent mon vide n'est plus et je reste forte de lui.

je l'Aime. En toute liberté. Je ne le possède pas, il ne me possède pas. Nous sommes libres. Des Amants aimantés, indépendants. Vivre au présent. Profiter du présent et savourer chaque instant. Encore une première fois. Vivre. Je me sens vivante. Juste, vivante. Enfin. Et non, je m'aperçois que ce que j'ai pu vivre avant n'a plus d'importance à côté.

Je me suis demandée pourquoi moi. Pourquoi il n'a pas fui devant mon corps. Pourquoi il n'a pas peur que je le salisse. Pourquoi il m'Aime quand même. Pourquoi il est resté. Pourquoi il me touche. Pourquoi moi? Mais les questions n'ont plus leur place. Plus d'importance.  Ma tête a pris trop de place toute ma vie. M'a pourrit des nuits entières avec des trucs qui foutent l'air gratos. Elle a tué mon corps et mon coeur. Alors aujourd'hui, j'ai envie qu'elle ferme sa gueule de temps en temps, histoire de respirer un peu. Savourer, se délecter, et trouver ça délicieux sans en être gênée.

Bien sûr que la question du corps prend encore beaucoup de place. Et bien sûr que j'ai énormément de mal à faire la part des choses entre avant et maintenant, niveau corporel. Que lorsqu'IL me touche j'ai tellement peur que les autres viennent nous parasiter. Qu'ils surgissent et qu'ils pourrissent tout. Je me défends comme une damnée pour les empêcher d'apparaître, mais alors je ne suis plus présente, et me terre dans une douleur effrayante. Il me touche et je tremble comme si c'était une torture. Je suis là, Il est là, me protège, et pourtant putain que j'ai confiance, et que j'ai envie de me fondre en lui, d'emmêler nos corps jusqu'à l'osmose parfaite. Mais non. Ça ne suffit pas. Et puis, j'ai peur. Je ne sais pas de quoi. Juste, j'ai peur. Que ça fasse du bien? Oui, peut être. Je ne connais pas ça. Je ne connais pas et ce que je ne connais pas me fait peur. Je ne connais que les contacts corporels douloureux. Que ceux qui se font dans l'oubli et la décadence de l'âme. C'est ma manière de m'évader. Avec lui je ne veux pas m'évader, je veux rester. Je veux vivre ces moments, je veux jouir avec lui. Mais je ne sais pas comment on fait. Je crois que je suis encore plus empotée qu'à mes 15 ans. Comme si c'était mal de se faire du bien. Aujourd'hui on admire plus quelqu'un qui a mal que quelqu'un qui va bien. C'est comme ça. Comme si fallait culpabiliser de prendre son pied. Je vais apprendre le plaisir à 25 ans. Moi la putain, hahaha, risible cette situation. La reine du pieux. Pucelle en amour. Mon Dieu.

Remarque, 25 ans...nous dirons qu'il me reste encore de la vie devant moi. Alors fonçons my lover. Il m'enseignera et je serai son élève, parait que j'apprends vite. Je sais pas si le bonheur ça s'apprend. Mais ça s'apprivoise en tout cas. Alors, enjoy.

(pix: Musée Rodin, la valse, Camille claudel)

Par [AnO]rchiDeA
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Vendredi 12 août 2011 5 12 /08 /Août /2011 13:24

[Bonheur en construction]

 

C'est trop bon si vous saviez...je suis heureuse heureuse mais heureuse à un point...

Vous raconte tout ça très vite.

(ps : suis amoureuse)

Love.

Et...Enjoy summer!

Par [AnO]rchiDeA
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Dimanche 24 juillet 2011 7 24 /07 /Juil /2011 12:36

C'est comme si je me découvrais. Comme si je comprenais la portée de ma personne de ma personnalité, l'envisageais sous un autre angle...un angle éxterieur, objectif, neutre. 

Je me découvre ambivalente, douloureusement coupable, obsessionnelle, combattante, vulnérable. Je ne sais plus la part pathologique, je ne sais plus ce qui est emmêlé entre le trouble et mon Moi. Les noeuds sont tellements vieux, tellement élimés mais solides, si solides. Ma cilpabilité est un poids que je ne comprends même plus, cela tourne au ridicule, je ploie sous le poids de dettes imaginaires que je m'acharne à rembourser, mais le prix à payer est aussi fort que ces dettes sont irréelles...Est ce que je dois payer pour exister? Est ce que la vie se loue, et le prix du loyer soumis aux fluctuations des victoires, échecs, fautes, péchés? Est-ce que, rééllement, ma mère attend de moi que je lui rembourse au prix fort ses insomnies d'inquiètude, ses allers-retours aux urgences, les minutes fatidiques de l'attente d'u pronostic vital engagé ou non, est ce qu'elle m'en voudrait au point d'exiger de moi que je lui dédie ma vie, ou est-elle sincère lorsqu'elle ne veut que mon bonheur, est ce qu'elle le pense rééllement ou attend elle de moi qu'à travers les mots j'entende réparation? Pourquoi je m'emploie à toujours interpréter les désirs, les attentes de l'autre, jusqu'à lui insuffler  mes propres travers? 

Oui, cela tourne au ridicule, à la mascarade risible de la marionnette qui, même sans son maître, continue à jouer le rôle du pantin dénué de volonté propre. Un spectacle ridiculement pathétique. 

Les psys essayent de m'en défaire, mais je m'entête à croire que tout a un prix. Je vois bien que je suis dans le faux, je vois bien que tout cela n'a même pas de fondations, mais pourtant je continue, comme si...je ne sais pas, je ne sais plus. 

je me demande même si me sentir coupable au fond, n'occupperait pas mon esprit afin que  je puisse  justifier le fait de ne prendre aucun plaisir nulle part, par le fait que je n'y ai pas droit.

je vois bien que la psy trépigne, voudrait bien me tarter des fois pour me mettre devant la réalité, m'engueule presque quand je ne relève plus ses remarques ayant attrait à cela, se faire du bien.

