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24 mars 2008 1 24 /03 /mars /2008 17:41
Je manque de temps pour pouvoir vous répondre à tous, dailleurs un peu étonnée de tous ces mots qui me font bien plaisir.
Aujourd'hui je suis restée au fond de mon lit en regardant la neige déferler. C'est un peu nimportequoi en ce moment, tous les éléments se brouillent et c'est l'anarchie.
Je suis un peu déréglée moi aussi, suspendue dans le temps. Je profite d'un petit sursis avant d'y retourner. J'ai peur de la semaine qui m'attend, tous les jours j'ai au moins un rdv psy, et le pire c'est le 26, au CITD.
J'ai retourné le problème dans tous les sens et même si je suis persuadée qu'on se soigne mieux dehors qu'internée, je crois que si l'on me propose une hospitalisation là bas j'accepterai. Parceque merde, j'ai pas fait tout ce chemin pour rien, et que maintenant qu'on y est, on va pas se barrer comme ça, à la moitié du travail. Je peux pas aller jusqu'au bout des choses pour une fois?
Je dis ça à froid, on verra bien en face des médecins ce que j'arriverais à sortir comme mots. Souvent dans ces conditions ils ne dépassent pas les deux syllabes, et le débit est lent, acceléré, incompréhensible. J'invente des mots et parle avec mes mains parceque soudain je me rends compte que ce que je ressens au fond de mes tripes n'est pas verbalisable. Han.
Si vous saviez comme je n'ai pas envie de rentrer, la nausée me donne le vertige.

Heureusement que je garde en tête les quelques heures passées avec mes amis dimanche. Ils ont été étonnés de me voir débarquer, moi qui décroche mon téléphone une fois sur 15. C'était bien, c'était bon, meilleur que mes gouttes de tercian, et pourtant aussi efficaces. Même plus.

Je n'ai pas beaucoup de mots en reserve, j'ai visité beaucoup de blogs aujourd'hui, ça me rend toujours autant malade et je ne peux pas m'en  empêcher, c'est vraiment pathétique. J'essaie de retrouver un peu de moi dans tous ces maux, pour me rassurer, me dire que la folie ne m'a pas contaminée toute entiére, qu'elle ne m'a pas encore eue, que je ne suis pas vaincue. J'ai brûlé mes joues avec des larmes chaudes, secouée par quelques spasmes de découragement.
Je me suis trouvée con, devant mon écran en train de lire tous ces blogs de filles brisées en plein vol, pleurant comme une gamine qui aurait peur du noir.
J'ai dû fumer mon paquetde 25 à l'aise, et bu presque autant de tasses de cafés, jvous raconte pas la nuit qui s'annonce...ellle s'ajoutera simplement aux autres, celles qui ont été blanches et dévastatrices. Je ne sais pas pourquoi au milieu de la nuit tout parait plus dur, plus cru, plus froid, manquant cruellement de douceur, les désillusions apparaissent et c'est en pleine conscience que l'on déchante.
Je me suis pesée aux environs de 4h du matin, je crois que ce n'était pas une bonne idée, ça m'a foutue en l'air.

Ce week end je n'ai pas réussi à manger avec eux ET comme eux, et cet échec m'a valu des remarques que j'aurais préferé ne pas entendre..."Ah ouais c'est à tes soeurs de 14 que tu veux ressembler, non mais c'est ça que tu cherches? C'est ça ton but?" , "Non mais si c'est ça dis le tout de suite, qu'on arrête tout ce cirque d'hopital et de psys, que j'arrête de perdre mon temps!"

Maman si tu savais comme je voudrais t'épargner tout ce cirque comme tu dis, je préfererais mille fois que tu ne sois pas autant impliquée. J'aurai préferé couler seule, mais vous m'avez tendu vos mains et je vous ai emmené avec moi dans l'abyme, je vomis ma culpabilité tous les jours sans exception Maman, tous les jours. Tous les jours je pense à vous en me plantant les doigts au fin fond de la gorge alors que je n'ai rien dans le bide, par mesure de sécurité peut être, des fois que l'eau ça ferait grossir [no comment].
J'ai la honte qui me met l'âme en piéce, et c'est morcelée que je rentrerai ce soir.
La honte me bouffe, me ronge, m'épuise, mon cerveau est en travail constant, je rumine jusqu'à ce que cela devienne insoutenable, j'ai la migraine, je me sens fébrile maman, j'ai l'impression de mourir 40 fois par jour...