On parle des massages, de ce corps qui me répugne, de mon angoisse. Et ça tourne au "On peut essayer, oui vous pouvez me demander si je ne suis pas écoeurée, je veux bien y répondre toutes les 3 minutes si vous voulez. Mais vous allez devoir prendre le relais Eugénie, VOUS. Vous allez me croire, une, deux, 3 minutes? Le temps du massage? mais après? C'est vous. Il y a un moment où il va falloir que vous vous accordiez de l'éstime. Ce ne sont pas aux autres de prendre soin de vous. C'est à vous de le faire. Ce ne sont pas aux autres de vous protéger. Mais à vous. Ce ne sont pas aux autres de vous fixer les limites. Vos limites. Mais...à vous. Oui, vous êtes condamnée à prendre soin de vous pour me restant de vos jours Eugénie. Oui, vous pouvez rire. Je n'ai jamais été plus sérieuse. Alors il va falloir y mettre un peu du vôtre maintenant. Il va falloir m'aider. Il va falloir vous investir. Et si vous voulez Vivre, alors c'est la base. Vous comprenez ce que je vous dis?"

 

Je ne sais pas pourquoi j'ai autant de mal. Ca a l'air tellement évident. Prendre un bain. Se mettre de la crème. se poser. S'accorder un peu d'intimité. Prendre du temps pour soi. Se préeserver. Se trouver pas mal dans le miroir. Ne pas avoir peur d'être appréciée. Ne pas se poser 3 mille questions sur le pourquoi des attitudes positives à son égard. Ne pas douter de la sincérité des compliments. Ne pas se censurer sous pretexte que sinon on ne plaira pas. Être soi même, sans masque. S'assumer. S'aimer (en toute humilité). Ne pas tout donner, mais partager.

Je n'y arrive pas. Même, pas du tout.

C'est comme si tout m'apparaissait clairement. je me vois tellement fragile en ce moment. Comme si je prenais conscience de mes faiblesses, sans chercher à les excuser, ni à les cacher. Elles sont là. Et elles font partie de la faille narcissique du borderline. 

 

Parlons en tiens. J'aimerais tellement qu'on en parle enfin. Parfois, le fait d'être ni complètement anorexique, ni complètement boulimique, nit totalement dépressive, ni totalement toxicomane, est déstabilisant. Être partout et nullepart est fatiguant aussi. Traverser des cycles, piocher dans les addictions car finalement ce sont toutes des addictions pour remplir un vide horriblement douloureux :  SON VIDE. C'est se transformer en animal en manque afin de remplir, remplir, et remplir encore son vide, par tous les moyens possibles. Le vide ça fait peur, ça fout le vertige, ça déstabilise, ça perturbe, c'est déroutant, ça fait gerber, ça dégoûte, le vide c'est la chute, c'est le gouffre, c'est le néant, c'est le manque de matière, de support, le vide c'est le rien, c'est le manque de limites,  de cadres, de frontières; le vide c'est l'enfer. Le vide c'est la mort. Et le vide il faut le remplir pour survivre. Nimporte quoi pourvu que ça remplisse. Pourvu qu'on puisse se sentir à nouveau vivant. Alors on se fait carrément péter la panse dans l'urgence, tellement qu'à la fin c'est douloureux, et il faut se vider. Et puis se re-remplir. Et se vider. Noir ou blanc, trop ou rien. L'épuisement, la fatigue de soi. Et des autres. Incompréhension, peur. Présence maladroite, puis absence.

On se sent comme un monstre de folie. On se sent différent, singulier, et surtout putain de seul. 

Est ce que j'ai envie de changer? Non. La réponse est non, clairement. C'est moi. Et si on m'enlève ça, le vide, sera mortel. Si on m'enlève ma différence, ma singularité, mon essence, mais c'est pire que la mort, c'est pire qu'un lavage de cerveau, c'est pire que de se censurer pour rentrer dans le moule, c'est devenir le mensonge, c'est ÊTRE UN MENSONGE VIVANT. Moi qui me bat pour l'authenticité, la trahison serait effroyable. Je ne veux pas changer. Mais apprendre à en faire une force, oui. On apprend de la différence, c'est la richesse des échanges, c'est en prendre le meilleur et insuffler à d'autres. Et si auparavant, j'étais bousillée, écrasée par les excès, et l'incompréhension des autres...aujourd'hui, je suis persuadée que je peux m'en servir. Je peux en faire un atout. J'ai aujourd'hui assez de recul, assez d'objectivité et d'expérience pour analyser et décortiquer les situations pour en retirer des objectifs. Apprendre à me connaître, m'apprivoiser...m'apprécier à ma juste valeur.

je suis une bonne personne. Je crois. Pourquoi changer? J'aime être hypersensible, j'aime être hyperémotive, j'aime être hyper à l'écoute, disponible, hyper perfectionniste, hyperactive, hyper bipolaire, hyper moi. Ce sont des qualités que je peux mettre à mon service. Apprendre à les maîtriser, et gérer le surplus,reste je pense, jouable. 

Je ne dis pas que ce sera facile. Rapide, ou aisé. Mais pour rien au monde je ne veux me métamorphoser en pantin, produit des désirs des autres. Synthèse fade de ce que j'imagine les autres voudraient que je sois. Erreur qui peut avoir des conséquences définitives, car se renier ne tient pas longtemps. Et pour le coup, c'est LE manque de respect. 

 

J'ai passé quelques jours à l'hôpital, car la solitude au quotidien me fait perdre tout sens commun. 

j'ai signé une décharge, je n'arrivais plus à rester sans rien faire, il fallait que je sorte.Ce n'est pas dans mes habitudes, mais je me suis rendue compte que ça n'était pas ce que je voulais vraiment; il fallait que je sorte. Seulement on dirait bien que je m'y prends mal pour assurer en solo. 

Et donc, la phrase "je vous laisse une semaine pour redresser la barre, une semaine. Mais après j'interviens. JE décide. Entendu? Vous avez UNE SEMAINE, après...après on verra".

Elle m'a jamais mise en HDT. Je n'ai pas peur d'y aller. Ne suis pas triste non plus...pas trop. Je m'y fais, c'est tout. Bizarrement, je crains plus la réaction de ma mère plutôt que le fait de passer ses congés estivaux en HP. Rien est fait pour le moment. Et puis, me dire que ...pendant 15 jours je n'aurais plus d'activité régulire, en l'occurrence le boulot, ça va faire un sacré vide à remplir...encore faut-il savoir le remplir calmement , posément, et intelligemment. Pas de manière déraisonné, passionné, malade, maladroite, enragée, violente, irrefléchie, impulsive. On verra.

Ça va aller vous savez!?

Par [AnO]rchiDeA
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Samedi 9 juillet 2011 6 09 /07 /Juil /2011 13:50

Mon cadre est parti. Mes grands parents sont partis pour l'été. J'étais ravie de pouvoir "tester". On sait tous comme j'aime me tester, ça n'est pas un secret. Parce que je suis sous l'emprise de cette euphorie, parce que je me sens invincible, et parce que je vais bien. Je vais bien puisque j'avance non?

Je n'avais rien prévu de ce chaos. Mais peut être que j'ai tellement désiré et à la fois appréhendé ce moment que j'ai presque...tout fait pour qu'il se passe de cette manière. J'avais tellement peur.

L'année dernière, à cette époque il me semble, j'étais dans le coma. Parce que je n'avais pas su. Je ne voulais pas mourir. Je voulais...que ça s'arrrête. Que l'angoisse s'arrête. M'anesthésier quelques heures, et me réveiller sereine.

Sauf que non, on sait bien que non.

Comme j'ai pas vraiment la force de balancer ça autrement que comme une grosse pleurnicharde...je l'écris tel quel.

Depuis qu'ils sont partis, j'ai arrêté de courir, de dormir, et surtout, surtout je ne fais que bouffer. Je vois je n'ai pas perdu l'endurance, je peux toujours m'empiffrer avec beaucoup de soin, en grandes quantités, jusqu'à me faire péter la panse. Jusqu'à ce que le moment soit venu d'aller se faire exploser les vaisseaux au dessus de la cuvette des chiottes. Et s'humilier, se faire bien du mal, ressembler à un monstre, et puis s'imprégner du vomi. Balader l'odeur rance des acides gastriques. Et puis avoir cette gueule de hamster à cause de ces putains dde glandes salivaires qui gonflent. J'ai l'impression que tout le monde sait que tous les soirs je m'adonne à ce triste rituel de la fille qui tue la solitude en vidant tous les palcards, un par un. J'ai peur putain, j'ai tellement peur. J'ai peur que ça ne s'estompe pas, j'ai peur que tout l'été je sois vouée à l'esclavage de la purge. Ca faisait tellement longtemps que je n'avais pas fait de crises. Tellement longtemps que je n'avais pas ressenti cette honte horrible de la perte de contrôle. Non, moi j'avais la possibilité d'arborer le visage fier, le visage émacié de la fille qui gère à fond. Pas de monstre bouffi, juste un tyran mortellement pur.

Putain ce que je me hais bordel de merde. Mais pourquoi putain!? Pourquoi il faut toujours que ce connard de contrôle m'échappe? On me dit toujours que je suis une fada du contrôle mais c'est complètement faux, j'AIMERAIS contrôler mais je ne contrôle que dalle. Je veux courir 1h par jour, il faut forcément que je cours plus, bien plus, jusqu'à ce que j'en puisse plus; je veux équilibrer mes repas, soit c'est draconien soit c'est l'orgie, j'essaye de maintenir ma vie sociale, en vérité soit je sors comme une braque tous les soirs en buvant comme un trou et en faisant sauter dans des chiottes pourris, soit je vis en otarcie, à chaque début de traitement je me dis que je vais le prendre régulièrement, en réalité soit je l'arrête net, soit je m'avale la boite d'un coup...et ainsi de suite. AINSI DE SUITE. Noir ou blanc, tout ou rien. Je suis crevée de tout ça, je suis épuisée. 

La verité c'est que j'ai 25 ans et que je ne sais pas rester toute seule, voilà la verité. J'ai essayé...je veux dire j'ai tenté le truc de faire les courses presque quotidiennement pour ne pas avoir de reserves, j'ai essayé d'aller refaire un footing mais mes jambes ne veulent pas courir à cause de ma circulation sanguine, elles gonflent tellement que ça...je ne peux simplement pas courir. J'ai essayé de me mettre une heure limite pour aller me coucher pour ne pas alimenter ma dette de sommeil, j'ai aussi demandé au médecin d'augmenter mes visites à la pharmacie pour ne pas me retrouver avec un stock ingérable de méthadone. J'ai essayé. J'y ai mis toute ma volonté.

Mais je ne contrôle pas. Je ne contrôle simplement pas.

En fait...c'est même pas ça le problème. Le problème c'est qu ej'angoisse à mort parce que je n'ai aps prévu mes vacances et que normalement je devrais partir rejoindre mes parents à ST Tropez mais je ne veux pas. C'est bien, j'y passe de bons moments et je ne veux souvent plus en partir. Mais ce ne sont que des paillettes mal collées sur des dérapages...qui ne sont pas vraiment luxueux. Ce sont toujours les même dérapages, avec un peu de brillant dessus. Avec de la coke de luxe, des yachts de luxe, des robes de luxe, mais...Se retrouver seule, le mascara tartiné de long en large sur le visage, les narines saignantes et le string complètement roulotté....ça, ça n'est pas vraiment ce qu'on peut appeller du luxe. Alors il faut que je me protège parait-il. Il faut aussi que je prenne du bon temps parait-il. Et je vais les décevoir. Ils vont être déçus. Ils ne le seraient pas s'ils savaient ce que je cherche à éviter. Mais je ne peux pas. Je ne peux pas leur dire. Ils ne comprendront pas. Et ils seront déçus. Et je serai triste. 

Et mes amis? Mes amis...il est clair que lorsque je suis en période d'orgie mal contrôlée, avec ce corps difforme et les bajoues qui pendent, non, je ne les vois pas. Je suis trop fière pour ça, trop pudique, et il n'est pas question que j'expose ma déchéance aux yeux de tous. Hors de question. Pas envisageable. Et puis quoi, dire, "non ça va paaaassss bla bla bla bluurp", non, franchement non. Je me reconnais pas. Je deteste être faible. Je deteste ployer.  Je me deteste. Et puis mes psys se cassent. Voilà ce qui va pas: Mes vacances, et LEURS vacances. Parce que je suis seule, toute seule, et...que je pourrais même pas aller me lamenter dans leur foutu bureau. Soyons claires, il n'y a qu'elles qui ont le privilège de connaître mes déboires. Je ne me confesse à personne d'autre. Et si je ne le fais pas, je fais de la rétention, et si je fais de la rétention...j'explose. 

Elle m'a dit "vous me promettez d'appeler l'hopital si ça ne va pas? Vous savez qu'il y a toujours quelqu'un, vous êtes capable de le faire. Vous y passez la nuit, on s'en fout, ne le dites à personne si vous le voulez mais appellez..." Bien sûr. Déjà que j'y ai passé Noël,  je vais pas non plus aussi y passer mes vacances d'été...ou alors...non.