"Hein, t'as vu tes jambes on dirait des allumettes,ha ha!" me dit ma petite soeur de 9 ans, qui me saute dans les bras. "Il va falloir que tu manges jte signale, bientot je serai plus lourde que toi tu pourras plus me porter!". Petite  petite soeur que j'adore.
Ce ne sont pas des images que vous auriez dû connaitre.
Vous n'auriez jamais dû me ramasser dans les troilettes, ni me découvrir complétement défoncée, ni entrevoir ces cicatrices qui parcourent mes bras,ni mes clavicules, qui rendent mes épaules de grande soeur inconfortables.
Elles me demandent plein de détails, sur l'hopital, les autres patients, mon suivi, ce que j'y fais,pourquoi j'y suis...ellles me harcélent et je ne trouve aucune réponse assez juste. Je voudrais juste leur dire que je leur promets de m'en sortir, pour pouvoir leur montrer le bon chemin, les prendre par la main et les guider. Ma famille me retient à la vie, parfois le contraire. Je les imagine soulagés sans moi, mais ce serait tellement dégueulasse de leur infliger ça putain.
Alors je reste, campée sur mes jamabes de gamine de 14 ans.
J'ai le regard vide ce soir.
Il faut que j'aille préparer mes affaires.

Merci pour vos mots sur les miens.
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commentaires

didier 29/03/2008 12:59

je te remercie pour ce vibrant hommage que tu nous rends j'espere que tous ces mots te donnent une espérance tu sais avec liza j'ai beaucoup pleuré pour réussir a améliorer sa situation de plus l'amour est venu mais te voir souffrir me fait si mal je ne supporte plus la souffrance je voudrais l'enlever du vocabulaire pour la remplacer par amour liza m'a amené vers toi et ce n'est pas facile mais tu m'a touché au plus profond de mon etre et j'ai versé des larmes pour toi pour essayer d'enlever un peu de ta souffrance je t'envoie toute ma bonté et mon soutien tu est devenue en peu de temps une petite soeur que je veux absolument protéger nous continuerons a dénoncer tout ce qui entoure cette maladie pour que celles qui en sont victimes soient reconnues comme telles c'est a dire de vraies malades et pour que cesse toutes ces humiations  take care anorchidea nous t'aimons   didier

didier 27/03/2008 15:38

nous venons de mettre plusieurs liens pour toi anorchidea est ce que tu est passée sur xian parcequ'il y avait beaucoup de choses pour toi et encore d'autres surprises gros bisous de ton ami didier liza se joint a moi take care

Inès 27/03/2008 05:24

Je suis là pour te soutenir même si mes mots sont brutaux parfois. J'aimerais t'apporter plus de douceurs et de rêveries mais ma folie a encore le dessus.Bien à toi

[AnO]rchiDeA 27/03/2008 08:01


Tes mots ne sont pas brutaux et la franchise est l'une de mes qualités preférées, et la douceur transparait entre les lignes :)
Merci Inés


orphee 26/03/2008 21:02

J'ai bien pensé à toi aujourd'hui, j'attends impatiemment d'avoir de tes nouvelles...Courage missje pense fort à toiorphee

[AnO]rchiDeA 27/03/2008 08:02


Merci Orphee. J'ignore comment tu vas, mais les pensées sont là aussi.


emy 25/03/2008 15:48

Bonjour,Juste quelques mots pour te souhaiter bon courage pour demain. Je penserai bien fort à toi.Surtout ne baisse pas les bras.Je t'embrasse,Emy

[AnO]rchiDeA 27/03/2008 08:08


Emy je te remercie pour tes remarques sur le CITD, pour tout t'avouer je panique un peu...mais te lire dans ton dernier commentaire m'a rassurée. POur ton hospitalisation en juillet, peut être
as tu répondu un peu hâtivement, mais j'imagine que si ça ne va pas mieux il te reproposera les soins. et puis tu as le droit de changer d'avis parceque cette une décision importante et que l'on ne
peut pas y répondre au tac au tac. Je t'envoie plein de courage et apprécie fort ta présence par ici. Je t'embrasse et pense fort à toi.


*anorchidea*

  • : [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • : Le pardon ne pouvant s'envisager, seule une vengeance violente, une décharge de tout ce qu'il y a de mauvais, malsain, au plus profond du subconscient, pourrait permettre de ne plus penser aux noirs souvenirs qui gangrènent ma chair me rendant chaque jours un peu plus malade. Mes pieds s'enlisent, mon esprit les suit. Je me perds. L'anorexie fait partie de ma vie depuis trop lontemps.
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