Quand j'ai minaudé lamentablement un "mais ça va passer. Ca finit toujours par passer, ça va aller..." Elle m'a répondu. "Mais bien sûr que ça va aller, avec vous même dans la pire des situations ça va toujours! Non, ne vous débinez pas avec ces phrases stériles. Je ne sais pas si ça va aller. Je ne sais pas si ça va s'estomper. Mais si vous persistez à ne pas vous écouter, ça va durer deux mois. C'est tout ce qui va arriver, et vous le savez aussi bien que moi! Vous vous plaignez parce que votre corps parle trop, il a mal quand vous courrez, il a mal quand vous mangez, il a mal quand on vous masse, vous execrez vomir, vous ne supportez pas les kilos, vous detestez vous sentir fatiguée...Oui, il vous parle, mais ne le laissez pas parler tout seul! Ecoutez le un peu...Pourquoi vous êtes fatiguée? Parce qu'il est faible ou parce que vous vous privez de sommeil? Il a mal quand vous mangez...rappellez moi comment vous mangez? Evidemment que vous êtes obligée de vomir! Avec la taille de votre estomac, il doit être plein assez vite je me trompe? Vous ne l'écoutez pas, jamais. Ensuite, il se plaint, et là, vous le saquez. Ecoutez, on va tout faire pour que ça ne dure pas deux mois. Mais il a besoin de vous. Vous êtes une EQUIPE Eugénie. Et rappelez vous qu'il y a quelques semaines, vous découvriez AUSSI qu'il pouvait vous apporter....Donnez lui une chance. "  J'ai horreur qu'elle fasse ça. J'ai horreur quand elle débite toutes ces phrases à toute vitesse...elle fait ça quand elle s'inquiète. je le sais, au bout de 7 ans...elle me connaît, mais je la connais aussi. Et elle ne le fait jamais gratuitement. Elle ne me met jamais au pied du mur pour le plaisir. Elle le fait quand il faut agir. Quand on n'a plus le temps de tergiverser pendant des semaines. J'ai envie de lui hurler d'arrêter, je sais tout ça, je sais tut ce qu'elle me raconte, j'ai compris. Mais pourquoi...pourquoi il suffit pas de savoir pour le faire? Je croyais que c'était ma tête le chef, je croyais que si elle était ok ça marcherait, que...ce serait facile. "ça prend du temps". Ouais, bah en attendant on est bien avancé tiens.

Je vais y arriver. J'y arrive toujours. C'est juste...il faut que j'élimine les problèmes. Organiser mes vacances. Dire à mes parents "non". Vous savez le pire? c'est que c'est juste ce "non" qui me fout tellement les boules que ça me rend malade. C'est pas une rechute ni rien de tout ça. C'est juste cette angoisse démesurée du "non". Ce que c'est con. Ah, et aussi mon angoisse que...mes amis...ne soient pas là pour moi. Enfin évidemment si j ene leur parle pas ils ne peuvent pas le deviner, ni si je les évite, ni si je me cache. Mais voilà. Une fois que "ça" sera réglé, je pourrais continuer à guérir tranquillement. Voilà.

Ah, je me sens plus légère :)

 

Au fait, suis je la seule fille à faire des crises de BV sans se faire DU TOUT plaisir? Qui a vu qu'on faisait des crises à base de pommes bouillies, de galettes de riz, pain azyme,salades de fruits en boite, ratatouille et autres purées de légumes? J'ai tellement peur de ne pas tout vomir. Encore heureux que les médias sont là pour nous donner des tactiques. Jsuis pathétique.

Par [AnO]rchiDeA
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Dimanche 3 juillet 2011 7 03 /07 /Juil /2011 17:45

_Vous restez avec moi hein? Ne partez pas...vous avez froid? Vos mains sont gelées. Ça va? Oui, inspirez. Vous partez. Si, vous partez! Serrez moi les doigts. Plus fort. Je ne sens rien. Plus fort. Voilà.

Vous êtes sûre de vouloir le faire? Vous m'arrêtez sinon? 

En réalité je ne sens rien. Ni la chaleur de ses mains sur les miennes, ni le contact de sa peau, ni la pression qu'elle exerce sur mes bras. Rien. J'essaye pourtant, rien n'y fait. Si je ne sens rien, mon corps lui se cambre, se hérisse, le coeur bat anarchiquement, la respiration est saccadée. Mon ventre me fait un mal de chien. Le bas ventre, comme d'habitude. Comme si des flèches le traversaient en permanence. J'ai mal en profondeur. J'ai une envie irrépressible de pleurer, mais je ne sais pas pourquoi. Mon esprit s'évade, je me dédouble, mais mon corps se fait douloureux pour me retenir. Lutte.

Je la vois qui essaye de ne pas percevoir ma détresse. Je la vois qui essaye de rassurer. Qui essaye de faire un massage plus technique que tendre, pour ne pas me braquer. Voilà pourquoi ses questions relatives à mes réactions aux différents touchers. Connaître mes préférences; un toucher affectueux, tendre, attentif sera bien moins gérable qu'un toucher brutal, technique, détaché. 

J'étais loin d'imaginer que ce serait aussi violent. Pourtant, elle ne fait que m'effleurer. 

Je sais qu'elle voudrait que je lui dise d'arrêter. Je ne le ferai pas. J'ai envie de croire que dans quelques minutes j'arriverai à me détendre. J'arriverai à apprécier. J'ai du mal à y croire...mais je m'y cramponne. Toucher me manque tellement que ça devient obsessionnel. Je ne supporte plus d'avoir ces réactions ridicules. Sursauter chaque fois que l'on me frôle. Ressentir cette douleur dès qu'on s'approche de moi. Rejeter, vexer, stopper tous les élans affectueux qui me sont destinés. Je veux pouvoir approcher. Je veux me blottir, ressentir, serrer, caresser, aimer. 

Mais chaque fois qu'elle me touche, c'est comme une nouvelle piqure. Pourtant je ne sens rien. Je ne suis plus là. Dans mes mains même le sang ne circule plus. Elles sont tellement froides. Mortes. 

_"Revenez avec moi! Il faut rester...je préfère que vous me disiez d'arrêter. Je veux bien faire ce compromis, je veux bien céder à votre demande bien que vous sachiez que j'ai très envie de m'y opposer. Mais, en contrepartie, je compte sur vous pour me dire non si ça ne va pas. Je ne veux pas être votre instrument de torture, encore moins m'inscrire dans votre quête de performance. D'accord? J'y vais. Le deuxième bras. Vous êtes gelée...J'y vais.

Mais Je vois bien qu'elle ne me masse pas. Je me suis demandée sur le coup si...je m'en serais rendue compte si je ne l'avais pas regardée faire. Si je ne l'avais pas regardée marquer cette hésitation d'un long temps de lutte interne. Je sais qu'elle s'est prise dans mon piège. Je sais qu'elle sait. Elle ne voulait pas, je lui ai dit que je saurai dire non. Stop. Elle a cédé à contre coeur. Je lui ai promis encore une fois. Elle sait que je veux y arriver. Mais elle sait aussi que ça m'est insupportable, et même carrément douloureux.

Je lui ai dit d'y aller, elle ne l'a pas fait.

_Allez y! Vous pouvez y aller je suis prête...jvous jure que c'est vrai. Allez-y.

_J'ai le droit d'y prendre du plaisir, moi, à vous masser?

_Rire très nerveux. Du plaisir? 

_Du plaisir oui. 

_Malaise. J'ai beaucoup pensé à ces massages vous savez. Je ne sais pas de quoi j'ai le plus peur. Que vous soyez dégoutée de le faire et que vous me disiez un jour ne plus vouloir le faire, ou le simple fait d'être touchée. Je ne sais pas la quelle prime. Ce qui est sur c'est que...non, pas de plaisir. Vous ne pouvez pas avoir de plaisir à ME masser. C'est...étrange de parler de plaisir tout en touchant MA peau. Non? J'ai tellement peur que votre regard change. J'ai tellement peur que vous me voyiez autrement. 

_Ecoutez, je vais être claire. Vous me touchez. Pour le coup, au sens figuré du mot toucher. Je ne sais pas pourquoi, mais vous me touchez, c'est comme ça. Tous mes patients m'importent, vous, un peu plus. Mais mon regard est professionnel. On n'ira pas manger ensemble, ni à des concerts, ni boire un café, ni...mon regard est juste, professionnel vous voyez? Est ce qu'il a changé depuis que je vous parle prostitution, que je vous conseille des lectures sur le sujet? Non, si? Il faut me le dire sinon. Vous êtes dans un bureau, en sécurité. Vous le connaissez depuis des années, c'est avec moi, et...je ne suis pas dotée de supers pouvoirs. Vous avez l'impression que lorsqu'on vous regarde, lorsqu'on vous touche on vous voit de l'intérieur...! Mais non, on vous voit, telle que vous êtes. Sur le moment présent. En vous touchant je n'ai ni pensées, ni images de vous dans d'autres situations que vous ici et maintenant. C'est toujours pareil, vous vous voyez tellement sale que vous voulez qu'on voit voie sale. Non. J'ai accepté de vous masser suite à votre demande, et parce que si je vous suggère sans cesse de faire des compromis, il fallait moi aussi que j'en fasse, d'accord. A travers ce massage, j'essaye d'avoir le plus de "distance" possible, je sais qu'il ne faut pas que je sois trop "tendre", et qu'avec vous plus c'est trash mieux c'est...il est évident que je ne peux pas non plus vous malmener, hein...mais j'essaye. Que ça ne soit pas trop douloureux pour vous. C'est quand même amusant; avec vous je dois masser pour que vous reveniez, avec les autres je masse pour qu'ils s'abandonnent...vous êtes pleine de surprises mademoiselle S...pleine de surprises.

En échange, il faut vraiment, mais je compte sur vous...que vous me disiez non si c'est trop insupportable. Je fais un compromis, ce qui ne veut pas dire que je cède complètement, d'accord? Vous ne venez pas ici à une séance de torture. Je ne veux pas que vous repartiez complètement violentée. Je ne veux pas non plus que les images reviennent, les images ou les sensations d'ailleurs. Pas avec moi. Je veux que ce bureau reste un endroit sécuritaire pour vous. Pas un lieu où vous vous confrontez à l'insupportable."

   

J'ai l'impression d'agir comme eux. De savoir ce qui est bon pour mon corps, et de lui imposer sans même écouter son avis. L'entendre geindre mais continuer malgré lui. Et en même temps, comment je dois faire? Comment je dois faire pour récupérer le contact?

Je ne sais pas pourquoi ces massages sont si terribles. Comme si c'était une défense...comme si, à chaque toucher, mon corps se souvenait de ce que je lui ai fait subir pour hurler un non peut être inaudible, mais douloureusement et tristement intense.

 

_Vous me laissez votre corps en pâture c'est ça? Comme ça vous pouvez vous dire que vous l'avez fait, vous pouvez vous satisfaire d'y être arrivée...mais en réalité, ça n'est que comme d'habitude pas vrai? Vous balancez votre corps pour qu'on le tripote, vous le reprenez quand c'est fini? Eugénie...pourquoi?

Chhhttttt...c'est fini. C'est fini. Vous y arriverez je vous le promets. C'est juste...pas de pression d'accord? Pas de pression. On va y arriver. Vous allez y arriver. Doucement. Sans violence. On arrête la violence. 

 

Il y a aussi cette séance d'EMDR qui m'attend. J'en ai une peur bleue. Le résultat, pourquoi pas. Mais je sais ce que ça fait sur le coup. Tout revivre. Tout ressentir. Le traumatisme, les images, tout...le glauque, le sordide, le cru. Tout dire à l'oral? Veux pas qu'elle entende "ça". Mais il faut que ça sorte. Une bonne fois pour toutes. Ne plus se laisser parasiter par tout ça. Vomir, et tirer la chasse. Ne pas mettre les doigts dedans pour trifouiller les grumeaux. Je l'ai prévenue. Je l'ai prévenue de ce qui allait sortir de ma bouche. Le glauque le sordide le cru.  Les overdoses le cul les squats. Les vols les garde à vue le cul. Le cul  l'alcool le manque. Faire une croix dessus. Rouge vif. Et enf finir. Une fois pour toutes.

 

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Par [AnO]rchiDeA
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Mardi 21 juin 2011 2 21 /06 /Juin /2011 21:44

Je ne sais pas pourquoi les rdv  psys se font de plus en plus...bouleversants. Remuants. Peut être y suis-je plus sensible. Ou plus investie aussi. Mais j'en sors retournée.  Besoin d'écrire furieusement, noircir les pages, anoter, revenir dessus...digérer. J'ai l'impression de commencer seulement maintenant. Après 7 ans de thérapie, c'est déstabilisant. Peut être parce que je suis prête, enfin à écouter, non plus me contenter d'entendre. Approuver vaguement...sans jamais remettre en question. Ni m'interroger plus que ça. Aujourd'hui je m'impatiente, j'ai envie d'y aller, et à la fois suis plus craintive. Parce que j'arrive enfin à parler, à être authentique, me lancer dans ce qui fait mal, sans me censurer...enfin. Enfin j'investis l'espace. Je me rends compte seulement maintenant de l'existence fade que j'ai pu mener, entre les échanges parasités par le mensonge et les non-dits, les semblants d'emotions que je ressentais, l'illusion du contrôle (que je n'atteins en réalité jamais), et tous les mirages auxquels j'ai pu croire. J'ai l'impression de découvrir la vie maintenant. J'ai 25 ans...

Mettre le doigt sur les vraies angoisses. L'angoisse de perfection, mais surtout celle de l'abandon. Qui me mène à m'écraser pour surtout ne pas risquer de casser les liens, ou de me confronter à une possible rupture. M'anesthésier en me cachetonnant, en m'affamant et autres tactiques pour que je ferme ma gueule, surtout. Fuir les conflits.

J'ai peur que l'on m'aime...mais peut être que celle de ne pas l'être est encore plus grande.

Tout parait si clairement maintenant. Lucidité aveuglante; c'est trop dense, trop compliqué, trop et je recommence à ployer. A l'heure où je veux couper avec le passé, il m'encombre et les dossiers à traiter sont si nombreux que j'ai l'impression d'étouffer. Pourtant je suis heureuse de voir à nouveau, de démêler et pour une fois, pour une fois...me battre en vrai. Avec sincérité. Pour de vraies raison. Avec de vrais outils. Contre les vrais ennemis.

 

Je suis heureuse mais à la fois j'ai presque l'impression de tendre la deuxième joue, c'est étrange.Ca fait du bordel aussi dans le quotidien, des comportements que je pensais "passés" qui reviennent à la charge; l'impression d'une rechute qui n'est en réalité qu'une piqure de rappel pour me dire que je reste fragile. C'est long. C'est si long.

Je pensais que si ma tête décidait, si elle était d'accord, ça suffirait. Tout suivrait. Après tout, c'est elle le leader non? Le boss, niveau hierarchique. Mais non. Ca marche pas comme ça. Parait que j'ai un coeur; mais un corps aussi. Qui se met à parler, même à hurler parfois, moi qui ne lui ai jamais donné que des miettes.

Je ne sais pas pourquoi je dois lui faire du mal pour me faire du bien. Je ne sais pas et je le regrette profondément. J'ai l'impression de ressentir enfin toute la douleur, recevoir toute la haine et le dégout que je lui ai infligé. Pourquoi? Je ne sais pas. L'ai-je su un jour?

J'ai coupé tous mes cheveux. Cachée sous un "j'avais envie de changement" joyeux, j'efface le moment où, embuée par l'alcool et une soirée amnésiée ainsi qu'un retour sans sous-vêtements...je me suis pris mon reflet en pleine face. Les déceptions de ces derniers jours. Les échecs. La perte de vitesse. Et...le fait que je me sois trompée. Que je me sois entêtée dans cette course à la guérison sans prendre en compte mon coeur, pauvre petit coeur boursouflé, sans l'emporter avec moi, sans écouter les mises en garde. Je deteste me tromper. J'ai horreur de ça. Faut dire, je suis plus que têtue. C'était tellement ...comme une conviction. Si je décide d'y arriver, j'y arriverai. Comme tout. Mais non.

Je me suis regardée, longuement. Les pleurs coincés dans le larynx. L'extinction de voix qui tait les hurlements. L'estomac vrillé. L'incompréhension de l'absence de sous-vêtements. Je crois que j'ai dû murmurer un "t'es qu'une salope". Et j'ai coupé. J'ai coupé. Tout. 30 centimètres. Je crois que c'était ça ou lacérer toute la surface de ma peau. Il fallait peut être que je marque cette soirée au fer rouge. Comme pour me donner une bonne leçon. Comme pour me souvenir, toujours. Que je ne suis qu'une pute. Une pute qui ne fait que brader son corps, contre rien. Contre quoi, un verre? Une clope? Un sachet de poudre? Souvent rien. RIEN. Parce que mon corps n'est rien.

Je ne comprends pas la haine qui émane de moi. Ce n'est pas possible, pas humain d'avoir autant de haine. Je suis un vivier bordel. Je suis désolée. Je voudrais l'aimer, lui demander pardon, être tendre. Je ne sais pas comment on fait. des fois je pense lui faire du bien et je lui fais du mal, au final. Je me mets au sport, je le ressens à nouveau. Mais je vais jusqu'à la blessure. Celle qui m'empêche de recommencer, celle qui m'invalide et qui encore, encore...me donne un nouveau pretexte pour le détester. Je veux à tout prix "toucher", trouve enfin l'occasion pour prendre une personne chère dans mes bras..."parce que ça fait forcément du bien", mais une douleur dans le bas ventre me lancine. Je force, encore. Parce que cet enfoiré n'a pas à avoir mal, puisque c'est forcément agréable. Encore une fois, il me déçoit et je le déteste. Et cette dernière soirée...où je ne comprends rien de ce qui a pu se passer...un truc dans le verre? Peu importe la manière dont on m'a baisée au fond...d'ailleurs, j'aurais du lui dire d'entrée de jeu qu'il garde son cacheton dans sa poche, avec moi pas besoin de ça. Bref. C'est ma tignasse qui a pris cher. Pourquoi?

Exploration de la case responsabilité. Et là, beaucoup de décéption puisqu'en réalité...de quoi je suis coupable? De pas grand chose, au fond. Je paye depuis des années...pour quoi? Pourquoi je dissèque l'eternel péché...dont je suis en réalité, si on met les choses dans le bon sens et que l'on emploie les gros mots, la victime?

 

"Pourquoi c'est si long? Je vais crever madame. Je vais crever si ça s'arrête pas bientôt. Je suis fatiguée. je veux que ça s'arrête. je vous promets, je veux. Je suis prête. Je veux pas faire ça toute ma vie. Pourquoi c'est si long? Pourquoi?"

"Parce que vous portez un fardeau très lourd. Et que vous vous obligez à une grande loyauté qui vous coûte énormément envers des personnes qui ne la prennent pas en compte. "

 

S'émanciper. S'émanciper des "devoirs". Je ne veux plus de contraintes. Plus d'obligations qui coûtent de trop. Le plaisir, putain, le plaisir...il est où dans tout ça? Faire entrer le plaisir dans la vie. Pour vivre, juste. Par exemple. Après tout, nouvelle coupe...nouvelle moi? On y croit. J'y crois. Que ça ne soit pas un coup dans le vent. Pas une mutilation gratuite. Un acte. Symbole? Je veux. Ok, je consulterai mon coeur au passage. Mon corps aussi. En gros...disons qu'il faut que je rassemble mes entités si je veux arriver à demain. Bon...reste du pain sur la planche.

Donc, sur ce, dormez bien mes amis!

Par [AnO]rchiDeA
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Lundi 6 juin 2011 1 06 /06 /Juin /2011 19:17

Ce blog a plus de 5 ans maintenant.

Ceci est le 335° article. Des émotions, des sourires, de la surprise, des crises, de l'incompréhension, de la rage, de la colère, de la frustration, des absents, des abandons, des rencontres, de l'amitié, des larmes, de la joie. Et puis aujourd'hui j'ai grandi. Je regarde les premiers articles où je me cherchais, où je bombardais mes articles de ponctuation, d'images, de couleurs, de phrases superficielles. Dans le sens où je ne comprenais pas grand chose de ce qui arrivait dans ma vie peut être. Ou que je ne voulais pas voir; comprendre ou entendre. Des années pendant lesquelles je me suis cachée une réalité un peu emmerdante, un peu moins jolie que celle que je voulais. Mais pas moche non plus au fond. Maladie est un mot que j'aime pas beaucoup. Tellement péjoratif. C'est pas moi. Je ne me vois pas dans ce mot. Quand on parle de trouble chronique, je trouve ça encore plus laid. Des choses arrivent. Repartent. La vie fluctue et c'est comme ça.

Ce qui est beau, et ce qui fait ma chance, c'est que...un autre avenir que celui qu'on se dépeint dans le blanc de la céramique des chiottes est possible. Quand je pense au nombre de nuits proches de l'enfer que j'ai insomniées, au nombre de nuits qui ont ruminé toutes ces choses horribles, et dont le lendemain n'arrivait jamais.

Je me dis qu'après tout, c'était pas si compliqué. D'accord, j'ai mis 10 ans. Mais...je n'ai pas vraiment de regrets. J'ai tellement appris. Sur moi. Mais tellement sur les autres, aussi. Sur l'Homme. Des expériences. Et les échanges. Les échanges...avec des personnes hors normes. Hors réalité. Hors...tout d'ailleurs. Je les garde précieusement. C'est mon trésor. Quand je revasse mollement. Des fois j'aimerais être comme eux. Savoir embellir tout ce qui m'entoure, rendre les choses divines. Je les trouve beaux. Pas fous. D'une richesse étonnante. Sensibles. Je suis allée dans des endroits où personnes ne voudrait séjourner. Mais pourtant, peut être que j'y ai vécu les moments les plus importants de ma vie. Dans ma mémoire l'hospitalisation de Noël. Qui fut la plus décisive. La plus consciente, aussi. J'étais en marche, déjà. Vaillante, un peu plus. Au moins dans l'esprit. Le corps suivra.Les préccèdentes aussi. La première surtout. La découverte. Les yeux que j'ai  grands ouverts, et les oreilles que j'ai cachées la nuit pour ne plus entendre les cris. Et la vitesse à laquelle j'ai compris que cet endroit pourrait être autre chose qu'un mourroir. Je n'ai pas de mots pour l'hôpital psychiatrique. Mais ce n'est pas quelque chose que j'ai en horreur. Je ne sais pas expliquer. C'est...particulier. Intime. A vivre.

Le reste...ce n'est pas important. C'est fini. Je veux dire...c'est bon maintenant. On a fait le tour de la question...enfin je crois. Des rechutes, il y en aura encore, peut être. Et peut être que certain(e)s ne seront pas d'accord pour que j'affirme être guérie. Et au fond, où est le problème? Peut être que je ne suis pas encore tout à fait saine d'esprit ou je ne sais pas quelle autre terme, bref, dans la "norme" (encore un autre mot pas très beau) mais je me sens bien. En vrai. Mon corps m'offre des sensations que je pensais mortes! Définitivement mortes. Mais il est vivant. Aussi vivant que j'ai voulu le tuer. Et j'en suis contente. Je ne le "vois" pas encore, c'est vrai. Mais je me sens bien dedans.

Là, ça crie..."mais alors quel interêt de vouloir maigrir encore si tu t'y sens aussi bien?" Oui je sais, ok c'est un équilibre encore fragile. Maigrir est un vieux réflexe, c'est tout. Plus parce que je hais mon corps, juste parce que c'est ce que je sais faire le mieux, c'est tout.  Je le ferai sûrement jusqu'à ce que je trouve autre chose. La course à pieds est d'ailleurs en ce moment en passe de le devenir. Dès que ma connasse de cheville aura cessé de me faire souffrir. Obligée d'apprendre à prendre soin de moi...et de ne pas y aller en force. Pour me donner les moyens d'y arriver à nouveau. J'apprends. Paraît-il que je suis bonne élève.

En bref...je ne peux pas abandonner ce blog. C'est au dessus de mes forces. Mais j'aimerais vraiment, vraiment...je ne sais pas, un virage? Des photos peut être. Un news culturel. Du ciné, de la musique. Autre moi. Je ne sais pas. Peut être aussi que cela pourrait me motiver à dessiner un peu plus pour gribouiller ici. J'y réfléchis. Mais je crois qu'il est temps...que j'y ouvre d'autres horizons. J'ai envie. Moi, j'ai des en[vie]s...J'y crois à peine. Je ris. Je vis.

 

Merci. De m'avoir lue grandir. Esquisser des pas, un, deux, tomber. Me relever, trébucher, un, deux, trois, reculer. M'écrouler. Me relever. Faire quelques pas. Encore d'autres. Me manger le bitume. M'agenouiller. Me relever encore. Et foncer.

Merci.

 

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Par [AnO]rchiDeA
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Dimanche 29 mai 2011 7 29 /05 /Mai /2011 10:30

"Et tout ça sans contrôle médical! Oh je vous en prie ne faîtes pas l'autruche ici hein... Je sais ce que vous faîtes douze fois par jour, ça va hein. Voir apparaître avec joie une nouvelle côtes, les recompter sans cesse, constater que votre short baille un peu plus que la veille, tendre tout votre corps pour voir onduler les reliefs, admirer les bleus sur la colonne vertébrale, toucher les hanches qui ressortent chaque jour un peu plus, toucher vos clavicules, perdre vos bagues, ça, vous n'avez pas de mal à le faire, moi je vous demande de vous peser une fois par mois, et vous ne voulez pas? Je veux que vous vous confrontiez à la réalité, que vous en preniez conscience, UNE fois par MOIS. Arrêtez de vous cacher. Ah, et faîtes aussi vos prises de sang, s'il vous plaît...Tout le monde en fait.  Je ne veux pas vous punir, et puis si ça tombe, vous n'aurez rien...Le guynéco vous y pensez hein? Aussi, ce serait bien parce que vous avez 25 ans et que...mais bon, pas maintenant, d'accord, je vois que ça vous angoisse, on en reparlera d'accord, plus tard."

 

Elle m'a incendiée. Mais quoi, si je me pèse je sais bien ce que ça va faire moi. Ce sera trop, je vais me lancer des défis débiles, et je me mettrai au régime, et ce sera pire.

"Ah, parce que vous ne voulez pas maigrir là. Vous allez me dire que vous courez TOUS les jours, que vous en voulez toujours plus, mais c'est pas pour maigrir...Ah oui bien sûr! Vous me prenez pour une chèvre? Arrêtez un peu votre numéro...D'accord pour que vous le fassiez avec votre mère, d'accord avec vos amis mais s'il vous plaît...pas ICI! ça fait plus de 10 ans maintenant...on arrête? Pause? Ne me protégez pas. Ne me rassurez pas, je ne m'inquiète pas. J'ai confiance en vous, quoi que vous fassiez. Alors cessez de protéger tout le monde à nimporte quel prix. Pas moi."

"Echec et mat", j'imagine qu'on dit ça dans ces situations. Je la deteste quand elle me fait ça. Mais c'est pour ça que je vais la voir. Par cequ'elle seule ose me mettre au pied du mur. Et c'est la seule psy qui m'a contredite, qui élève la voix et qui, quoi que je lui anonce comme objectif de poids ne sourcille jamais, pire, elle me suit jusqu'au bout. La seule qui m'encourage à faire du sport contre tous les avis médicaux. Mais alors il faut que mes démarches soient construites, que les risques soient moindres et que j'en sois responsable, pas que je les subisse. Toutes ces conditions font qu'à la fin, j'atteins peut être mes buts, mais grandie. Cette psy est une perle. Avec une voix douce, presque fragile, mais qui tout d'un coup peut devenir très impressionnante. C'est aussi la seule femme qui ne craigne pas ma mère, et qui sait lui répondre sans même s'enerver, insulte suprême.

Et parce que je la respecte tellement, quand elle me met dans cette position, je ne me mets pas à lui hurler dessus des conneries plus grosses que moi en devenant cette éspèce de furie arrogante. Je l'écoute et j'en prends plein la gueule. Vraiment plein la gueule. Elle arrive à m'atteindre...et elle le sait. Si j'ai tellement peur de faire mes prises de sang, de me peser, de contrôler mon ostéoporose, c'est que dans les deux cas, ça sera décevant.

Si mon corps est en pleine forme, sans carences, alors je me dirai que je ne suis pas "vraiment" malade. Que j'ai monopolisé du temps, des gens, généré de l'inquiètude, pour rien. Que j'ai pris la place de quelqu'un d'autre. Mais surtout, surtout...j'aurais l'impression d'avoir mené une guerre longue, longue, pour aucun résultat.

Mais si, au contraire, il était abîmé, je m'en voudrais aussi. Parce que je ne l'aurai pas écouté.Et parce que je leur donne raison. Moi, la pas malade.

Alors oui, faire l'autruche, je préfère. Plus facile, plus confortable. Le déni a toujours été mon truc, mon hobby favori. A ma mère qui me dit que j'ai des bras horribles, à ma soeur complexée par son corps d'ado qui me dit que je suis encore plus maigre qu'elle, je leur réponds le plus naturellement du monde que non, puisque je fais 56 kilos enfin! Des fois c'est 55, 52,58, bon, là, c'est 56 qui est sorti. Ca parait normal ce poids pour ma taille. Il est évident que je n'ai aucune idée du poids que je fais. Mais c'est comme un écran de fumée provisoire derrière lequel me cacher. Des fois je me dis que si je cache, c'est que j'ai conscience, quelque part, qu'un truc tourne pas rond.Mais merde à la fin jsqu'à quand je vais devoir me justifier...C'est de ma faute. A force de vouloir la protéger, ne pas l'inquièter et ... je l'ai habituée à la laisser me poser des questions comme si j'avais 5 ans. Et maintenant, si je m'y oppose, j'ai trop peur qu'elle s'offusque, et qu'elle me claque des "de toutes manières tu veux pas te soigner alors à quoi ça sert qu'on se saigne pour toi hein! ?". Coincée. Entre la culpabilité, la peur, l'amour, l'hypocrisie, le mensonge, le déni, l'inquiètude, la morale et le bon sens. Que des mots qui nous confinent dans les non-dits désastreux. la championne des non-dit. Derrière ma sainte imge de la grande gueule. C'est moi qu'on appelle quand on a peur de froisser quelqu'un. C'est moi qu'on appelle pour réglèr les conflits. C'est aussi moi qu'on appelle quand on veut une oreille attentive, et des réponses. On dit aussi que e sont les cordonniers les plus mal chaussée. NIARK.

 

Peut être que j'ai encore un peu peur de me lancer dans la vie. Et peut être que si mes analyses étaient bonnes...ça me ferait peur. Parce que ça veut dire que ma béquille anorexique se serait envolée. Que sans elle, si je tombe, je n'ai plus rien pour me retenir. Je sais qu'elles  ne seront pas excellentes au fond de moi. Mais...et si? C'est nul hein? De vouloir guérir à tout prix, et qu'une fois qu'on atteint le but...d'avoir peur une dernière fois. Mais l'Anorexie est l'une des seules choses que je n'ai pas éliminées; ma toxicomanie est pratiquement anéantie, l'alcool n'a plus sa place dans mes artères quant à ma prostitution...cela fait quelques temps que je ne m'y suis pas adonnée. Tout cela en peu de temps. Je crois qu'il est normal que je m'agrippe à l'anorexie comme à une bouée de sauvetage. Question de temps. J'imagine que je la lâcherai bientôt si je prends garde à ce qu'elle ne me diminue pas trop.  Inch'AllaH.

 

Ps: analyses faites.

Par [AnO]rchiDeA
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